‹ Pages intimes: poésiesChapitre 13 sur 42 · NAÏVETÉ · texte numérisé non relu

NAÏVETÉ

Ma m^re un jour me dit : « Ami, quand viendra l'âge Où tu seras plus grand, plus libre et plus savant. Dis qu'avec moi ton cœur ne sera pas volage.

Et que vous m'aimerez encor, méchant enfant!

Dis-moi, répète-moi que ces chères caresses Je ne les perdrai pas, quand vous aurez vingt ans; Que ta tendresse, en lutte avec d'autres tendresses, Ne fondra pas, ainsi que la neige au printemps!

62 naïveté.

Oh ! ne fais pas de moi la vieille délaissée Qu^on oublie au milieu des jeunes entretiens! Oh! partageons toujours, dans la même pensée. Toi, mes pauvres secrets, mon fils, et moi les tiens! » Moi, j'étais jeune alors, ignorant et candide, Et je lui dis : « Peux- tu douter ainsi de moi ? N'es-tu pas à jamais mon bon ange et mon guide? Qui donc pourra venir que j'aime plus que toi ? Est-il plus doux regards que je doive connaître? Un souris sur le tien pourra-t-il l'emporter? Gomment un autre amour dans mon cœur peut-il naître? Je n'y sens qu'une place, et tu dois y rester! Non, je ne comprends pas tes paroles amères, Et d'autres que souvent tu murmures tout bas Mère, se pourrait-il que j'eusse un joilr deux mères? »

Pensive, elle sourit, et ne répondit pas.

lous étions deux dans ce logis, >epuis le jour où nous montâmes, iraves, émus, les yeux rougla, levant vers Dieu nos deux fUnes !

ous sommes deux pour en sortir!

« livre est à la même page.

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