OU LE BARON DE KNIFAUSËN ET LE DOCTE ALOYSIUS SE RÉFUGIENT AU TEMPLE
— A tout prendre, laissa tomber le baron en montant un escalier au Temple, ce bâtiment n'est guère plus noir ni plus sombre que Knifausen.
— Un beau jardin, ajouta Aloysius.
— Le jardin de M. de Ghaulieu, où vous pourrez vous promener le soir, messieurs, dit l'homme qui montrait les chambres.
— Aloysius ne commencez-vous pas à trouver que cette bière des Gobelins est moins détestable que ma mère ne disait?
Aloysius, qui s'apprêtait à écrire son dixième chapitre du Voyageur de condition a Paris, traitant : Avec quelle circonspection il faut êt7^e de jour dans les rues, et si, au soir, on les peut passer seurement, — dressa subitement l'oreille. Dans la chambre à côté, on fouettait le Champagne et le bourgogne. Même une voix de femme chantait un petit vaudeville.
Et si bien le jeune baron s'habitua au bourgogne, au Champagne, aux petits vaudevilles, hM}^^ Gohnet, aux honnêtes banqueroutiers, au jardin de l'abbé de Ghaulieu; et si tranquillement Aloysius écrivit le chapitre : Avec quelle circonspection il faut être dam lesimes, et un autre chapitre, et encore un autre, — que le père du baron de Knifausen mourut de colère, et sa mère de chagrin.
LIVRESSE DE SILÈNE^