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différentes puissances signataires du traité de Vienne. Mais devons nous efforcer de conduire ces négociations, avec les différentes puissances européennes, de manière à préserver la paix générale.
1) Quant à moi, je ne vois pas l'avantage qui pourrait résulter de l'intervention armée en fiiveur de la Pologne. Je ne vois que con« fusion et calamité à la suite d'une telle interruption de la paix de l'Europe. Je ne vois pas quel objet net et défini le gouvernement anglais pourrait alléguer pour justifier l'adoption* de sa part d'une semblable marche. »
Ce discours de lord John Russell, prononcé le 10 juin 1863, n'est que la continuation de la réponse du roi d'Angleterre George III au dernier roi de Pologne Stanislas-Auguste, dalée de Saint- James, le 17 novembre 1772.
C'est dans cette lettre que George IIl s'exprime ainsi :
<c Je crains que ces malheurs ne soient arrivés au point de ne poovoir être redressés que par la main du tout-puissant. »
Si c'est la main du Tout-Puissant qui conduit la politique, redresse les malheurs et les iniquités, si la justice interrompue dans son cours le reprend d'elle-même, pourquoi donc payons-nous tous si chèrement une diplomatie inutile, des armées permanentes, des flottes cuirassées, etc.? Pourquoi ne nous en remettons-nous pas tout uniment à Tinlervention divine ? Tel n'est point l'avis de la Patrie : d'accord avec Y Opinion nationale et le Sièck, elle est plus que jamais pour l'intervention armée; en termes plus clairs, pour la guerre.
Pliis que jamais aussi, nous persistons dans la ferme conviction que l'intervention diplomatique n'aboutira à rien qu'à faire monter plus haut encore le flot de sang dans lequel se noie toute une génération héroïque, abusée par des espérances que la diplomatie ne peut pas partager. Hors la solution qui découle de tous les documents que nous avons interrogés, de tous les faits que nous avons étudiés, il n'y a pas de solution ! L'avenir le prouvera ; mais pour le reconnaître, faut-il donc attendre qu'il n'y ait plus en Pologne que des cadavres ?
26 juin 1868.
Si la diplomatie n'obtient de l'empereur de Russie rien de plus que ce qu'il eût fait sans elle; si TAngleterre et l'Aulrichey mises en mouvement par l'impulsion de la France, restent à mi-chemin ; si la France ne prend pas le parti d'intervenir seule en Pologne , au risque d'allumer la guerre aux quatre coins du monde et de renouer u^e coalition; si les souscriptions fort maigres, les sympathies fort bruyantes, les encouragements fort irréfléchis donnés aux Polonais n'aboutissent qu'à une plus grande effusion de sang, que faudra-t-il penser de la façon superficielle et presque dédaigneuse avec laquelle le ComUêuHonnel et ÏOpimon naiwnaU ont traité notre conclusion : là pologme libre DANS LA RUSSIE LIBRE? La liberté au lieu de l'oppression, la sécurité au lieu du meurtre et du pillage , la prospérité au lieu de la misère et de la dévastation, ne serait-ce donc rien?
Si les Polonais refusent leur consentement à l'œuvre laborieuse dont on connaît les Six Points, comment l'Angleterre, l'Autriche et la Russie s'y prendront-elles pour la leur imposer 7
Dans la voie où s'est égarée la diplomatie à la suite du journalisme, il n'y a point d'issue ; c'est pour l'avoir vérifié et reconnu qu'après avoir commencé {>ar demander l'indépendance d'un royaume de Pologne séparé, distinct, autonome, qui fût à la Russie ce qu'est la Belgique à la France, nous sommes revenu sur nos pas. A quoi sert de piétiner dans une impasse et d'opposer obstinément à la logique et à la force des choses l'inconséquence et la faiblesse des hommes? Ce que nous avons fait, sans retard et sans hésitation, par humanité, par sympathie éclairée pour les malheureux Polonais, qu'un espoir plus cruel encore que le général MourkwiefiT envoie à la mort, c'est ce que feront l'Angleterre, l'Autriche et la France... mais trop tard !