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DEVANT LES ÉPISTATES

La porte s'ouvre ; on nous introduit dans le vénérable chapitre : jamais peut-être nous n'avons éprouvé à un degré aussi absolu la sensation de la chute dans le passé, même en descendant dans ces hypogées de Saqqarah et de Thèbes, où les momies vous reçoivent dans l'intimité de leurs habitudes quotidiennes d'il y a six mille ans.

Les épistates sont assis le long du mur : en tête, sur la cathèdre et sous l'image de la Panagia, le protathos; à côté de lui, un greffier penché sur son calame. Tout est noir sur les mornes personnages, sauf les longues barbes blanches qui ondoient uniformément sur la poitrine et les faces de cire qu'aucune inquiétude de pensée n'a jamais plissées. Cette expression de calme indicible et d'atonie est décuplée par le vague du regard ; éteint aux passions du corps et de l'âme, il n'est plus ce reflet do la clarté intérieure qui a fait appeler du même mot, dans la vieille poésie grecque, l'homme et la lumière. Les prélats nous parlent lentement dans cette langue morte, faite de débris hellènes et byzantins, qui achève l'illusion. La conversation se borne aux banalités précédemment échangées

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