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PROBLEME

J'ai vu pleurer la mère au convoi de l'enfant; J'ai vu pleurer l'îûeule au convoi de la mère : Le plus jeune partit le premier, en avant; La plus vieille partit après eux, la dernière.

Le petit-fils riait avec l'octogénaire,

Elle, un pied dans la tombe, et lui, rose et vivant I

i:8 PROBLÈME.

La mort, qui fait son choix, prend ceux qu'elle préfère: C'est souvent le plus jeune, et le meilleur souvent!

G mort! nous diras-tu — loi fatale ou caprice! - Pourquoi l'enfant expire au sein de sa nouL^'ice, Et pourquoi commencer, s'il faut sitôt finir?

Entre ces trois cercueils la raison accablée Se demande à quoi bon la nature troublée, Et pourquoi le passé survit à l'avenir?

A MON AMI B. RRAUMB.

Si votre pensée aime les contrastes Ou'icî-bas Dieu seul a réalisés ; Si vous aimez voir, unis, opposés.

Les petits tableaux et les scènes vastes;

Si vous admirez, rêveur attendri, Le chalet perdu sur la haute cime;

Si la fleur vous touche au bord de l'abîme, L'immense glacier près de l'humble abri :

Il est un spectacle où l'âme indécise D'un extrême à l'autre hésite et se perd :

C'est de contempler, au bord de la mer.

Les petits enfants, quand le flot se brise I

Ils sont là debout, seuls, abandonnés; La falaise grise à vingt pas se dresse.

Sinistre rempart, morne forteresse, Où le corbeau fouille à cris obstinés.

Devant eux, la mer, immense, infinie, Mêle ses tons verts au sombre horizon ;

Son bruit éternel confond leur raison, Et leur voix s'en va dans cette harmonie!

Ea nappe de lait le flot ondulant Arrive à leurs pieds, s'étale et s'épanche, Fuit sans les toucher, et l'écume blanche Parmi les galets joue en s'écoulant.

Tout devient plaisir, tout ravit leur âge :

Le crabe égaré qui court sans dessein.

L'algue qui s'arrête au rocher voisin, La coquille vide abordant la plage.

Ils ont oublié l'heure du repas;

Ils ne songent plus au logis rustique;

Vainement, debout, du seuil domestique»

Leur sœur les appelle : ils n'entendent pas!

Ils sont toujours là, rangés sur le sable :

Leur blouse se gonfle au souffle du vent.

Ainsi jusqu'au soir les retient souvent Un étounement indéfinissable 1

Veules, 1861.

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