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IT L’OBÉLISQUE DE LUXOR

Je veille, unique sentinelle De ce grand palais dévasté,

1. Mitre des dieux et des prêtres égyptiens: 2. Nef sacrée des Égyptiens: 3. Voiture de maître

généralement à deux places: 4. Ironiquement, les députés législateurs: 5. Débauchés vivant

… de mauvais expédients: 6. Tombeaux souterrains: grec : hypo — sous; gé — terre; 7. Carac-

tères sacrés gravés dans la pierre : hiéros + alubh6 = ; je grave: 8. Où Louqsor. Village sur l'emplacement de la Thèbes d’ Érote

1. Est étamée comme un miroir qui porte une couche d'étain; 2. Sans poli ni résonance

Dans la solitude éternelle En face de l’immensité.

À l'horizon que rien ne borne, Stérile, muet, infini, —

Le désert, sous le soleil morne, Déroule son linceul jauni.

Au-dessus de la terre nue,

Le ciel, autre désert d’azur, Où jamais ne flotte une nue, S’étale implacablement pur.

Le Nil, dont l’eau morne s’étame! - D'une pellicule de plomb,

Luit, ridé par l’hippopotame,

Sous un jour mat? tombant d’aplomb;

Et les crocodiles rapaces,

Sur le sable en feu des îlots, Demi-cuits dans leurs carapaces, Se pâment avec des sanglots.

‘Immobile sur son pied grêle, L’ibis, le bec dans son jabot, Déchiffre au bout de quelque stèleÿ Le cartouche sacré de Thot‘.

L’hyène rit, le chacal miaule, Et, traçant des cercles dans l’air, L’épervier affamé piaule,

Noire virgule du ciel clair.

Mais ces bruits de la solitude è Sont couverts par le bâillement Des sphinx, lassés de l’attitude Qu'ils gardent immuablement.

Produit des blancs reflets du sable Et du soleil toujours brillant,

3. Colonne. Radical sta : se tenir debout; 4. Dieu égyptien, identifié à Hermès.

Nul ennui ne t’est comparable, Spleen lumineux de l'Orient!

C’est toi qui ferais crier : Grâce!

. À la satiété des rois

Tombant vaincus sur leur terrasse, Et tu m’écrases de ton poids.

Ici jamais le vent n’essuie

Une larme à l’œ1l sec des cieux, Et le temps fatigué s’appuie Sur les palais silencieux.

Pas un accident ne dérange

La face de l'éternité;

L'Egypte, en ce monde où tout change, Trône sur l’immobilité.

Pour compagnons et pour amies, Quand lennui me prend par accès, J'ai les fellahs! et les momies Contemporaines de Rhamsès;

Je regarde un pilier qui penche, Un vieux colosse sans profil, Et les canges? à voile blanche Montant ou descendant le Nil. .

Que je voudrais, comme mon frère, Dans ce grand Paris transporté,

Auprès de lui, pour me distraire,

Sur une place être planté!

Là-bas, il voit, à ses sculptures, S’arrêter un peuple vivant, Hiératiques* écritures,

Que l’idée épelle en rêvant.

Les fontaines juxtaposées Sur la poudre de son granit

1. Paysans égyptiens: 2. Barques légères; 3. Sacrées, à l'usage des prêtres.

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Jettent leurs brumes irisées; | + AE SREEE Il est vermeil, il rajeunit! res

Des veines roses de Syène!

70 Comme moi cependant il sort, Mais je reste à ma place ancienne, Il est vivant et je suis mort!

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