GEORGE SAND ET SON PROFESSEUR DE BOTANIQUE
La nature a ceci d'admirable qu'elle ravit par les détails aussi bien que par l'ensemble, pour peu que l'œil soit averti. Il semble même, quand on parcourt Rousseau ou Bernardin de Saint-Pierre, qu'il n'y ait de bons peintres de la nature que ceux qui en ont pu admirer les perfections organiques, et passer de la montagne à la fleur. Chateaubriand, il est vrai, n'a pas connu cette curiosité du bota niste : mais il n'est pas sûr qu'il ne lui manque rien de ce côté dans ses tableaux de génie. George Sand n'avait garde d'oublier une étude plus attrayante encore que minutieuse; et quel incomparable professeur que son ■ Malgache », un professeur qui ne professait pas!
Je n'ai jamais connu d'homme aussi agréablement savant, aussi poétique, aussi clair, aussi pittoresque, aussi attachant dans ses leçons. Mon précepteur ■ m'avait fait de la nature une pédante insupportable; le Malgache m'en fit une adorable maîtresse. Il lui arracha sans pitié la robe bigarrée de grec et de latin au travers de laquelle j'avais toujours frémi de la regarder. Il me la montra nue comme Rhéa, et belle comme elle-même. Il me parlait aussi des étoiles, des mers, du règne minéral, des produits animés de la matière, mais surtout des insectes pour