‹ Pages d'histoire de la révolution de février, 1848Chapitre 45 sur 68 · BOULANGERS · texte numérisé non relu

BOULANGERS

lettre dei U\ipk do Ryniieat do la konhogerie an présidait de U Coimission de geayeinemeiit pev les traTailleiin.

Citoyen bsprésbktànt,

Deux des représentants da syndicat de la boulangerie de Paris ont à toqs faire une communication urgente au snjet de graves appréhensions concernant la fabrication dti pain ce soi» ; ils ont eu hier deux conférences avec le dtoyen préfet de police ; ils doiveut retourner près de lui à une heure et demie. Peut-être vous trouver/*z-Tous à la conférence. C*est ce motif qui rend d'autant plus indispensable la communication qu'Us tous prient d*entendre au nom dota tranquillité de Psiris.

Ife sont, etc.

Siftt^.'PAii, Gfi. Picom Samedi, S5 tn*n, il h. 3;4.

Extrait dilORlTEDRda 28 Ban 1848.

L'intervention officieuse de la Ctmmunon de ^otioemémenf fHMir lu (ravaUleurs a encore été invoquée aujourd'hui ; mais cette fois dans des circonstances exceptionnelles. Il s'agissait de Fune des industries (la boulangerie de Paris) dont les moindres perturbations peuvent avoir les plus graves résultats pour la subsistance de la capitale. Les ouvriers boulangers forment le corps d'état dont les souffrances appelaient les palliatifs les plus prompts et les plus ellficaces. Le vif sentiment du sort douloureux qui leur était insensiblement échu au sein d'un régime de travail devenu généralement intolérable, les exaspérait enfin , et leur avait inspiré des résolutions extrêmes. Paris était menacé de manquer de pain dans quelques jours, demain peut*étre.

La conciliation, cependant, et une conciliation entière , a été aussitôt accomplie que demandée ; les délégués des patrons et ceux des ouvriers sont venus ce matin soumettre leur litige à l'arbitrage du président et du vice-président de la commission. Un tarif nouveau est sorti d'une courte et amiable discussion contradictoire, et il a été consenti avec un même empressement par les deux parties. La masse des ouvriers boulangers stationnait dans la cour du Luxembourg, attendant avec une impatience pleine d*émotion l'issue de la démarche. M. Louis Blanc est venu lire la j

délibération qui a été acclamée sans réserve et avec enthousiasme. Des témoignages de la plus sincère gratitude, apportés par les délégués des deux intérêts en présence, ont amplement récompensé la Commission de son infatigable sollicitude.

Tandis que les patrons envoyaient remercier la Gonmiission , un ouvrier, que ses camarades avaient délégué d'un mouvement spontané, s'approcha vivement ému de M. Louis Blanc, lui pressa chaleureusement la mam et lui offrit, en leur nom , 2 francs sur la plus prochaine journée de travail de chacun d'eux, pour, le montant de ce don être mis à la dispo* sition du gouvemanent provisoire.

ï CES JUSTIFICATIVES . OOO

Ces faits ont uae grande signification, car ils ne sont point isolés. Nous ne rappellerons pas les cas difficiles que la Commission a déjà arbitrés; la plupart ont été livrés à la publicité ; hier encore, par d'opportunes démarches auprès de la compagnie du chemin de fer de Lyon, la Commission aplanissait les difficultés qui menaçaient de prolonger le chômage désastreux des ouvriers mécaniciens de rétablissement Farcot, de Saint- Ouen; et ce matin les ouvriers recevaient l'assurance qu'ils pouvaient reprendre leurs travaux et qu'ils allaient retrouver leurs salaires.

Par suite de cette conciliation parut un arrêté du préfet de police, con* cernant le travail et le salaire des ouvriers boulangers , arrêté qui commence ainsi :

• Sur l'avis motivé de la Commission de gouvernement pour les travailleurs, du commnn consentement des représentants des ouvriers et des délégués maîtres, mis en présence et entendus;

« Considérant que, de toutes les industries, celle qui est et qui doit être, par sa nature , le plus directement soumise à l'action du pouvoir, est celle des boulangers ;

« Considérant que, de toutes les professions, il n*en est pas de plus pénible que celle des ouvriers boulangers; qu'il est dès lors aussi équitable que nécessaire de pourvoir à l'amélioration de leur sort ;

« Le préfet de police croit devoir prendre les dispositions suivantes...»

Signé : le Préfet de poliee,

Causstdiâbk.

Les président et vice-président

de la Commission de gou?emenient

pour les Travailleurs,

LOnS BLANC, ALBERT.

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