‹ Pages choisies de MériméeChapitre 26 sur 113 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

Quand on lit ces nouvelles, on est aussitôt frappé par leur variété. Et d'abord elles sont très différentes de longueur. Les unes n'ont que quelques pages et les autres forment presque tout un volume. Ensuite le voyageur infatigable, le linguiste émérite, l'érudit passionné et le curieux chercheur de chroniques et de légendes qu'est Mérimée, nous entraine à sa suite en mille lieux divers, évoque des mœurs ou disparues ou inconnues, et fait paraître devant nous des personnages, sinon étranges, du moins étrangers. Il peint assez rarement en effet le milieu qui l'entoure. Il préfère voyager et nous faire voyager avec lui. Or les distances ne sont pas pour l'effrayer. Son imagination capricieuse franchit les espaces, s'arrête ici, repart là-bas, revient ensuite au pays déjà entrevu, pour repartir encore et toujours. Dès le début, de France (la. Chronique de Charles IX) il passe en Corse (Moteo Falcone), de là en Suède (vision de Charles XI), puis en Russie {V Enlèvement de la Redoute), puis à Naples (Federigo), puis en Espagne (la Perle de Tolède), sans parler de Tamango qui a la mer pour décor. Et nous le voyons par la suite, avec l'une ou l'autre de ses nouvelles, faire son tour d'Europe en quelque sorte, tantôt en Espagne ou en Italie, tantôt en France ou en Russie, en Lithuanie ou en Bohême. Du moins n'abuse-t-il jamais ni de ses connaissances, ni de la couleur -locale. Il faut lui en être reconnaissant.

Mais ce n'est pas seulement par le cadre et les mœurs entrevues que ces nouvelles diffèrent assez sensiblement, c'est encore par leur matière. Ici ce

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