‹ Paillasse drame en deux actesChapitre 27 sur 33 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

COLOMBINE

Mon époux n'est plus là ?

TADDEO (comme ci-dessus).

Non, sur ma foi.

COLOMBINE

Que fais-tu là, tout droit, comme un magot de Chme?

TADDEO

C'est la dinde, 0 Mélusine !

(II se précipdte aux genoux de Colombine, et lui offre avec les deux mains le panier. — Elle se rapproche )

Nous tombons, femme divine, A vos genoux !

Il est temps, il est l'heure, ô Colombine,

De m'ouvrir devant vous !

(11 pousse un gros soupir.)

Ah ! . . . vous f ais-je peur ?

Du jour...

COLOMBINE

(va à la fonctre, 1 ouvre, fait un signe, puis venant à Taddeo, lui arrache le panier et le dépose sur la table).

Qu'as-tu payé chez le traiteur ?

TADDEO

Trois livres six... De ce jour, dans mon cœur...

COLOMBINE (près de la table).

Ennuyeux rabâcheur !

TADDEO (à Colombine, avec intention),

Jeté sais pure... trop pure

0 chaste créature !

Oui, chaste... outre mesure.

(Arlequin enjambe la fenêtre, dépose près de la fenêtre une bouteille qu il a sous le bras, il s'avance à pas de loup vers Taddeo.^

Et ma torture^

Cruelle et dure, Dure !

Mon cœur ne cesse de saigner !...

Ah ! je souffre !

ARLEQUIN (il le prend par l'oreille et lui allonge un coup de pied)

Va te soigner !

(Le public rit).

TADDEO (remontant comiquement vers la porte à droite"».

Dieux bons ! dieux grands ! Ils s'aiment ! A merveille !

(A Arlequin et à Colombine, en étendant les mains).

Je vous bénis !.. . Et sur vous je veille !

(Il sort par la porte de droite. — Le public rit et applaudit), ^Ijne fois seuls, Arlequin et Colombine se regardent amoureusement, et avec une tendresse exagérée).

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