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CONCLUSION GENERALE

... Ce ne sont pas les grands hommes qui se croient omnipotents ; il leur est trop facile de mesurer ce qu'ils font sur ce qu'ils voudraient faire. Ils savent bien, ceux-là dont la taille dépasse le niveau commun, que l'action permise à leur autorité n'a jamais atteint dans sa plus vaste expansion l'étendue d'un continent; que, dans leur palais même, on ne vit pas comme ils le souhaitent ; que, si leur intervention retarde ou précipite le pas des événements, c'est de la même façon ^u'un enfant contrarie le ruisseau qu'il ne saurait empêcher de couler. La meilleure partie de leurs récits est faite non d'invention, mais de compréhension. Là s'arrête la puissance historique de l'homme agissant dans les plus favorables conditions de développement. . .

A une époque toute primordiale de la vie de l'espèce entière, époque qui précède les récits des plus lointaines annales, on découvre, en se plaçant en imagination sur les plateaux de l'Altaï, trois amas de peuples immenses^ mouvants, composés chacun de diflFérentes nuances, formés, dans les régions qui s'étendent à l'ouest autour de la montagne, par la race blanche ; au nord-est, par les hordes jaunes arrivant des terres américaines ; au sud, par les tribus noires ayant leur foyer principal dans les lointaines régions de l'Afrique. La variété blanche, peutêtre moins nombreuse que ses deux sœurs, d'ailleurs douée d'une activité combattante qu'elle tourne contre

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elle-môme et qui TafFaiblit, étincelle de supériorités de tout g*enre.

Poussée par les efforts désespérés et accumulés des nains, cette race noble s*ébranle, déborde ses territoires du côté du midi, et ses tribus d'avant-garde tombent au milieu des multitudes mélaniennes^ y éclatent en débris, et commencent à se mêler aux éléments circulant autour d'elles. Ces éléments sont grossiers, antipathiques, fugaces ; mais la ductilité de l'élément qui les aborde parvient à les saisir. Elle leur communique, partout où elle les atteint, quelque chose de ses qualités, ou du moins les dépouille d'une partie de leurs défauts ; surtout elle leur donne la puissance nouvelle de se coaguler, et bientôt, au lieu d'une série de familles, de tribus incultes et ennemies qui se disputaient le sol sans en tirer nul avantage, une race mixte se répand depuis les contrées bactriennes sur la Gédrosie, les golfes de Perse et d'Arabie, bien au delà des lacs nubiens, pénètre jusqu'à des latitudes inconnues vers les contrées centrales du continent d'Afrique, longe la côte septentrionale par delà les Syrtes, dépasse Galpé, et, sur toute cette étendue, la variété mélanienne diversement atteinte, ici complètement absorbée, là absorbant à son tour, mais surtout modifiant à l'infini l'essence blanche et étant modifiée par elle, perd sa pureté et quelques traits de ses caractères primitifs.

... Au milieu de ces transformations générales qui atteignent l'ensemble des races pures, et comme résultat nécessaire de ces alliages, la culture antique de la famille blanche disparaît, et quatre civilisations mixtes la remplacent ; l'assyrienne, l'hindoue, l'égyptienne, la chinoise;

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une cinquième prépare son avènement peu lointain, la grecque, et Ton est déjà en droit d'affirmer que tous les principes qui posséderont à Tavenir les multitudes sociales sont trouvés, car les sociétés subséquentes, ne leur ajoutant rien, n'en ont jamais présenté que des combinaisons nouvelles.

L'action la plus évidente de ces civilisations, leur résultat le plus remarquable, le plus positif, n*est autre quç d'avoir continué sans se ralentir jamais Tœuvre de Tamalgame ethnique. A mesure qu'elles s'étendent, elles englobent nations, tribus, familles jusque là isolées, et, sans pouvoir jamais les approprier toutes aux formes, aux idées dont elles vivent elles-mêmes, elles réussissent cependant à leur faire perdre le cachet d'une individualité propre...

Ainsi mélange, mélange partout, toujours mélange, voilà l'œuvre la plus claire, la plus assurée, la plus durable des grandes sociétés et des puissantes civilisations, celle qui, à coup sûr, leur survit; et plus les premières ont d'étendue territoriale et les secondes de génie conquérant, plus loin les flots ethniques qu'elles soulèvent vont saisir d'autres flots primitivement étrangers, ce dont leur nature et la sienne s'altèrent également. . .

Les Germains apparurent au milieu de la société romaine. En même temps, ils occupèrent l'extrême nordouest de l'Europe, qui peu à peu devint le pivot de leurs opérations. Des mariages successifs avec les Celtes et les Slaves, avec les populations gallo-romaines, multiplièrent la force d'expansion des nouveaux arrivants, sans dégrader trop rapidement leur instinct naturel d'initiative.

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La société moderne naquit ; elle s'attacha, sans désemparer, à perfectionner de toutes parts, à pousser en avant Tœuvre agrég-ative de ses devancières. Nous l'avons vue, presque de nos jours, découvrir l'Amérique, s'y unir aux races indigènes ou les pousser vers le néant ; nous la voyons faire refluer les Slaves chez les dernières tribus de l'Asie centrale, par l'impulsion qu'elle donne à la Russie ; nous la voyons s'abattre au milieu des Hindous, des Chinois ; frapper aux portes du Japon ; s'allier, sur tout le pourtour des côtes africaines, aux naturels de ce grand continent ; bref, augmenter sur ses propres terres et étendre sur tout le globe, dans une indescriptible proportion, les principes de confusion ethnique dont elle dirige maintenant l'application.

La race germanique était pourvue de toute J'énergie de la variété ariane. Il le fallait pour qu'elle pût remplir le rôle auquel elle était appelée. Après elle, l'espèce blanche n'avait plus rien adonner de puissant et d'actif: tout était dans son sein à peu près également souillé, épuisé, perdu. Il était indispensable que les derniers ouvriers envoyés sur le terrain ne laissassent rien de trop difficile à terminer ; car personne n'existait plus, en dehors d'eux, qui fût capable de s'en charger. Ils se le tinrent pour dit. Ils achevèrent la découverte du globe; ils s'en emparèrent par la connaissance avant d y répandre leurs métis ; ils en firent le tour dans tous les sens. Aucun recoin ne leur échappa, et maintenant qu'il ne s'agit plus que de verser les dernières gouttes de l'essence ariane au sein des populations diverses, devenues accessibles de toutes parts, le temps servira suffisamment ce travail qui se continuera de lui-même, et qui

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n'a pas besoin d'un surcroît d'impulsion nouvelle pour s© perfectionner.

En présence de ce fait, on s'explique, non pas pourquoi il ne se trouve pas d'Arians purs, mais l'inutilité de leur présence. Puisque leur vocation générale était de produire les rapprochements et la confusion des types en les unissant les uns aux autres, malgré les distances, ils n'ont plus rien à faire désormais, cette confusion étant accomplie quant au principal, et toutes les dispositions étant prises pour l'accessoire. Voilà donc que l'existence de la plus belle variété humaine, de l'espèce blanche tout entière, des facultés magnifiques concentrées dans l'une et dans l'autre, que la création, le développement et la mort des sociétés et de leurs civilisations, résultat merveilleux du jeu de ces facultés, révèlent un grand point qui est comme le comble, comme le sommet, comme ^le but suprême de l'histoire. Tout cela naît pour rapprocher les variétés, se développe, brille, s'enrichit pour accélérer leur fusion, et meurt quand le principe ethnique dirigeant est complètement fondu dans les éléments hétérogènes qu'il rallie, et, par conséquent, lorsque sa tâche locale est suffisamment faite. De plus, le principe blanc, et surtout arian, dispersé sur la face du globe, y est cantonné de façon à ce que les sociétés et les civilisations qu'il anime ne laissent finalement aucune terre, et, par conséquent, aucun groupe en dehors de son action agrégative. La vie de l'humanité prend ainsi une signification d'ensemble qui rentre absolument dans Tordre des manifestations cosmiques. J'ai dit qu'elle était comparable à une vaste toile composée de difiFérentes matières textiles, et étalant les dessins les plus différemment

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contournés et bariolés ; elle l'est encore à une chaîne de montag'nes relevées en plusieurs sommets qui sont les civilisations, et la composition géologique de ces sommets est représentéeparles divers alliages auxquels ont donné lieu les combinaisons multiples des trois grandes divisions primordiales de Tespèce et de leurs nuances secondaires. Tel est le résultat dominant du travail humain . Tout ce qui sert la civilisation attire Faction de la société ; tout ce qui Tattire l'étend, tout ce qui l'étend la porte géographiquement plus loin, et le dernier terme de cette marche est Taccession ou la suppression de quelques noirs ou de quelques Finnois de plus dans le sein des masses déjà amalgamées. Posons en axiome que le but définitif des fatigues et des souffrances, des plaisirs et des triomphes de notre espèce, est d'arriver un jour à la suprême unité.

h* Histoire des Perses d'après les auteurs orienlaux,grecs et latins, et particulièrement d'après les manuscrits orientaux inédits, les monuments figurés, les médailles, les pierres gravées, etc., parut en 1869, chez Henri Pion, en deux volumes de 600 pages.

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