‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 94 sur 258 · Le temple de Delphes était consacré à Apollon · texte numérisé non relu

Le temple de Delphes était consacré à Apollon

Delphes, on le sait, est le centre du monde, le point milieux Jupiter, pour s'en assurer, des pôles un jour lança deus aigles qui, juslemenl, se reiicontrèreol ai» cimes du Parnasse. Tout ce pays d'âpres rochers, de précipices, de grolles obscures habitées des génies laeoanus de la terre, est, — entre les contrées humaines d* Thessalie', deBéotie', — un inonde à part, un sancluatre sauvage que se sont réservé les dieux. A l'entrée, dans le défilé des Thermopylea', est le temple redouté de l'anlique Gérés et de sa sombre lille^, qui gardent la porte delà Grèce. Sur les vallées étroites, souvent noires et profondes, des rochers qui s'avancent de la grande chaîne en promontoires montrent dans la lumière leurs nié d'aigles, qui sont des villes, des temples étincelauts couronnés de statues.

Ces combats du jour et de l'aube rappellent au passant qu'il est dans les lieux mémorables où le beau dieuiiu jour, à l'arc d'argent ", vainquit le dragon des ténèbres, Python, dont l'inrernale haleine répandait la nuit et la mort. Apollon siège encore au lieu de sa victoire sur les l'ocbers qui en lurent les témoins, lieu i'atidique, austère, dont l'aspect seul élève, illumine, purifie l'esprit.

L'n lieu moins grand que grandiose. Tout est modéré dans la Grèce, à la mesure humaine. Le Parnasse, imposant saus être gigantesque, domine de son double sommet la belle plaine qui s'en va h la mer. D'en haut, il verse Caslalie, pure et froide fontaine, d'eau virginale et transparente, digne de servir un tel temple, chaste comme les Muses et leur dieu. Pbucbus' est un dieu soli-

d'ApotloD m ApoUiia.

taire. S*il aima Daphné^ (le laurier), ce fut en vain. Dès lors il n'eut que deux amours, la Mélodie et la Lumière.

A mi-côte, au-dessus de la ville de Delphes, pose dans sa majesté le temple. Autour, une enceinte peuplée de monuments que tous les peuples grecs, étrangers, dans leur piété reconnaissante, ont bâtis là sans ordre. Cent petits temples y sont, trésors où les cités ont mis leur or sous la garde du dieu. En groupes irréguliers, tout un peuple de marbre, d'or, d'argent, de cuivre, d'airain^ (de vingt airains divers et de toute teinte), des milliers de morts glorieux, assis, debout, rayonnent. Véritables sujets du Dieu de la lumière. Le jour, c'est un volcan d'éblouissants reflets que l'œil ne soutient pas. La nuit, spectres sublimes, ils rêvent.

L'immortalité est sensible ici, et palpable la gloire. Il faudrait qu'un jeune cœur fût déshérité à jamais du sens du beau pour ne pas être ému. Le premier sentiment est la bonté des dieux. Ils sont là, ces dieux grecs, de plainpied avec les héros historiques ou mythiques, sans orgueil, en bonne amitié. Tous ont entre eux un air touchant de parenté. Ulysse jase avec Thémistoele, et Miltiade avec Hercule^. L'aveugle Homère, royalement, s'asseoit devant ses dieux debout. Pindare *, avec la lyre sacrée, la robe triomphale, pontificalemenl, chante encore. Autour de lui, ceux qu'il a célébrés, les vainqueurs d'Olympie, de Delphes^. La Grèce leur est reconnaissante de la beauté qu'ils montrèrent ici-bas ; elle les remercie d'avoir, par

1. La légende disait qu'Apollon anit aimé Daphné et qu'elle fut métamorphosée en laurier au moment où U allait la saisir.

S. Les statues données au dieu par tes fidèles.

3. Ulysse est un héros légendaire, Hercale un deml-dieu.TbémistocIe et

Miltiado sont des çcncraux ullicnieus du temps des guerres médiques.

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