SUZANNE
Combien je te sais gré, Suzanne, brave fille De tes pauvres habits et de ton teint hàlé ! Que j'admire ton front de sueur cmperlé ! Que j'honore ta main durcie à la faucille !
Tout l'été dans les champs, tout l'hiver à l'aiguille, Jamais de ton grand cœur un soupir exhalé N'a trahi des soucis dont tu n'a pas parlé ; Ta vie est un devoir, ange de la famille.
Nos garçons les mieux faits et de meilleur renom
Sollicitent ta main, et tu leur as dit : « Non.
« Non, car Dieu m'a liée, et je garde ma chaîne ! »
Et tranquille, vouée à ta mère, à tes sœurs, Pour ta beauté perdue en de si durs labeurs, Il n'est pas un regret dans ton âme sereine.