MONTESQUIEU ET L’HISTOIRE ROMAINE
« Rome antique et moderne m’a toujours enchanté », dit Montesquieu. Fascination : son esprit politique et juridique s’y complaît. En 1716, il lit à l’Académie de Bordeaux sa Dissertation sur la politique des Romains dans la religion. La thèse est très simple : la religion romaine est une invention des rois et des . patriciens pour tenir la plèbe sous leur domination. Il semble s’être arrêté à cette idée toute politique, car, dans les Considérations, il reparlera plus de la religion romaine. En 1722, il compose son Dialogue de Sylla et d’Eucrate. Si la pensée était précise et absolue dans la dissertation de 1716, ici, lecture faite, nous ne savons plus au juste quoi penser; c’est une étude psychologique; mais est-elle favorable à Sylla ou non? Selon Villemain, Napoléon, assistant à une explication du dialogue, s’est montré dur : « Quelle est la morale de ce parlage magnifique? Aucune. » Pompeuse analyse, dit-il; Sylla est un bel esprit et un rhéteur.