LES HOMMES
Silence donc... Bavardes 1
SILVIO (à part).
Je me contiens à peine !.•.
CANIO (s'animant de plus en pluB>.
En toi j'avais remis mon espoir, ma tendresse,
Et je croyais ton cœur à moi !
J'avais sacrifié ma vie à ta jeunesse, Et j'avais confiance
Plus qu'en Dieu même, en toi ! !
Mais non, le vice seul habite dans ton âme ; Du cœur tu n'en as pas, la chair^ voilà ta loi! Je te hais, te maudis, ô créature infâme !
Et je veux sous mon pied
T'écraser sans pitié !
LE CHŒUR (presque crié).
Bravo !
NEDDA (froide, mais sérieuse)..
Eh bien !... si tu me juges indigne, Sur l'heure chasse-moi !
CANIO (riant d'un rire caustique).
Ah I ce cerait trop naïf vraiment !...
De vous laisser partir ensemble ! Drôlesse !
Non morbleu, tu resteras !
Tu me diras le nom de ton amant.
NEDDA (essayant de rentrer dans son rôle, et riant mais d'une manière forcée).
De votre fureur, cher époux.
Je suis vraiment surprise ; Calmez, calmez, ce grand courroux Car il n'est pas de mise .
(Allant vers la porte de gauche).