CONCLUSION
Et maiiiteiiant nous nous adressons à tous les gens de bonne foi, même à ceux de nos ennemis qui sont restés capables de juger sainement les hommes et les choses. Nous faisons appel, non à leur pitié, — la Belgique ne réclame la pitié de personne, — mais à leur bon sens et à leur raison, et nous leur demandons de se prononcer entre notre pays et l'Allemagne. Nous avons refoulé au dedans de nous-même nos sentiments les plus profonds et les plus légitimes. Nous avons imposé silence à notre cœur pour ne laisser parler que les faits, convaincu que de leur simple exposé la vérité surgirait, éclatante. Nous avons démontré que l'enquête de la Commission instituée par le gouvernement belge avait été entourée de toutes les garanties possibles d'impartialité ; que l'Allemagne s'était dérobée, à diverses reprises, à des offres d'enquête contradictoire; qu'au surplus, elle s'écait accusée elle-même dans les carnets de route de ses soldats, dans les Manuels édités par l'étatmajor allemand à l'usage des officiers, dans les ouvrages de ses écrivains les plus autorisés. •
Les pièces du dossier sont là. Elles sont à la disposition de chacun. Qu'on les examine une à une, qu'on les étudie sans parti pris, sans passion. La Belgique ne doute pas de l'issue du procès. Elle attend sans crainte, avec pleine confiance, le jugement du monde civilisé et celui de l'histoire.
Mars 191 5.