ACTE DEUXIEME
COLOMBINE
Mon époux n'est plus là ?
TADDEO (comme ci-dessus).
Non, sur ma foi.
COLOMBINE
Que fais-tu là, tout droit, comme un magot de Chme?
TADDEO
C'est la dinde, 0 Mélusine !
(II se précipdte aux genoux de Colombine, et lui offre avec les deux mains le panier. — Elle se rapproche )
Nous tombons, femme divine, A vos genoux !
Il est temps, il est l'heure, ô Colombine,
De m'ouvrir devant vous !
(11 pousse un gros soupir.)
Ah ! . . . vous f ais-je peur ?
Du jour...
COLOMBINE
(va à la fonctre, 1 ouvre, fait un signe, puis venant à Taddeo, lui arrache le panier et le dépose sur la table).
Qu'as-tu payé chez le traiteur ?
TADDEO
Trois livres six... De ce jour, dans mon cœur...
COLOMBINE (près de la table).
Ennuyeux rabâcheur !
TADDEO (à Colombine, avec intention),
Jeté sais pure... trop pure
0 chaste créature !
Oui, chaste... outre mesure.
(Arlequin enjambe la fenêtre, dépose près de la fenêtre une bouteille qu il a sous le bras, il s'avance à pas de loup vers Taddeo.^
Et ma torture^
Cruelle et dure, Dure !
Mon cœur ne cesse de saigner !...
Ah ! je souffre !
ARLEQUIN (il le prend par l'oreille et lui allonge un coup de pied)
Va te soigner !
(Le public rit).
TADDEO (remontant comiquement vers la porte à droite"».
Dieux bons ! dieux grands ! Ils s'aiment ! A merveille !
(A Arlequin et à Colombine, en étendant les mains).
Je vous bénis !.. . Et sur vous je veille !
(Il sort par la porte de droite. — Le public rit et applaudit), ^Ijne fois seuls, Arlequin et Colombine se regardent amoureusement, et avec une tendresse exagérée).