‹ Pages choisies des grands "ecrivains: De George SandChapitre 22 sur 94 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

trompé la masse des lecteurs. Ceux-ci ont mis à part quelques très beaux romans de passion, comme Valeniine^ le Marquis de YiUemer, Mauprat, Jean de la Rochey ou quelques fantaisies charmantes, comme TéverinOy V Homme de neige, le Secrétaire intime ; ils ont encore gardé un goût vif pour certaines œuvres qui combinent en un mélange exquis l'art, le symbole, et Tâme des temps passés, comme Jeanne^ Nanon^ les Maîtres mosaïstes^ et nombre d'autres. Msus ils ont placé par-dessus tout, comme des chefs-d'œuvre d'une espèce exceptionnelle et unique de notre langue les romans rustiques, la Mare au Diable^ la petite Fadette, les Maîtres son-neurs, François le Champi. C'est qu'ils ont senti là tout ce qu'il y a de simple et de génial dans l'esprit de George Sand, tout ce qui la rapproche de cette nature au point de ne faire qu'un avec elle. Sous ce rapport on ne peut la comparer qu'à Homère, tant elle sent au lieu d'écrire. C'est une voix plutôt qu'une parole; c'est le chant spontané de la nature douée d'organes. Il semble que pour l'exprimer il ait fallu pénétrer l'àme de la plante, de l'arbre, de la rivière, se sentir à son tour ruisseau, chêne ou buisson. Et cela est réellement arrivé à George Sand. Elle s'imprégnait des choses, elle s'imbibait en quelque sorte de la vie végétale. Cette vague métempsycose des Sept cordes de la Lyre, elle en sentait sourdre en elle les effets; cette énigmatique figure de Jeanne, dans le roman de ce nom, cette sorte d'Isis gauloise et chrétienne, c'est elle, on n'en peut douter. Voici comment la dépeint un écrivain qui l'a bien connue :

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