CHANSON D'AUTOMNE AU PRINTEMPS
O jeunesse, divin trésor, tu fuis pour ne plus revenir Quand je veux pleurer je ne puis Parfois sans le vouloir, je pleure !
Et les autres ! Sous tous les cieux, Sur cette terre^ toujours elles sont.
Sinon prétextes de mes rimes, Du moins, fantômes de mon cœur.
En vain, j'ai cherché la princesse qui était triste d'espérer, La vie est dure, amère et lourde.
Las ! Plus de princesse à chanter.
Malgré le temps implacable ma soif d'aimer est infinie.
Les cheveux gris, je vais encor vers les rosiers dans le jardin.
O Jeunesse, divin trésor
tu fuis pour ne plus revenir
Quand je veux pleurer je ne puis, Parfois, sans le vouloir, je pheure
Mais elle est mienne l'Aube d'or.
{Chants de vie et cf espérance. Trad. par M"^*^ B. M. Moreno.)
RUBÉN DARIO RACOXTÉ PAR LUI-MÊME,