SG
Enfant, tu grandis : que ton cœur soit fort! Lutte pour le bien : la défaite est sainte. Si tu dois souffrir, accorde à ton sort Un regret parfois, — jamais une plainte.
Écris, parle, agis, sans peur du danger. L'univers est grand: que ton œil y plonge!
Tu pourras faillir, même propager
Une erreur parfois, —jamais un mensonge.
Si tu vois plus tard d'indignes rivaux Toucher avant toi le but de ta vie, Trahis seulement, sûr que tu les vaux, Du dépit parfois, — jamais de l'envie.
Tu voudras aimer : l'amour prend pour lui Nos meilleurs élans contre un long mécompte! Du moins, qu'il te laisse, après qu'il a fui, Ses larmes parfois, — mais jamais sa honte!
Le mal ici-bas trône audacieux :
D'un amer dégoût si ton àme est pleine, Nourris dans ton sein, montre dans tes yeux Du mépris parfois, — jamais de la haine.
Et si clans ce monde, étroite prison ,
Un trouble apparent met l'âme -en déroute,
Que l'œuvre de Dieu laisse à ta raison
Un souci parfois, — mais jamais un doute!
Lx\ CURIEUSE.
Tu veux savoir si ce livre, Fils des loisirs nonchalants, Doit rajeunir et revivre Dans mille ans?
Folle! un Pétrarque, un Virgile A ces réveils éclatants :
Je dormirai bien tranquille Dans cent ans.