‹ Pages d'art chrétien (volume 5)Chapitre 23 sur 34 · FIG. 43 — AUTEL DE NOTRE-DAME DE SALUT A PARIS · texte numérisé non relu

FIG. 43 — AUTEL DE NOTRE-DAME DE SALUT A PARIS

on ne s'explique pas les deux anses en forme d'S, qui sont un petit motif arbitrairement agrandi, et le manque de terminaison du tabernacle qui apparaît comme brusquement tronqué (fig. 41 et 42).

On peut trouver, il existe des autels plus originaux que ceux de Fourvière et du

Sacré-Cœur de Montmartre, par exemple celui de M. de Baudot en ciment armé, décoré de pastilles de grès, à Saint-Jean de Montmartre; celui que montrait la section belge à l'exposition d'art chrétien de 191 1, et celui en grès Muller, de la maison Poussie'gue à l'Exposition de 1900.

Le premier, seul, d'un grand caractère, peut être loué, encore qu'il rebute un peu par la rudesse de ses matériaux. Le second, avec son unique gradin disposé en pente, ne tient aucun compte des nécessités liturgiques; et le troisième, qui relève plutôt de l'art des jardins, est une erreur. Et cela nous amène à dire, comme réflexion finale, qu'il faut en ces matières innover avec discrétion.

'Le programme de l'autel est aujourd'hui bien fixé. C'est une table, un gradin, un. retable, un tabernacle et une exposition. Il s'agit de tirer de ces six éléments une œuvre intéressante (i). Chacun d'eux peut être renouvelé : aucun ne doit être supprimé. Ce n'est pas en changeant la silhouette admise, en bousculant toutes les habitudes du culte, qu'on fera œuvre saine. En gardant l'une et en respectant les autres, il reste encore assez de marge pour que la personnalité de l'artiste puisse se donner libre cours. Quelques autels sont là qui le prouvent (fig. 43). Ceux-là sont d'une bonne modernité, et la modernité est la condition première de tout art, mais l'esprit d'innovation outrancière qui coupe toutes les racines le rattachant au passé, et d'où lui pourrait venir quelque sève, n'est plus que du modernisme.

La listedes autels récentsoffrantquelque intérêt est assez courte, et la liste des autels anciens, ayant une importance historique a été fort réduite par nos modernes vandales. Je donne ici, pour terminer, celle que j'ai dû en dresser comme préparation à cette étude. On y retrouvera fondus ensemble les exemples cités par DomLeclercq pour l'antiquité, par M. Enlart pour le moyen âge, par P. Lafond pour l'Espagne, par le catalogue des Monuments Historiques pour la Renaissance

(i) Ces six éléments ne sont évidemment nécessaires que pour le maître-autel, le seul que nous ayons en vue ici. Pour les autels secondaires, rien n'empêche de s'en tenir à un programme plus simple, partant plus proche de la tradition antique, comme le demandent la Repue liturgique de Maredsous et les Questions liturgiques de Louvain.

et le xvir- siècle, et une trentaine d'autres que j'ai pu y ajouter. Telle quelle, elle est de nature à intéresser le lecteur français, pour lequel surtout elle a été faite; car l'étranger peu connu y est réduit aux monuments célèbres.

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