‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 125 sur 258 · César avait fait une descente en An{|;lcterrc · texte numérisé non relu

César avait fait une descente en An{|;lcterrc

4. Ancien État de l'Asie Mineure, sur la côte de la mer Noire.

J. MICHKLET.

pourlant décidés encore à porter leurs os aux âernlei

rivages de l'Occidenl. Les autres, (]ui jadis, sous le sic

de l'alouctle', avaient gaiement passé les Alpes, avî(

des belles guerres du Midi, et comptant tôt ou lard piller

Rome, ceux-là aussi, quoique plus jeunes, commençaient

à en avoir assez. Et voilà qu'on les ramenait devant ces

l tigres d'Afrique, si altérés de sang gaulois... Les ord

[ et les prières de César échouaient contre tout cela;

restaient mornes et immobiles; il avait beau lever

mains au ciel. Il eut un moment l'idée de se poignarder

sous leurs yeux; mais enfin, saisissant im bouclier, il dit

aux tribuns des légions* : Je veux mourir ici, e\. il court

1 Jusqu'à dix pas des rangs espagnols. Deux cents llècl

I tombent sur lui. Alors il n'y eut plus moyen de d'

combat. Tribuns et soldats le suivirent. Mais la

dura tout le jour. Ce ne fut qu'au soir que les Espagnols

: lassèrent. On apporta à César la tête de Labiénns'

et celle d'un des fils de Pompée, Les vainqueurs épuisés

campèrent derrière un retranchement de cadavres.

Le retour à Rome fut triste et sombre. Les vaini TOyaienl commeueer une servitude sans espoir. Les queurs eux-mêmes étaient désenchantés de la gui civile. César se sentait bat, et se roidissait d'autant pli Pour la première fois, il ne craignit pas de triompi les citoyens, sur les fils de Pompée, Il méprisait î et voulait briser son orgueil. li u'hésita point

I d'accepter les honneurs odieux qu'entassait sur lui U Uche et perfide politique du sénat, le siège d'or, la renne d'or, une statue à c6lé de celles desrois, entre Ti

a balailll

uisés

qain le Superbe et l'ancien Brutus% le droit sinistre d'être enterré dans l'enceinte sacrée du pomœrium^, où Ton ne plaçait aucun tombeau. Un tel homme ne pouvait se méprendre sur l'intention meurtrière de ces décrets. Mais que lui importait après tout ? Malheur aux meurtriers ! La paix du monde tenait à la vie de César. Et qui aurait le cœur de tuer celui qui a tant pardonné ? 11 renvoya sa garde; sa garde était la clémence à laquelle on venait d'élever un temple ; et sans armes, sans cuirasse, il se promenait dans Rome, au milieu de ses ennemis mortels.

Cette âme immense roulait bien d'autres pensées que celle du soin de sa vie. 11 voulait commencer le grand ouvrage de Rome, unir ses lois dans un code, et les imposer à toutes les nations. Il projetait au milieu du Champ-de-Mars un temple, au pied de la roche Tarpéienne^ un amphithéâtre, à Ostie^un port, monuments gigantesques, capables de recevoir les états généraux du monde. Une bibliothèque immense devait concentrer tous les fruits de la pensée humaine. La vieille injustice de Rome était expiée : Capoue% Corinthe^ et Carlhage' forent relevées par ordre de César. Il voulait percer l'isthme de Gorinthe et joindre les deux mers. Dès la guerre d'Afrique, il avait vu en songe une grande armée qui pleurait et criait à lui, et à son réveil, il avait écrit sur ses tablettes : Corinthe et Carthage.

1. Tarqnin avait été le dernier roi de Rome; Bmtus avait dirigé le eomplot qui expulsa les rois de Rome en 510 av. J.-G.

i. L'enceinte de Rome consacrée par nne cérémonie religieuse.

3. Près da Gapitole. C'est du haut de ce rocher escarpé que l'on précipitait les condamnés à mort.

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