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ENVOI

pour juger au nom do riiistoire les phases de la lutte actuelle.

La leçon d'énergie contenue dans ses articles a paru d'autant plus iorle et plus haute qu'elle s'autorisait de vivantes interprélations du passé.

De tous côtés, parait-il, on demande des livres de France ; en voici un, en voici deux, en voici trois; en voici d'autres encore si les lecteurs les désirent.

Que nos Alliés, nos amis, cherchent dans ces pages ce que nous y avons puisé nous-mêmes, qu'ils y trouvent surtout la curiosité et l'amour des choses de la vraie France.

Marguerhk-Fek.nand BALDENSPERGER.

C'est un nom illustre, un nom respecté et aimé dans notre France que celui de M. Ernest Lavisse. Professeur à la Faculté des lettres de V Université de Paris, directeur de VEcole normale supérieure , directeur de la Revue de Paris, membre de l'Académie française, grand-croix de la Légion dlionnem% membre du conseil de V Ordre, c'est avec ces titres — et peut-être f en oublie — que M. Lavisse se présente à nous. Mais le titre auquel peut-être il tient le plus est celui deprofesseur et d' organisateur d'études; et de son enseignement so7it sortis de beaux livres d'histoire qui font de lui le continuateur d'Augustin Thierry, Guizot, Michelet et Fustel de Coulanges.

The name of M. Lavisse is an illustrious name, a name respected and loved in oiir France. Professer at the Faculty of Letters of the University of Paris, director of the Ecole normale supérieure^ editor of the Revue de Paris, a member of the French Academy, wearing the highest order of the Légion d'honneur, a member of the council of the Order, such are the titles with which M. Lavisse stands before us, — and perhaps I forget some of them. But there is probably no one he prizes so highly as that of a professor and an organizer of researches ; and from his teaching hâve issued beautiful books of history ; which uphold the tradition of Augustin Thierry, Guizot, Michelet and Fustel de Coulanges.

Da7is sa jeunesse M. Lavisse fut attaché au cabinet de Victor Duruy^ dont plus tard il devait écrire la vie. Il fat témoin des efforts faits par ce ministre de Vinstruction publique pour donner une impulsion nouvelle à renseignement national; il l'assista dans sa tâche et devint son collaborateur . Aptrès la guerre de 1870-187 1^ quand la France mutilée voulut^ par S071 travail, reprendre sa place dans le monde ^ il traça un magnifique progt'amme de réformes. Il eut une idée très nette du but à atteindre^ et., dans les divers conseils universitaires ., yar ses conférences ., par ses articles., il marcha vers ce but. Nul n'a mieux démontré la nécessité d' instruire le peuple., de préparer les enfants des écoles jorimaires à la vie d' homme, d' agriculteur et d' ouvrier ; pour ces écoles élémentaires ., il a écrit les pages les plus charmantes. Lui, le savant professeur de la Sorbonne, s'est mis à la portée des petits ; il a composé pour eux

During his yoiith M. Lavisse was altached to the départmental staff of Victor Duruy, whose life lie was later on to relate. He witnessed the efforts of this minisler for public éducation to inspire national teaching witli a new life; he worked jointly with him and became his helpmate. After the war of 1870-1871, when bleeding France wanted te résume her place in the world by setting to work, he laid out an admirable programme of reforms. He clearly conceived the aim to be reached, and, by his influence in the varions University councils, by his lectures, by his articles, he made for that aim. Nobody more eloquently showed the necessity of diffusing instruction in the people, of preparing the children in elementary schools for their future as men, cultivators or workmen; about thèse schools lie wrote delightful pages. He, a learned professer at the Sorbonne,

une Histoire de bVance qui est bien un chef-d'œuore et qui a rendu son nom populaire dans les hameaux les plus reculés. Il se lylaît chaque année à présider la disirihution des prix des écoles de Nouvion-en- Thièrache, dans le département de V Aisne; dans les allocutions familières qu'il adresse aux enfants de sa petite ville natale, il sait, tout en évoquant les souvenirs d' autre fois , glisser le conseil pratique^ utile sur la pi'ofession à choisir, sur les devoirs envers la patrie, sur la toléi'ance relvjieuse ; ces petits discours sont lus., au début d'août, par les écoliers de la France entière et sont un ?^égal pour les grandes personnes.

M. Lavisse a désiré aussi que dans nos écoles secondaires pénétrât un peu plus de lumière du dehors, que la discipline y fût moins revêche, qu'à Cage où tout respire la joie le lycéen fût joyeux^ que

adapted liis slyle lo Ihe underslaiiding of lillle ones; he composed for tliem a French History which is indeed a masterpiece and has spread his famé to the remotest hamlets. He finds pleasure every year in presiding over the distribulion of prizes in the school of Nouvion en Thicrache, in the department of Aisne; in his familiar addresses to the children of his native town, he knows, whilst calling up by-gone times, how to bring in practical useful advice about the choice of a profession, the duties to one's country, or religious tolérance; thèse unpretending speeches are read, at the beginning of August, by ail the sohool-children of France, and are a treat to grown-ups.

M. Lavisse wished that in our secondary schools too the light of the outside world should filter in a little more; that discipline should grow less austère; that, at the âge when everything breathes joy, boys might be joyful; that their

le lycée fût véritablement la maison du lycéen, quil s'y plût immédiatement, et non de façon ?'étrospective^ quand V homme se remémore le passé et regrette la jeunesse disparue. Il a voulu V éducation physique du corps à côté de l'éducation intellectuelle de l'esprit. Tout en conservant aux langues anciennes leur prééminence., en reconnaissant que par elles seules l'intelligence atteint à la plus haute culture, il a réclamé dans nos progi^ammes plus de variété et de souplesse, plus d'orientation vers la vie. Mais c'est surtout dans la réforme de l'enseignement supérieur que M. Lavisse, collaborateur d'hommes éminents., Albert Dumont et M. Liard., successivement directeurs de cet enseig?iement^ a combattu et triomphé. Il a contribué à ressusciter en France la vie universitaire . Grâce aux crédits fournis pa?^ les pouvoirs publics et à des dons généreux de particidiers ^

lycée should really be their home, liked by Ihem at once and not only in a rétrospective way when remembering the past as mature men and regretting their vanished youth. He wanted the physical trainingof the body to be thought of as well as the intellectual training of the mind. Whilst leaving the ancient languages their prééminence and acknowledging that through them only does intelligence reach to the highest culture, he claimed that our programmes should bear more directly on liie and be made more varied and adaptable. But it is chieûy in the reform of superior teaching that M. Lavisse fought and conquered, joining his effort to those of eminent men, Albert Dumont and M. Liard, successively directors of that branchof éducation. He contributed to instil a new life into French Universities. Thanks lo the grants voted by our public bodies andto the giftsof gênerons benefactors, our Faculties found their abodes in roomy and sui

les Facultés ont été logées dans des constructions spacieuses et bien appropriées, les bibliothèques se sont enrichies de livres, les laboratoires d'instruments de travail. Les Facultés, longtemps isolées, sont unies en un corps, en une communauté — n est-ce pas le sens originel du mot université? — et coordonnent leur s effoyH s pour étudier toutes les manifestations de V homme et de la nature. Sans doute toujours la libre recherche scientifique a brillé en France, d'où se sont répandues sur le monde les découvertes d'un Claude Bernard, d'un Pasteur, d'un Berthelot ; mais déso7inais cette recherche s'organise. Autour des chaires des professeurs se pressent les étudiants, dans les laboratoires les travailleurs . L' Université de Paris a pu t iter avec orgueil pour Vannée scolaire 1911-1912 ses 347 maîtres et ses 17822 élèves, dont beaucoup) étaient accourus de tous les coins de l'univers; elle a le droit de rap-

table buildings: libraries enriched their stores; laboratories were well furnished with instruments of work. The Faculties, long isolated, were united in abody andacommunity — thus answering the primitive raeaning ofthe word University — and concerted their efforts to bring ail the aspects of man and nature within ihe scope of their investigations. Scientitic researches indeed had always been flourishing in a country from which the discoveries of a Claude Bernard, a Pasteur and a Berthelot spread over the world; but henceforward those researches were organized. Students crowded round the masters and in the laboratories. The University of Paris could proudly quote her 347 masters and 17 822 students for the scolastic year 1911-1912; many among the latter having flocii:ed to her from the most distant quarters. Fbe had a right to Coll up memories of the

peler les époques du moyen âge où elle seule, avec Bologjie, portait le nom d'Université et où Paris était salué « comme la ville des lettres, la mère des sciences, la ville chère et 'grande entre toutes, une autre Cariath Seiche)' ».

Telle est V œuvre accomplie ; mais pour saisir quelles en furent les difficultés , il faut retenir en arrière; il faut relire tous ces articles, où, de i880 à 1884, M. Lavisse exposait ses idées sur la réforme universitaire et quil a réunies dans son volume : Questions d'enseignement national. A cette époque, qui est si proche de nous et qui nous paraît si lointaine, on admettait sans doute qu'il dût y avoir des élèves aux Facidtés de droit et de médecine, parce qu'ils y faisaient r apprentissage d'une profession ; M. Lavisse est obligé de démontrer qu' « il faut des élèves à l'enseignement supéyHeur des lettres » et de rechercher <( quels seront ces élèves » . Voilà une dé-

time whcn, in llie Middle âges, she alone wilh Bologna, bore the title of a University; and when Paris was hailed as « the seat of Letters, the mother of Sciences, the town preciousand great above ail others, anew Cariath Sepher. » So much was achieved; butto realize the difficulties over come one must look back; one must read again ail those articles where, from 1880 to 1884, M. Lavisse stated his ideas on the reform of Universities, collected by him under the title of : Questions relating lo National Teaching. In that time which is still so near to us and seems so distant, it was generally admitted that there must be students in Law and Medicine, because they had to be taught a profession ; M. Lavisse was obliged to demonstrate that « there must be students in letters » and to find out « who they would be ». Such a démonstration seems strangely super-

i I/KCOLE NOP.MAf.E SCl^KRIEURE, A PARIS.

i DIRECTEUR : M. ERNEST LAVISSE.

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monstralion qui semble bien inutile aujourd'hui; mais, à relire ce volume, on mesure le chemin parcouru et les services rendus par M. Lavisse.

Dans cette Faculté des lettres de Paris reconstituée, M. Lavisse a enseigné avec un éclat incomparable; les plus grands amphithéâtres étaient trop petits pour le public qui se pressait à ses cours. Quelque sujet quil traitât, moyen âge ou histoire moderne, histoire de la Prusse ou de la France, r auditoire était sous le charme, suivant avec un intérêt passionné ces leçons ordonnées avec harmonie, oii la pensée très forte se résumait en brèves formules et s illustrait de pittoresques anecdotes, et que la voix prenante, portant comme des reflets de métal, gravait pour toujours dans la mémoire. Non moins vif était le succès de M. Lavisse dans les confére7ices réservées aux seuls étudiants et que ceux-ci attendaient avec impatience . Il leur apprenait à devenir

tluous le duy; but, reading Ihis buok, one gauges llie progress we hâve made and the debt we owe M. Lavisse.

In the reconslituted Faculty of Letlers of Paris, M. Lavisse displayed his unparalleled talent as a professer; the largest amphithéâtres were too small for the listeners crowding at his lectures. Whatever siibject he treated, the Middle âges or modem history, the history of Priissia or of France, Ihe audience was under his spell, following with eager interest his harmoniously planned out lessons, the rich substance of which was summed up in striking formulae and illu&trated by picturesque anecdotes, wliilst the warm tones of his voice ringing like métal engraved it for ever in ail memories. The success of M. Lavisse in his lectures exclusively meant fort students and eagerly expected by them was noue the less remarkable. He showed them

KRN'EST LAVISSE 2

des professeurs par ses leçons, qui étaient des modèles^ et aussi en dirigeant^ avec wie patiente bienveillance, leurs exercices. Il leur apprenait aussi à devenir des savants. Dans ces entretiens., combien de livres ont été ébauchés qui font honneur à la science française! Une bibliographie des thèses dédiées à M. Lavisse montrerait., de façon complète., sa profonde influeiice. Mais., poii,r cette jeunesse de la Sorbonne, M. Lavisse était plus et 'mieux que le maître ; il était, il continue d'être à la tête de V Ecole normale un véritable directeur, et ceci au sens le plus élevé du mot, un directeur laïque des consciences. Avec un tact très sûr, il trouve le mot qui va droit au cœur, comme, dans ses éloquentes allocutions aux étudiants, il sait Vart d'exciter tous les sentiments généreux qui so7it dans Vâme de cette jeunesse. Il se dépense pour elle, parce quil l'aime et c'est là sans doute le secret de sa grande autorité.

how lo teach by his lessons wliich were periecL inudeis and by guidingthem in their exercises with untiring kindliness. In his intercourse with them how many books were sketched which are an honour to French scholarship! A bibliography of the thèses dedicated to M. Lavisse would be necessary to show how deep his influence reached. But to those young men of the Sorbonne M. Lavisse was even more than the master; he was, he is still, at the head of the École Normale, a real « Director », and that in the highest sensé of the Word ; a lay spiritual adviser. With unerring tact he finds the word which goes straight to the heart, and in his éloquent addresses to students he knows how to rouse the gênerons feelings of thèse youlhful minds, He gives himself away to them because he loves them, and there no doubt lies the secret of his high authority.

A ce professeur d'histoire, la France doit de beaux livres qui contimieiU la tradition nationale. Ces livres se rapportent à C Allemagne et, de façon plus spéciale, à la Prusse, puis à la France. M. Lavisse a parcouru l^ Allemagne à diverses ?'eprises. Il a séjourné dans la forêt Noire avec Maxime Du Camp, vu les villes de la plaine du Rhin et les villages de Franconie oii se sont réfugiés les huguenots chassés par Louis XIV; à Berlin, il a visité le Reichstag et V Université ; à Neu-Ruppin, entre l'Elbe et l'Oder, à Rheinsberg dans le Meclilembourg, il a cherché les traces du prince royal, le futur Frédéric II; à Marienbourg, dans la Prusse, il a admiré les châteaux de V ordre Teutonique. Il a causé avec les hommes d'Etat allemands, avec les chefs des divers partis et rapporté de ses voyages des impressions publiées d'abord dans la Revue des Deux Mondes, puis réunies en volume. Il nous y a

This professer of history lias given his couatry fine books which continue tlie national tradition. Thèse books treat ot Germany, more especially of Prussia, andthen of France. M. Lavisse travelled through Germany more than once. He staid in the Black Forest with Maxime Du Camp, saw the towns of the plain watered by the Rhine, and the Franconian villages where the protestants, driven away by Lewis XIV, found shelter; in Berlin he visited the Reichstag and the University ; at Neu-Ruppin, between the Elbe and the Oder, he looked for memories of the royal prince, the future Frederick II; at Marienburg in Prussia he admired the two castles of the Teutonic order. He talked with German states men, with the heads of the diverse parties, and from his travels brought back impressions first published in the Revue des Deux Mondes und subsequently collected in a

dit la grandeur du nouvel Empire, sa force militaire^ son développement économique, mais aussi les dangers que cet empire fait courir à V Europe, la menace toujours suspendue, les fissures de lédifice. En 1888, en cette année qui, dans V espace de cent jours, vit le règne de trois empereurs, il a tracé le portrait en pied des trois. « J'ai voulu être juste, écrivit-il en son avant-propos. Si je me suis trompé en quelque endroit, c'est en toute sincérité de conscience . Le lecteur ne trouvera pas dans ce volume une parole de haine. Puisqu'on dit que la haine est aveugle, il ne faut pas la prendre pour guide dans notre chemin malaisé. » M. Lavisse a voulu voir clair et il a vu clair. Aux deux empereurs qui 'entraient dans l'histoire il a rendu pleine justice; il a même décrit avec une réelle sympathie le martyre de Frédéric III. Mais sans doute il aurait à modifier aujourd'hui divers traits de son portrait

boolv. Jle descril)ed Ihe grealness of llie new Empire, ils inilitary power, its économie development; but he pointed out too what a standing danger, an impending threat it was for Europe, and the flaws marring its édifice. In 1888, in lliat year whicli in the space of a hundred days wilnessed the reigns of three emperors, he drew full-length portraits of ail three : « I intended to be just, he wrote in his preliminary remarks. If I hâve been mistaken it is with the utmost sincerity. Readers will not fmd in this book one word of hatred. Since hatred is said to be blind, she must not guide us in our intricate path. » M. Lavisse wanted to see through facts ; and he did so. He paid fuU justice to the two emperors entering the realin of History; he even depicted with genuine sympathy the martyrdom of Frédéric III. But undoubtedly to day he would hâve to alter several traits in

Je Guillaume II; il l'avait jugé sio' les déclay^ations faites^ peut-être en toute sincérité, au lendemain de t avènement ; mais ces déclay^ations , tout comme les traités les plus solennels, sont aujourdliui « cJiiffons de papier » .

Au cours de ses voyages en Allemagne^ M. Lavisse ne s'est pas borné à observe}' le présent; il a étudié le passé. Il s'est enfermé dans les archives et dans les bibliothèques ; il a réuni les matériaux de deux ouvrages très solides qui furent ses thèses de doctorat es lettres. La monarchie jpy^ussienne aune double origine.1 le Braiidebourg et la Prusse, qui ne furent réunis qu'en 1618. Une de ces études est consacrée au Brandebourg dans les temps lointains [1134-1323] où régnait sur lui la dynastie ascanienne, qui tire son nom delà ville d'Aschersleben, sur la pente du Hartz. C'est une œuvre d'érudition très fouillée, mais on s^est révélé un talent d'histo-

his portrait of William II; he had judged him according to the déclarations lie made on the morrow of his accession, perhaps with perfect candeur; but those déclarations, just like the most solemn treaties, are now « scraps of paper ». During his travels in Germany, not only did M. Lavisse observe the présent; he studied the past. He buried himself in archives and libraries; he gathered the materials of two masterly books which were his thèses for the doctorat es lettres. The Prussian monarchy sprang from two roots, Brandenburg and Prussia, united only in 1618. He devoted one of thèse studies to Brandenburg in the remote time when the Ascanian dynasty deriving its name from the town of Aschersleben on the slopes of the Harz reigned over it; and he gave us an erudite and strongly-grounded pièce Df w ork, in which, nevertheless, his talent as an historian and

rien et cC écrivain. D auteur jette par dessus bord le détail inutile^ montre le caractère général de cette lutte âpre où les Germains envahisseurs exterminèrent les Slaves; et du volume se détache, saisissant et vivant, le po7'trait du fondateur de la dynastie, Albert l'Ours. La seconde étude nous transporte en Prusse et raconte comment au XII F siècle Hermann de Salza conquit, pour l'ordre Teutonique dont il était le gra?îd maître, ce lointain pays., situé alors hors de l'Allemagne; ici aussi furent massacrés les habitants indigènes. D'autres morceaux détachés de Vhistoire de Prusse suivirent. Après un retou?' sur les origines, il nous présente les grands ancêtres : Frédéric Guillaume, V électeur qui appela dans ses Etats les protestants de France; Frédéric III, qui, devenu roi en Prusse, s^ appela Frédéric /"", et voici une première esquisse du portrait du roi-sergent et

an artist revealed itself. He Ihrew overboard useless parliculars and laid stress on tlie main features of that stern struggle in which the invading Germans scattered away and slaughtered the Slavs; and from his book the figure of Albert the Bear, the founder of the dynasly, stands out strikingly vivid. His second study leads us to Prussia and relates how in the xiiitli century Hermann of Salza conquered that remote country, then outside the boundaries of Germany, and gave it to the Teutonic order, of which he was Grand Master; and there again the native people were slaughtered. Other detached studies about the history of Prussia followed. After treating again of the origins, he depicted the great ancestors : Frederick-William, the Elector who called the French protestants into his dominion; Frederick ni, who as king of Prussia became Frederick I ; and then a first sketch of the sergeant King, and of Frederick II.

de Frédéric IL Mais comme il est dommage que les leçons faites à la Sorbonne n'aient pas été toutes recueillies! Nous aurions eu une histoire complète de r état prussien à travers les âges jusqu à la mort de Frédéric 7/, et cette histoire eût été étincelante de verve et d'esprit, sans que cet esprit se soit jamais exercé au détriment de l" exacte vérité.

Ainsi se présente bien à nous les deux volumes consacrés à Frédéric II : la Jeunesse du grand Frédéric, le Grand Frédéric avant l'avènement. // y a, en ces tomes, deux « héros n, le père et le fils, Frédéric-Guillaume /"■ et Frèdéync II. Quel vigoureux relief M. Lavisse a su donner à l'un et à Vautre, au roi-sergent qui recrute partout pour sa garde des hommes de six pieds, surveille lui-même les dépenses de la cuisine, rosse ses domestiques, ses médecins, ses juges, règle la durée des prières et des sermons, mais qui crée r armée, les finances, V administration

But wliat a pity that the lessons given at the Sorbonne shoiild not hâve been ail preserved. We should then posess a complète history of the Prussian State through the âges up to the death of Frederick II; a history which would be full of spirit, and, tliougli serupulously accurate, sparkling with wit.

The two volumes devoted to Frederick II, the Youik of Frederick the great; Frederick the Great before his Accession might be described in thèse very words. There are in thèse books two heroes, the father and the son, Frederick William II and Frederick II. How vividly M, Lavisse depicted both; the sergeant King recruiLing everywhere men sixfoot high for his Guard, looking after the expenses of his kitchen, thrashing his servants, liis physicians, his judges, settling the duration of prayers and sermons, but creating

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