La femme d'un sous-officier est nécessairement une
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qui n'ont pas eu leurs rations! Et les cabarets dans les rues, et pas de balayage!... Miséricorde! je suis perdu. (Il se prend la tête à deux mains.)
l'administrateur. — Eh bien, Anton Antonovitch, il faut aller en uniforme à l'hôtel.
LE JUGE. — Non, non. D'abord, il faut lui détacher le prévôt, le clergé, les marchands. Savez-vous ce qu'il y a dans le livre de la vie de Jean Masson...
LE GOUVERNEUR. — Nou , uou , laissez-moi faire. Allons, il y a des moments pénibles dans la vie; cela passe, grâce au ciel. Pourvu que le bon Dieu ne nous abandonne pas! (A Bobtchinski.) Vous dites que c'est un jeune homme?
BOBTCHINSKI. — Un jeuue homme de vingttrois à vingt- quatre ans, pas davantage.
LE GOUVERNEUR. — Tant mieux . Un jeune homme, ça se devine. Le pire, c'est un vieux diable. Un jeune est toujours en dehors. Vous, messieurs, préparez-vous. Moi, j'y vais seul, avec Pëtr Ivanovitch, sans faire-semblant de rien, comme si je me promenais, pour voir si les voyageurs sont bien traités. Holà! Svistinof!
sviSTiNOF. — Plait-il?
LE GOUVERNEUR. — Cours après l'inspecteur de quaiiier... Non. J'ai besoin de toi. Dis à quelqu'un qu'on me fasse venir tout de suite l'inspecteur de quartier, et reviens vite.
l'administrateur. — Allons, allons-nous-en, AmnosFëdorovitch. Il peut arriver quelque malheur.
personne libre qui ne peut être soumise sans jugement à un châtiment corporel.
LE JUGE. — Pourquoi avoir peur? Les malades ont des bonnets blancs, tout est dit.
l'administrateur. — Des bonnets! on ordonne de donner du bouillon aux malades, et dans tous les corridors c'est une odeur de choux qui vous prend au nez...
LE JUGE. — Quant à cela, moi, je suis tranquille. Qui s'aviserait d'aller au tribunal? Et si l'on s'avise de regarder dans quelque papier, on sera bien avancé. Il y a quinze ans que je siège sur le fauteuil de juge, et si j'ai regardé un mémoire... Bah! bah! Salomon lui-même ne découvrirait pas s'ils disent vrai ou non.
(Le juge, l'administrateur des hospices, le recteur et le directeur des postes sortent et se rencontrent à la porte avec Svislinof qui revient.)
BOBTGHiNSKi. — Ne faites pas attention ; j'irai à pied, je courrai derrière le drochki... pourvu que je puisse regarder par une fente au travers de la porte, et savoir ce qu'il fait.
LE GOUVERNEUR, prenant son épée que Svistinof lui
apporte. — Va-t'en bien vite prendre les dizainiers, et que chacun d'eux m'empoigne... — Ah! comme cette épée est abîmée! Ce maudit marchand Avdouline! il voit que le gouverneur a une vieille épée, et il ne lui en envoie pas une neuve! Quel tas de coquins! Ah! mes drôles! et je suis bien sûr qu'ils ont déjà leurs pétitions toutes prêtes, et qu'il en va sortir de dessous les pavés... — Il faut que chacun m'empoigne la rue... Le diable emporte la rue...! quil m'empoigne un balai, veux-je dire, et qu'on me nettoie la rue devant l'hôtel, et qu'elle soit
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propre... Écoute. Fais attention! Je te connais, toi! Tu fais le bon apôtre, oui, et tu fourres des cuillers d'argent dans tes bottes. Prends-y garde. Ne m'échauffe pas les oreilles. Quel tripotage as-tu fait chez le marchand de Tchernaïef? Hein? 11 t'a donné deux archines de drap pour te faire un uniforjiie, et tu as chipé toute la pièce. Prends-y garde. Tu n'es pas d'un rang à voler comme cela'! File! (Acte I, scène IV).