VIII
PRÉFACE
du fils fidèle de notre Amérique , qui porte , outre les choses propres de son esprit , le reflet d'une certaine latitude de la terre , se trouvât le disciple de Renan où de Spencer, le spectateur d'Ibsen, le lecteur de Huysmans et de Bourget ».
Ariel lui valut l'incontestable maîtrise . Il exerça une influence bienfaisante sur les Latins de ce continent , à l'époque oit les vestiges d'un romantisme plaintif et d'un positivisme égoïste engageaient encore la vie intellectuelle vers des spéculations inférieures et miisibles à la floraison d'une culture idéaliste et supérieure.
Comme le lecteur pourra le constater par les morceaux choisis qu'il trouvera dans ce volume, Ariel a la forme d'un discours que le vieux Prospero adresse à de jeunes disciples qui , du seuil du XXe siècle, s apprêtent à entrer dans la vie et auquel l'homonyme du grave magicien shakespearien veut parler une dernière fois, pour que son adieu demeure « comme une empreinte gravée dans leurs sentiments et leurs idées ». Dans cette œuvre, V écrivainphilosophe' nous révèle sa foi dans V enthousiasme et dans V espérance, « joyaux de l'esprit jeune » qui « dans l'harmonie de l'histoire et la nature correspondent au mouvement et à la lumière ». Il souhaite voir l'esprit chrétien adopter « les modalités de V élégance grecque », et se former des hommes qui soient « une image résumée de l'espèce » et non « des exemples mutilés de f humanité ». Voilà un programme qu'il développa dans des écrits successifs pendant qu'il cherchait à le remplir par l'exemple de sa propre vie.
Comme Renan, il n'aima pas en principe la démocratie mais il la défend dans Ariel parce qu'il y voit la seule solution possible pour le bien-être de l'humanité. L'exemple des Etats-Unis, « incarnation du Verbe utilitaire dont
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