XIII-XIV
Vienne, Bibl. Pal. 12865
(prémontré)
carrée
Wirzenborn
Coblence
allemande
WORCESTER, Cathédrale F. 160
Worcester
angl. carr.
LA TRADITION BÉNÉVENTAINE. 157
En principe, ce classement neumatique pourrait être entrepris sur la base d'un canon de variantes absolument quelconque; mais une semblable façon de faire aboutirait vite à une impasse. C'est qu'en effet la ligne mélodique s'est habituellement conservée avec une très grande fidélité. Aussi, en adoptant un canon de variantes choisi sans précautions, on est nécessairement conduit, l'expérience le montre, à constater entre les manuscrits une concordance à peu près parfaite, troublée uniquement par des divergences de détail sans intérêt pour le groupement des manuscrits, et par suite pour leur classement. Or, c'est précisément ce classement qu'il importe avant tout d'établir.
Ne doivent donc être retenues comme variantes utiles que celles sur lesquelles la tradition se divise nettement, les seules qui, dans la pratique, soulèvent de réelles difficultés lorsqu'on cherche à reconstituer le texte mélodique. Bref, un canon de variantes ne s'improvise pas; il ressort au contraire d'un examen déjà approfondi des faits, et se trouve comme automatiquement constitué par la série des difficultés auxquelles s'est heurté un premier essai de restitution.
En ce qui concerne le classement neumatique des manuscrits de X Antiphonale Missarutn, on comprendra que nous n'ayons retenu comme variantes utiles que celles sur l'interprétation desquelles il ne peut y avoir aucun doute; la plupart du temps, ce sont des neumes simples : virga, podatus, clivis, torculus(i).
Beaucoup de manuscrits n'ayant pas conservé les versets des offertoires, nous avons également laissé de côté les variantes relatives à ces versets.
Enfin, comme le nombre des variantes conformes aux conditions indiquées se trouvait relativement élevé, nous nous sommes borné à en retenir cent, dans l'ordre même où elles se présentent le plus habituellement dans les manuscrits; une seule a été empruntée au sanctoral : elle est tirée de l'introït Gaudeamus, parce que cette pièce se trouve parfois notée en plusieurs endroits d'un même manuscrit, et que l'on peut, en conséquence, remédier à certaines lacunes.
Nous devons ajouter que, certains manuscrits importants — le codex 239 de Laon par exemple — comportant des lacunes, nous n'avons pas retenu les variantes qui correspondaient à ces parties disparues, toujours dans le même souci de ne laisser subsister que le moins possible de causes d'imprécision dans le classement d'ensemble de la tradition.
(1) Nous avons donc systématiquement laissé de côté toutes celles pour lesquelles une interprétation plus ou moins justifiée, plus ou moins hypothétique, se serait imposée : un trigon, par exemple, est un groupe de trois notes dont la troisième est certainement moins élevée que la seconde; mais quelle est au juste la position relative des deux premières? il est impossible de le dire d'une manière certaine et indiscutée; tantôt le trigon est traduit par un torculus, tantôt par un pressus, et cela dans le même manuscrit, sans que des règles bien nettes aient pu encore être dégagées. Une variante qui se présente, dans certains manuscrits, sous la forme d'un trigon, est donc à écarter.
Il faut en dire autant, bien que pour une raison différente, de ce groupe d'ornement qu'est le quilisma. On sait que la note caractéristique du quilisma — presque toujours une note de passage — est tombée de très bonne heure, en sorte qu'on ne la trouve conservée dans les manuscrits que d'une manière très irrégulière. Adopter comme variante un groupe comportant un quilisma, c'eût été introduire dans le classement une source d'erreurs ou d'imprécisions qu'il était facile d'éliminer.
En tenant compte de toutes ces conditions, on est conduit à l'adoption d'un canon de cent variantes dont nous donnons ci-contre la liste (i). Sur ces cent variantes,
19 sont empruntées à 18 introïts :
Aqua sapientise (89) Audivit (26) Circumdederunt (16) Deus in loco (94) Deus in nomine (66; Dum clamarem (22) Ego autem in Domino (58) Etenim (12-13) Exspecta (74)
21 à 14 graduels :
Dirigatur (37)
Exsurge Dne non prœva'ieat (56-57) In Deo (60-61) Jacta (23-24) Miserere mei (21) Propitius esto (50-51) Protector noster (36)
7 à 4 traits :
De necessitatibus (42-43) Deus Deus meus (80)
19 à is offertoires :
Ave Maria (2) Confitebor tibi (73) Dextera Domini (14) Domine fac mecum (59) Domine vivifica (28) Immittet (46) Lœtentur (6)
34 à 23 communions :
Ab occultis (67)
Acceptabis (25)
Cum invocarem (38)
Domine Dominus noster (48)
Domine memorabor (71)
Dominus régit me (72)
Ego clamavi (93)
Erubescant et conturbentur (47)
Erubescant et revereantur (81-82)
In salutari tuo (100)
Jérusalem quse sedificatur (64-65)
Exsurge (17) Gaudeamus (15) Gaudete (1) Invocabit (31) Lex Domini (55) Misereris (20) Reminiscere (39) Resurrexi (88) Sicut oculi (35)
Salvum fac populum (49) Si ambulem (62-63) Tecum principium (5) Tribulationes (40-41) Unam petii (27) Venite filii (70) Viderunt (7-8)
Eripe me (86-87) Oui habitat (32-33)
Meditabor (44-45) Oravi Deum (95) Perfice (18) Portas caeli (90) Precatus est (52-53-54) Scapulis suis (34) Sperent in te (75) Tui sunt (9-10)
Laetabimur (68-69) Lavabo (78) Manducaverunt (19) Mémento (79) Mense septimo (96-97-98) Potum meum (83-84-85) Redime me (76-77) Revelabitur (3-4) Servite Domino (29-30) Spiritus qui a Pâtre (91-92) Tollite hostias (99) Viderunt (11)
Parmi ces 74 pièces, 14 sont du premier mode. 12 du deuxième, 4 du troisième, 15 du quatrième, 10 du cinquième, 8 du septième, et 11 du huitième; le sixième mode seul n'est pas représenté.
(1) Les leçons des principaux représentants des grandes écoles neumatiques (pour Saint-Gall il s'agit d 'Einsiedeln 121 et pour Bénévent de Vat. lat. 10673 complété par Bcnévent, VI. 33) sont précédées, à titre d'indication, du passage correspondant de l'Edition Vaticane ; sur la portée, le neume intéressant est toujours le neume central, celui qui surmonte la syllabe en caractères gras.
LA TRADITION BENEVENTAINE.