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X INTRODUCTION

reposer les déesses, mais notre corps pesantdemande un appui sûr.

Au commerce des gens de sa province, Jules Lemaître apprit sans doute mieux que dans les livres ce qu'est le peuple, quels sont ses désirs et ses besoins. Dès lors, quand il parlera du peuple, ce mot-là aura dans sa bouche ou sous sa plume un peu plus que la valeur d'un signe algébrique. Il ne le videra jamais des réalités qu'il contient, à la façon des métaphysiciens ivres d'abstraction. Longtemps il sera démocrate, mais il ne donnera jamais dans le m^^sticisme de la démocratie.

En attendant, Jules Lemaître est un petit garçon très curieux de toutes choses, déjà sensible à la beauté littéraire, et tel que nous le montreront certaines pages railleuses et attendries. De l'école que dirigeait son père, il passe au petit séminaire de la Chapelle Saint-Mesmin, puis au collège de Notre- Dame-des-Champs et au lycée Charlemagne. En 1872, il entre à l'Ecole Normale. Partout, et même au séminaire, quand il avait dix ans, il laissait à ses maîtres le souvenir d'une intelligence précoce et libre. Il paraît même qu'il inspira quelque défiance à ses professeurs ecclésiastiques. Ils vivaient tous, à cette époque, dans la crainte de couver un nouveau Renan ; comment s'étonner qu'ils n'aient point soupçonné en Lemaître celui à qui était échue la mission de nous rapprendre le caractère véritable de la raison, et de nous enseigner, par un vivant exemple,

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