LE VINGT- QUATRE AOUT
Mergy, aimé delà comtesse de Turgis, bien vu à la fois de l'amiral et du roi, aurait pu être heureux à Paris. Malheureusement, la Sainl-Barthélemy vient rallumer en France la guerre civile (24 août 1372) et le forcera à quitter la capitale.
u Saignez ! saignez I »
Mot du Maréchal de Tavannes.
Après avoir quitté sa compagnie, le capitaine
Georges courut à sa maison, espérant y trouver son frère; mais il l'avait déjà quittée, après avoir dit aux domestiques, qu'il s'absentait pour toute la nuit. Georges, en avait conclu sans peine qu'il était chez la comtesse, et il s'était empressé de l'y chercher. Mais déjà le massacre avait commencé; le tumulte, la presse des assassins et les chaînes tendues au milieu des rues l'arrêtaient à chaque pas. Il fut forcé de passer auprès du Louvre, et c'était là que le fanatisme déployait toutes ses fureurs. Un grand nombre de protestants habitaient ce quartier, envahi en ce moment par les bourgeois catholiques et les soldats des gardes, le fer et la flamme à la main. Là, selon l'expression énergique d'un écrivain contemporain % le sang courait de tous côtés cherchant la rivière, et l'on ne pouvait traverser les rues sans courir le risque d'être écrasé à tout moment par les cadavres que l'on précipitait des fenêtres.
Par une prévoyance infernale, la plupart des bateaux qui d'ordinaire étaient amarrés le long du Louvre, avaient été conduits sur l'autre rive; de sorte que beaucoup de fugitifs qui couraient au bord de la Seine, espérant s'y embarquer et se dérober aux coups de leurs ennemis, se trouvaient n'avoir à choisir qu'entre les flots ou les hallebardes des soldats qui les poursuivaient. Cependant, à l'une des fenêtres de son palais, on voyait, dit-on, Charles IX armé d'une longue arquebuse, qui. giboyait aux pauvres passants -.
Le capitaine, enjambant des corps morts, et s'écla-