M-^PT
do- na nô- bis,
[do-na
no- dis] dô- na nô- bis
bis.
dô- na nô-
pâ-
cem...
dô- na nô-
bis,
dô- na nô- bis,
pa-
cem.
Voici vingt-deux accents au levé dans l'espace de quelques mesures. Nous verrons que le rythme donné par Brumel aux mots dona nobis ne lui est pas particulier; Palestrina, Morales, Goudimel, Guerrero, etc., l'emploient volontiers, ce qui implique une tradition, à laquelle du reste ils pouvaient aisément se soustraire.
Otto Kade, dans le cinquième volume de l'histoire de la musique d'Ambros, a publié quelques extraits du Credo de la « Missa /estivale » de Brumel; en voici une phrase très caractéristique :
Brumel. Credo de la Missa /estivale. Ambros. t. V. p. 149.
— qui
ex —
Pâ
tre
— Fi-
* li- ô-
que —
— pro-
— qui
ex —
Pâ
tre —
Fi-
* li- ô-
que —
pro
ce- —
— qui
ex —
Pâ
tre
— Fi-
* li- ô-
que —
pro- —
ce- —
— qui
* ex Pâ-
tre —
Fi- li-
que —
* pro- cé-
dit —
pro- —
ce- —
— cé-
dit —
qui —
cum
* Pâ-
tre
Fi- li-
* si-
mul
ad-
dit —
qui —
cum
* Fâ-
tre
Fi- li-
si-
mul
ad-
dit —
qui —
cum
* Pâ-
tre
Ff- li-
* si-
mul
ad-
dit —
qui —
cum
* Pâ-
trc
Fi- li-
* si-
mul
ad-
* râ-
* râ-
tur —
con
glo-
ri-
fi-
ca-
tur
râ-
tur —
con
glo- —
ri- —
fi-
ca-
tur
* ra-
tur —
con- —
glo
ri-
fi-
ca- —
tur
tur
con
glo
ri- —
fi- —
câ- —
tur
3° Antoine Févim (14...-15 ..)
«Célèbre contrapuntiste, probablement néerlandais, contemporain et rival dejosquin ... les Espagnols le tiennent pour un Espagnol, les Français pour un Français.» H. Riemann. — L'édition de M. H. Expert va nous fournir quelques exemples; nous les empruntons au Liber quindecim Mhsarum, Missa « Mente tota. »> Dans le Gloria choisissons deux phrases seulement :
Févim. Missa "Mente Tota" Gloria : Tu soins Altissimtis, p 82.
Cantus. -
frrT^
Tu sô-lus Al- tfs-si-mus, Altus. +
Tu sô-lus Al- tfs-si-mus, Ténor.
Bassus.
Tu sô-lus Al- ti's-si-mus,
Tu sô-lus Al- ti's-si-mus,
Févim. Missa "Mente Tota" Gloria : In gloria Dei Patris, p. 83-84.
Cantus. *
HÉUfeUH
Altus.
.. in glô-ri- a Dé- i Pâ-
tris.
SEg^
Ténor.
in glô-ri- a Dé- i Pà-
tris.
A-men.
rcz-n
— i J 1 j jj^=t=r-rT-r:
Bassus.
. . in glô-ri- a Dé- *
i Pâ-tris.
fe££
lI f H^
in
glô-ri- a Dé- i Pâ-tris.
L'ACCENT LATIN ET LES MAITRES DES XVe, XVIe, XVIIe SIÈCLES
¥=ftH=£^
men. In glô-ri- a Dé- i Pâ-
tris.
A- men.
^^FP^gNi^
In glô-ri- a Dé- i Pâ-
^TTryr^
tris.
men.
men.
In glô-ri- a Dé-
i Pâ-tris.
men.
M*~TTTT t^=^=^t~r-rr-
men. In gl6-ri- a Dé- i Pâ-tris. A-
En tout, dans cette pièce, cinquante-trois accents au levé. Dans le Credo nous relèverons les trois passages suivants :
Févim. Missa "Mente Tota" Credo : Per quem omnia, p. 91
Cantus. *
men.
rj 1 j.--=?=^j 1 J j-3
Altus.
per quem 6mni- a fâ-6la sunt.
E=L^UqiJ j j | j j -,]
Ténor.
per quem ômni- a fâ-6t.a sunt.
Rassus.
per quem ômni- a fâ-£r.a sunt.
mE±Ei=à
per quem ômni- a fâ <5ta sunt.
Févim. Missa "Mente Tota" Credo : Et ascendit ... sedet, p. 96-97.
Cantus. m. *
PP3
êeê
Altus.
Et ascén- dit in
csé- lum : se- det ad déx- te-ram Pâ- tris.
lUfe^ÉSP
Et ascendit
in cà>
lum : se det ad déx- te- ram Pâ- tris.
Ténor.
Bassus.
gfe=E
Févim. Missa "Mente Tota" Et expeâlo ... p. 106-7.
Cantus.
^gN^m^-^4^ > ÎBë
fce^È
ÎEÈS
Altus.
Et expé6lo re- surre6li- 6- nem mor-tu- 6-
rum.
feii-Jjlj r^TTTjT^^^^^^tflj^
Ténor.
Et expéfto re- sur- refli- 6-
nem
mor- tu- 6-
rum.
rp=^
tr=p Jip^te£p J j m
Bassus.
Et expé-6to re-surre-6li-6-nem mor- tu- 6-
an rum.
t=rr-HH^rFTTTt=tf^
^\rrz^L
Et expé-6to re-surre-éti-ô-nem mor- tu- 6- rum.
En tout, trente-huit accents au levé ; c'est peu, mais ceci s'explique par les vocalises et les longues tenues placées sur les accents toniques. De plus, les quatre voix, au lieu de répéter ensemble les mêmes paroles, se divisent, se groupent deux par deux et se répondent. Cet arrangement réduit le nombre des mots et des accents. Ainsi le Gloria est à deux voix pendant soixante quatorze caselles environ sur cent cinquante-quatre, et le Credo pendant cent trente-cinq sur deux cent quatre-vingt-trois.
Nous avons cité les exemples tu solus et per que m omnia, à cause de la coïncidence de l'accent avec une croche. La force au levé peut donc, sans inconvénient, être aussi rapprochée que possible du baissé faible. Nous avons constaté le même fait dans la musique instrumentale. (Cf. ci-dessus exemple de Mendelssohn, p. 30, et exemple de Beethoven, p. 31.)
Remarquer aussi, dans la phrase et expeclo, les accents secondaires du long mot resurreclionem placés au levé, tout comme l'accent tonique.
4° Pierre De la Rue (14... -15...)
« La Rue (Pierre de) l'un des plus illustres contrapuntistes des Pays-Bas, au XVe- XVIe siècle, contemporain de Josquin et, comme lui, élève d'Okeghem. Dates de naissance et de mort inconnues..., mais on sait qu'il fut, de 1492 à 1510, chantre de la Chapelle de la cour de Bourgogne... La Rue n'a peut-être pas d'égal dans l'art du contrepoint en imitations, poussé jusqu'à ses plus extrêmes limites, mais ses œuvres ne sont pas pour cela dénuées de tout sentiment, ni de toute grandeur. » H. Riemann.
De cet auteur nous n'avons sous la main que la Messe Ave Maria publiée par M. H. Expert, Liber XV Missarum.
Le Gloria, à quatre voix, contient quarante accents au levé ; le Credo, à cinq voix, quatre-vingt-dix. Ce nombre plus considérable provient, non de ce qu'il est à cinq voix, mais de son caractère plus syllabique que le Gloria. En effet, pendant les vingt-sept pre-
L ACCENT LATIN ET LES MAITRES DES XVe, XVIe, XVIIe SIECLES
mières caselles le cantus & Yaltus chantent seuls; ensuite les trois autres voix se réunissent aux premières, mais le ténor priinus tout le long de trente-quatre caselles distribue lentement sur de longues tenues les syllabes des mots Ave Maria, gratia plena, Dominas tecum, et ne prend les paroles du symbole qu'aux mots descendit de cœlis. En somme cette voix, à cause de la largeur de sa mélodie et de ses longs silences, ne fournit à la liste des quatre-vingt-dix accents au levé que cinq ou six unités.
Voici deux passages du Credo que nous livrons à l'étude du lecteur :
P. De La Rue. Missa "Ave Maria" Credo : Et ex Paire p. 97-98
Cantus.
^E^^EEËEEfcj^Ei
=t=ï=t=ç=t=£î YTH
Altus.
Et ex Pâ- tre nâ-tum
an- te ômni- a
sa±- eu
afc — i