‹ Paillasse drame en deux actesChapitre 1 sur 33 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

TONTO, en costume de Taddeo comme dans la comédie, et passant sa tête par le manteau d'Arlec[ui7%^ — On entend frapper.

TONIO

Pardon ! Puis-je entrer ?

(s'avançant devant la rampe)

Mesdames, et vous, Messieurs, excusez-moi Si seul je me présente :

Je suis le prologue!

Ce soir l'auteur ici Veut adopter les vieux personnages, Et voulant adopter aussi Les vieux usages. Il m'envoie encor vers vous, Non pour vous dire, comme jadis :

î Nos larmes, nos plaintes,

Messieurs, sont feintes

De notre douleur et de tous nos sanglots,

Ne vous alarmez pas 1 Non, Fauteur a voulu surtout vous offrir Un tableau réel de la vie ; Il a pour seule loi que l'artiste est un homme, Et que pour les hommes il doit écrire En s'inspirant à la source du vrai

Un jour, comme un murmure, Dans son cœur chantaient les souvenirs : Avec de vraies larmes il écrivit,

Les sanglots rythmaient son poème ï Ainsi, vous verrez s'aimer Comme s'aiment les êtres humains ; Vous verrez de la haine surgir les maux, Les angoisses de la douleur, [jCS hurlements de rage, les rires cyniques; Et vous, plutôt que de regarder Nos vieilles loques d'histrions, Regardez au fond de nos âmes Car nous sommes des êtres Semblables à vous-mêmes.

Et de ce monde désert Nous suivons les lois impitoyables.

Vous verrez quel parti Tira l'auteur d'un sujet peu folâtre, Allons, place au théâtre !

[Il rentre et le rideau se lève,)

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