LES BLÉS DE CASTELFIDARDO
Les épis généreux, aux têtes d'or penchées. Portaient avec fierté le trésor du froment. Ils étaient mûrs ; la faux a connu son moment, Et voilà sur le sol les têtes d'or couchées.
Pieux, le vent du ciel disperse abondamment Les salubres senteurs des têtes d'or fauchées ; Et, comme si la main d'en haut les eût touchées. Dans les âmes s'éveille un saint frémissement.
Qu'ils sont doux, qu'ils sont beaux! La terre dévastée
Bénit pourtant leur chute et se sent rachetée.
Ainsi tombent, Seigneur, tes saints, avant le soir ;
Et condamnant la mort à racheter la vie.
Ainsi ta loi d'amour, par l'amour obéie.
Met le blé sous la meule et la grappe au pressoir.