‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 98 sur 122 · SG · texte numérisé non relu

SG

D'où vient donc, messieurs, que vous soyez maintenant si pressés, Tayant élé si peu depuis six mois? Estimeriezvous qu'il faut moins de temps pour rédiger une Constitution unissant deux peuples, que pour clore une correspondance entre deux rédacteurs de dépêches luttant à qui des deux fera la dépèche qui embarrassera le plus l'autre ?

Si vous étiez si pressés de mettre un terme aux horreurs de la lutte sanglante à laquelle nous assistons, pourquoi donc, messieurs , ati lieu de combattre les énergiques conclusions du discours prononcé le 19 mars 1863 par le prince Napoléon, ne les avez-vous pas défendues ? Pourquoi donc avezvous attendu que les bandes armées de l'insurrection fussent presque entièrement dispersées ?

Puisqu'au lieu d'employer le temps, un temps précieux, à envoyer aux Polonais, en toute hâte, des armes et des renforts, vous l'avez perdu à expédier à Londres, à Vienne, à Turin, à Madrid, à Lisbonne, à Conslantinople, etc., des dépèches revenant pour repartir et repartant pour revenir, allant sans fin de Saint-Pétersbourg à Paris et de Paris à Saint-Pétersbourg, du moins ne découragez pas l'empereur Alexandre en lui jetant à la face ces mots :

ff Une Constitution commune à la Po1o(pic et à la Russie serait un palliatif tout à fait insuffisant. »

Moins de dédain, messieurs : ce n'est pas vous qui vous faites tuer !

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