MICIIELET
Plus près, dans une pelite oasis de quelques arbres, se voit le camp Trancais, tout le mouvement des travaux militaires, une rourmiliére de petites figures noires qui (ravaillenl, apportent les choses nécessaires à la vie. Les femmes, les enfants indigènes vont et viennent parmi les soldats. On seni qu'il y u Ici une sécurité parlàile, qi c'est un lieu de justice el de paix.
On est tout h fait rassuré sur le sort de ce peup] quand on voit, au premier plan, l'honnête et héroïi figure du général Oesaix. C'est celle d'un grand travailleur, d'uD homme jeune encore qui adéjà beaucoup fait, beaucoup souffert, et qui jamais ne fera souffrir les autres.
Avec sa riche chevelure noire, avec sa moustache toi fue el ses grands yeu\ noirs, il a l'air triste, mais fei et doux.
11 rêve... Â la patrie lointaine? aux affections qu' laisse? à ceux qu'il aime et ne reverra plus? NoDj pense àce peuple qu'on voit là~bas, et dont il est le pi 11 pense à l'organisation de cette contrée infortunée, pense à cette rude campagne delà Haute-Egypte; labeur, obscur et lointain, caché dans les solitudes, loin de l'attention du monde. Si l'Egypte était un exil pour nos soldais d'Europe, la Thébaîde est un exil par delà l'Egypte elle-même. J
Pauvre moine de la guerre, li travers l'affreux désiM des moines de la Tbébaide'., il poursuit infatigablemefl le cavalier mameluck. Sous ce soleil terrible, à l'heure où se cache le lion vaincu par la chaleur, où le crocodile haletant se lapil dans le Nil, le général Desaix ne l&cbe pas prise. Il travaille, écrit, ou combat.
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€ Sois pur, pour être fort. » Ce mot grave de la Perse antique* se réalise à la lettre dans la vie de Desaix. Caractère absolument vierge, il dut sa sève, sa verdeur admirable à son austérité. Sa vie est d'une pièce, d'un fil tout aussi net que fut celui de son épée.
Le devoir, le travail, telle fut sa droite ligne, et il a ignoré les courbes de la vie. Ce que peut être le plaisir, même légitime, il ne l'a jamais su. Ayant en lui sa récompense, il n'a demandé rien de plus, rien regretté, rien désiré. Se dévouer, sans éclat et sans bruit, ce fut toute son ambition. Indépendant à l'intérieur, gardant toute son âme, il se subordonnait volontiers même à moindre que lui. C'était une de ces rares créatures que la nature a faites tout exprès pour le sacrifice, qui d'ellesmêmes se sentent nées pour cela, et qui le veulent ainsi^