‹ Paléographie musicale (volume 2)Chapitre 33 sur 157 · XII-XIII · texte numérisé non relu

XII-XIII

Trêves, Bibl. Mgr. Korum

Fleury

Troves, Ville 522

Est de la France

UDINE, Archevêché in-fol. 17

VERCEIL, Chapitre 56

Ivrée (?)

VERCEIL, Chapitre 124

Novalèse

Verdun, Grand Séminaire

Montiéramey

WlRZENBORN

Coblence

Liste des Manuscrits dont le dépouillement est résumé dans le tableau ci-contre.

Il suffit d'un coup d'oeil jeté sur ce tableau pour se rendre compte de l'unité vraiment remarquable du témoignage de tous ces manuscrits (i), d'origine et de date si diverses.

Malgré l'identité presque parfaite de ces séries, il apparaît cependant entre elles un certain nombre de divergences qui ont conduit à grouper les manuscrits d'après une dizaine de types bien définis dont la caractéristique essentielle consiste dans la manière dont elles se terminent. Jusqu'à la péricope 22, en effet, la similitude est à peu près parfaite entre tous ces types; mais, selon les cas, on trouve ensuite : soit la péricope 23, à laquelle s'ajoutent parfois une, deux ou trois autres lectures (types a, (3, --, 0, s, -/. et ).); soit la péricope E, suivie ou non des lectures 23 et 24 (types Z, rt et h).

En outre, il convient de signaler un point particulier sur lequel une certaine variété se manifeste, et parfois dans un même groupe de manuscrits : il s'agit de la lecture qui, dans la série, fait suite à la péricope 17. Dans tous les manuscrits dont le témoignage est ici résumé, cette lecture est constituée essentiellement par la péricope 18: Matth. XXII, 54-46, telle qu'elle figure actuellement au XVIIe dimanche après la Pentecôte; mais fréquemment on la trouve accrue du passage qui, dans l'évangile de S. Matthieu, la précède immédiatement : c'est la péricope A : Matth. XXII, 23-33 (2)5 n0Lls avons désigné la leçon ainsi augmentée par le sigle A+18. Parfois aussi, mais plus rarement, on trouve adjoint à la péricope 18, non plus le passage qui, dans S. Matthieu, la précède, mais celui qui la suit immédiatement : c'est la péricope F constituée par les douze premiers versets du chapitre XXIII; nous avons désigné la péricope ainsi augmentée par le sigle 18 + F.

(1) Il eût peut-être semblé plus logique, si l'on voulait limiter cet exposé à une catégorie seulement de manuscrits, de faire appel aux évangéliaires et aux lectionnaires plutôt qu'aux missels pléniers. Mais nous avons voulu recourir seulement au témoignage de documents que nous pouvions étudier directement, et non à des éditions dont plusieurs, surtout les plus anciennes, laissent beaucoup à désirer. Nous avons donc utilisé, pour cette enquête, la collection des reproductions photographiques des manuscrits réunie dans l'atelier paléographique de Solesmes (le missel B. N. lat. 818 seul a été collationné directement sur l'original). Composée à peu près exclusivement de manuscrits notés, cette collection ne comprend donc qu'un nombre infime de lectionnaires; on y trouve, au contraire, plus d'une centaine de missels pléniers (malheureusement la moitié d'entre eux comportent une lacune pour le temps après la Pentecôte) tous notés. C'est dire que leur groupement ne constitue pas un ensemble purement artificiel et dont le témoignage se trouve réuni uniquement pour les besoins de la cause, mais que nous avons là une image fidèle de l'ensemble de la tradition manuscrite, du Xe au XVe siècle.

Quelques-uns de ces manuscrits sont indiqués ici avec la cote qu'ils avaient dans les catalogues de certains libraires; dans l'ignorance où nous sommes du lieu précis où ils se trouvent actuellement, nous y avons ajouté la cote que porte leur reproduction photographique à Solesmes.

On objectera peut-être qu'en laissant de côté les lectionnaires, nous ignorons volontairement, dans la question présente, les témoins les plus importants parce que les plus anciens. Aussi bien ces témoins anciens ne sont-ils aucunement écartés; mais notre intention n'est, pour le moment, que d'opposer le particularisme de la tradition bénéventaine à l'unité massive de la tradition universelle : les témoins de l'Italie Méridionale n'étant pas antérieurs au Xe siècle, il était inutile de leur opposer dès maintenant des documents de beaucoup plus anciens. C'est dans la résolution du problème soulevé par la dualité de tradition que ces derniers auront à intervenir.

(2) L'erreur provient de ce fait que, le début de ces deux péricopes étant tout semblable, il était aisé de les confondre lorsqu'elles n'étaient indiquées que par leur incipit.

LA TRADITION BÉNÉVENTAINE. 135

Enfin, dans certains cas, l'évangile n'étant indiqué que par son incipit : Dixit Dominus Pharisacis (ou : Sadducaeis), il est impossible de savoir si l'on a affaire à la péricope 18, à la péricope A, ou à l'une des combinaisons dont nous venons de parler. Les parenthèses ou les crochets comprenant les indications [A -f] avant 18, ou ( + F) après, signifient qu'il y a parfois, dans un même sous-type, une certaine variété sur ce point. Pour que l'on puisse savoir exactement à quoi s'en tenir dans chaque cas particulier, nous avons indiqué, dans la première 1

colonne du tableau donnant la liste des manuscrits interrogés, le 2

groupe auquel chacun d'eux appartient, et, dans la seconde, la leçon 3

qui figure à la place de la péricope 18. 4

Parmi les missels ici étudiés, dix-neuf donnent la lecture i8; 3

dix-sept la lecture 18 + F; deux seulement la lecture A+18; pour cinq 6

d'entre eux, qui indiquent simplement l'incipit des lectures, il n'est pas 7

possible de savoir à quel type ils se rattachent. 8

Ceci posé, et si l'on veut bien faire abstraction des divergences purement accidentelles qui résultent de la juxtaposition à la péricope 18 10

de ces deux péricopes qui lui sont en réalité étrangères, le témoignage H

de la tradition apparaît d'une unité remarquable, et même, pour les 12

vingt-deux premières lectures de chaque série, d'une unanimité parfaite : 13

dans toutes les colonnes c'est, en effet, la suite continue des vingt-deux 1-i

premiers nombres qui commence chaque série. Aussi le témoignage 1-""'

de cet ensemble de manuscrits peut-il aisément être résumé en un 16

schéma très simple (fig. 24) dont la partie essentielle est constituée par 17

un tronc vertical unique composé des vingt-deux premiers nombres, [A + ] 18 ( + F) et ne comportant, avant le numéro 22, aucune ramification, mais 19

seulement l'indication des accroissements éventuels de la péricope 18. 20

Cette unanimité est bien troublée, il est vrai, par un manuscrit 21

(type a); mais ce missel franciscain n'est pas de ceux qui, en la 22

matière, font autorité; aussi son témoignage ne saurait-il 23 (a) E (Ç)

compromettre l'accord d'un tel ensemble de documents, 24 (p) E(e)23(T,)

tous singulièrement plus anciens que lui. Le seul intérêt d7y)~25 E (0) 24(6)

qu'offre ici le missel franciscain de Beuron est de nous A , >

présenter, dès le XIVe ou le XVe siècle, l'organisation qui p. 2

devait, par la suite, devenir définitivement officielle, en , . . . v ...

' r , La série des bvangiles des

raison de son adoption dans le Missel de S. Pie V. Elle Dimanches après la Pentecôte dans dérive tout simplement, on le voit, du type traditionnel, par les manascrits non-bénéventaim. la suppression de la péricope 1, et le transfert, à sa place, de la péricope 4. Cette dernière n'ayant pas été remplacée, il en est résulté le phénomène bien connu du glissement de toute la suite de la série, qui s'est trouvée ainsi, à partir de la péricope 5, en avance d'un degré relativement à l'ordre unanimement reçu, au Moyen-Age, dans tout l'Occident.

En face d'une telle unanimité, le témoignage des manuscrits bénéventains est bien fait pour étonner. Dans l'ensemble, la plupart des péricopes que nous connaissons s*y retrouvent, mais avec de telles perturbations dans leur agencement qu'il est impossible de ne pas en relever à part l'organisation assez originale.

Pour résumer le témoignage des manuscrits de. l'Italie Méridionale, nous avons donc dressé un tableau spécial (page 137) où figurent tous les documents qui nous renseignent sur la série de ces péricopes évangéliques : on y trouvera par conséquent, non seulement le témoignage de tous les missels pléniers, mais encore celui des évangéliaires, antiphonaires et bréviaires que nous avons pu étudier et dont nous donnons ci-dessous la liste.

Bréviaire-Missel plénier

Antiphonaire monastique

Page 1