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C'est déjà le cadre et ruccent du Lac de Lamartine

EFFET DE LA NATURE SUR l'aME DE ROUSSEAU.

Voici des pages célèbres entre les plus célèbres de Rousseau. On y sent palpiter une âme, on y suit l'élan qui l'em porte de la terre au ciel, des œuvres de Dieu à Dieu lui même. C'est proprement une profession de foi que cette Troisième Lettre à Malesherbes.

Quels temps croiriez-vous, monsieur, que je me rap pelle le plus souvent et le plus volontiers dans mes rêves? Ce ne sont point les plaisirs de ma jeunesse; ils furent trop rares, trop mêlés d'amertume, et sont déjà trop loin de moi. Ce sont ceux de ma retraite ; ce sont mes promenades solitaires, ce sont ces jours rapideS; mais délicieux, que j'ai passés tout entiers avec moi seul, avec ma bonne et simple gouvernante, mon chier bien-aimé, ma vieille chatte, avec les oiseaux de h campag-ne et les biches de la forêt, avec la nature entière et son inconcevable auteur. En me levant avan1 le soleil pour aller voir, contempler son lever dans mon jardin , quand je voyais commencer une belle journée, mon premier souhait était que ni lettres, n visites n'en vinssent troubler le charme. Après avoii donné la matinée à divers soins que je remplissais tous avec plaisir, parce que je pouvais les remettre à ur autre temps, je me hâtais de dîner pour échapper au> importuns, et me ménager un plus long après-midi Avant une heure, même les jours les plus ardents, je partais par le grand soleil avec le fidèle Achate, pressant le pas dans la crainte que quelqu'un ne vînt s'cm parer de moi avant que j'eusse pu m'esquiver; maiî quand une fois j'avais pu doubler un certain coin, ave( quel battement de cœur, avec quel pétillement de joi( je commençais à respirer en me sentant sauvé, en m( disant : « Me voilà maître de moi pour le reste de c( jour ! » J'allais alors d'un pas plus tranquille cherche) quoique lieu sauvage dans la forêt, quelque lieu déserl où rien ne montrant la main des hommes n'annonçai la servitude et la domination % quelque asile où je

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