KOMMANDANTUR
Bruxelles, le 2 septembre 1914.
La ville de Bruxelles n'est pas cernée ; chacun est libre de sortir de la ville à pied, excepté dans la direction des avantpostes allemands, c'est-à-dire vers Anvers et Ostende.
Les personnes qui doivent circuler en dehors de Bruxelles avec une auto, voiture, camion ou tout autre véhicule ont à se munir d'un « laissez-passer » délivré par la ville de Bruxelles et contresif^né par le commandant militaire allemand.
Ce « laissez-passer » est délivré à l'hôtel de ville de Bruxelles.
Le commandant de Bruxelles, BA.YER.
PROCLAMATION
Sa Majesté l'Empereur d'Allemagne, après l'occupation de la plus grande partie du territoire belge, a daigné me nommer gouverneur général en Belgique. J'ai établi le siège du gouvernement général à Bruxelles (Ministère des Sciences et des Arts, rue de la Loi).
Par ordre de Sa Majesté, une administration civile a été
(1) Cet avis fut placardé sur une affiche signée de M. Max par laquelle le bourgmestre de Bruxelles démentait courageusement un bruit répandu par les Allemands, et suivant lequel le bourgmestre de Liège aurait déclaré ofûcielloraent que la France abandonnait la Belgique à son sort.
- âo —
installée auprès du gouvernement général (Ministère de la Guerre, rue de Louvain). Son Excellence Monsieur von Sandt a été appelé aux fonctions de chef de celte administration.
Les armées allemandes s'avancent victorieusement en France. Ma lâche sera de conserver la tranquillité et l'ordre public en territoire belge.
Tout acte hostile des habitants contre les mililaires allemands, toute tentative de troubler leurs communications avec l'Allemagne, de gêner ou de couper les services des chemins de fer, du télégraphe et du téléphone, seront punis très sévèrement. Toute résistance ou révolte contre l'administration allemande sera réprimée sans pardon.
C'est la dure nécessité de la guerre que les punitions d'actes hostiles frappent, en dehors des coupables, aussi des innocents. Le devoir s'impose d'autant plus à tous les citoyens raisonnables d'exercer une pression sur les éléments turbulents en vue de les retenir de toute action dirigée contre l'ordre public.
Les citoyens belges désirant vaquer paisiblement à leurs occupations n'ont rien à craindre de la part des troupes ou des autoritésallemandes. Autant que faire se pourra, le commerce devra être repris, les usines devront recommencer à travailler, les moissons être rentrées.
Citoyens Belges,
Je ne demande à personne de renier ses sentiments patrio tiques, mais j'attends de vous tous une soumission raisonnable et une obéissance absolue vis-à-vis des ordres du gouvernement général. Je vous invite à lui montrer de la confiance et à lui prêter votre concours. J'adresse celle invitation spécialement aux fonctionnaires de l'Etat et des communes qui sont restés à leurs postes. Plus vous donnerez suite à cet appel, plus vous servirez votre patrie.
Fait à Bruxelles, le 2 septembre 1914.
Le gouverneur général, Baron von der GOLTZ, Fcldraaréchal.
L'ECHANGE DE NOTES ENTRE L'ALLEMAGNE ET LA BELGIQUE APRÈS LA PRISE DE LIÈGE
7 septembre.
Après la prise de Liège, le gouvernement allemand a fait soumettre au gouvernement belge, par l'entremise d'une puissance neutre, la note suivante :
« La forteresse de Liège a été prise d'assaut après une défense vaillante. Le gouvernement regrette profondément que la manière d'agir du gouvernement belge vis-à-vis de l'Allemagne ait rendu nécessaires des rencontres sanglantes. L'Allemagne ne vient pas en Belgique en ennemie. Ce n'est que forcée par les circonstances et en présence des dispositions militaires prises par la France qu'elle a été obligée de prendre la grave résolution de pénétrer en Belgique, et qu'elle a dû occuper Liège comme point d'appui pour ses opérations militaires ultérieures.
L'armée belge ayant par sa résistance héroïque contre une grande suprématie sauvegardé de la manière la plus brillante l'honneur de ses armes, le gouvernement allemand prie Sa Majesté le Roi et le gouvernement belge d'épargner à la Belgique la continuation des horreurs de la guerre. Le gouvernement allemand est prêt à faire avec la Belgique n'importe quelle convention qui puisse d'une manière quelconque être rendue compatible avec le différend entre lui et la France.^L' Allemagne affirme à nouveau, de la manière la plus solennelle, qu'elle n'a pas été guidée par l'intention de s'approprier du territoire belge, et que cette intention lui est totalement étrangère. L'Allemagne est encore toujours prête à évacuer immédiatement le royaume de Belgique, dès que la situation sur le théâtre de la guerre le lui permet.
La réponse reçue le 13 août de la Belgique est libellée comme suit :
M La proposition qui nous est soumise par le gouvernement allemand répète la demande formulée dans l'ultimatum du 2 août. Fidèle à ses obligations internationales, la Belgique ne peut que répéter sa réponse à cet ultimatum, d'autant plus que depuis le 3 août sa neutralité a été violée, qu'une guerre douloureuse a été portée sur son sol et que les puissances garantes ont répondu immédiatement et loyalement à son appel de secours. »
Le Gouvernement militaire allemand.
AVIS
1. La circulation des automobiles privées, motocyclettes et vélos est interdite tant pour la ville de Bruxelles que pour les faubourgs, sauf à des personnes munies d'un permis spécial du commandant allemand (rue de la Loi, 6).
Ces permis ne seront délivrés qu'en cas d'urgence.
Toute contravention sera punie de la saisie des véhicules.
L'ordre formel a été donné aux troupes allemandes opérant à l'alentonr de Bruxelles de tirer sur chaque cycliste en civil. Cette mesure s'impose parce qu'on a des preuves que la garnison d'Anvers a été informée continuellement des mouvements de nos troupes par l'intermédiaire de cyclistes.
2. Les personnes qui, après le 15 septembre, sont encore en possession de pigeons voyageurs, ainsi que d'autres personnes qui, par des signaux ou n'importe quel autre moyen, essayeront de nuire aux intérêts militaires allemands, seront jugés d'après les lois de la guerre.
Bruxelles, le 13 septembre 1914.
Le gouverneur militaire allemand de Bruxelles, (Signé) von LUETTWITZ, Général.