‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 16 sur 82 · A MON AMI ALFRED T · texte numérisé non relu

A MON AMI ALFRED T

Dans mes jours de malheur» Aiûred, seul entre mille, Tu m'es resté fidôle où tant d'autres m*ont fui. Le bonheur m'a prêté plus d'un lien fragile; Mais c'est l'adversité qui m'a fait un ami.

C'est ainsi que les fleurs sur les coteaux fertiles Étalent au soleil leur vulgaire trésor; Mais c'est au sein des nuits, sous des rochers stériles, Que fouille le mineur qui cherche un rayon d'or.

C'est ainsi que les mers, calmes et sans orages,

Peuvent d'un flot d'azur bercer le voyageur;

Mais c'est le vent du nord, c'est le vent des naufrages

Qui jette sur la rive une perle au pécheur.

[porte?

Maintenant Dieu me garde! Où vais-je?Eh! que m'im- Quels que soient mes destins, je dis comme Byroa : « L'Océan peut gronder, il faudra qu'il me porte. » Si mon coursier s'abat, j'y mettrai l'éperon.

Mais du moins j'aurai pu, frère, quoi qu'il m'arThre, De mon cachet de deuil sceller notre amitié, Et, que demam je meure ou que demain je vive. Pendant que mon cœur bat, t'en donner la moitié.

Mai 4832.

PAOBS CBOUUf D*AL»BD DE UUSSRT

byGoogk

Page 1