‹ Paléographie musicale (volume 3)Chapitre 56 sur 119 · W =TO · texte numérisé non relu

W =TO

Nô- tas mi-hi fe-cf- sti vf- as

Magna est

SSÈ

Mâgna est etc., etc., etc.

Il nous semble qu'il faudrait être vraiment insensible aux délicatesses du rythme pour ne pas sentir l'élan (mélodique, dynamique et rythmique) irrésistible de l'accent tonique dans les intonations suivantes :

Ant

— *~fT ~

la

Vidétemâ-nus mé-as... &c.

La-pi-da- vé-runt...

Se-pe - li- é-runt...

Obtu- lé-runt...

Et nunc ré-ges...

In pâ-ce...

De frûctu...

De df-sti...

Vi-dé-te ma- nus mé- as... &c.

La- pi- da- vé- runt...

Se- pe- li- é- runt...

Ob-tu- lé- runt...

Et nunc ré-ges...

In pâ-ce...

De frûctu...

De di-sti...

Toute la spiritualité, la gracieuseté et la légèreté de cette mélodie est perdue si on rythme comme il suit :

Ant. De frûctu De- di-sti Obtu- lé-runt

De frûctu

De- di'-sti

Obtu- lé-runt

Ou pire encore, comme quelques-uns le voudraient :

Ant. Obtulé-runt

Obtu- lé- runt

Non pas que cette mélodie ne puisse s'adapter à ce dernier rythme ; mais alors il lui faut d'autres paroles :

Ant. In loco pâscu- ae Qui- a vi-di'-sti me

ÉJUU^=#g

In lô-co pâscu- ae Qui- a vi- di'-sti me

Lorsque nous parlons de brièveté de l'accent, il ne faut pas se méprendre sur notre pensée. Nous n'entendons nullement prétendre qu'il faut passer plus rapidement sur la note accentuée que sur les autres notes. Chanter ainsi :

Dô-mi-nus Dé- us

serait entièrement contraire au bon goût. Ce que nous voulons affirmer c'est qu'on ne doit ni frapper, ni écraser l'accent, mais au contraire l'enlever avec grâce et légèreté. Ce procédé n'empêche nullement de lui donner une certaine ampleur, exigée parfois par la place qu'il occupe au sommet de la mélodie et du rythme, comme dans cet exemple :

Vi-dé-te mânus mé- as

Il faudrait avoir peu de goût et de sens musical pour chanter l'accent de méas avec précipitation et raideur. Cet accent, placé au sommet dynamique, mélodique et rythmique de Tincise, doit au contraire s'arrondir légèrement pour permettre à la voix de retomber doucement et sans secousse sur la syllabe de repos qui suit immédiatement.

Tous les exemples que nous venons de donner ne nous fournissent qu'un seul accent unaire dans le cours d'une incise ou d'un membre de phrase; les cas de ce genre sont innombrables; nous les négligeons afin de signaler plus spécialement les répétitions coup sur coup du même fait sur des mots se succédant dans une même division rythmique.

ly". Ecce vidimus

non habéntem spéci- em

Liber Gradualis

P- 73i Corn.

— — = —rt . —

Lûtum fé-cit ex spûto Dôminus

et lini'-vit... &c.

SE

ES

non ha-béntem spé-ci-

em

Fjp=j^ j-jp jijl£u-j;

^fe

li-nf-vit.

Lu-tum fé-cit ex spû- to Demi- nus et

LE RYTHME ET LE MOT LATIN

Com. ,

Quicûmque féce- rit voluntâtem

Pâtris mé- i fpse mé- us

frâter, et sôror. . ,

ssass

Qui-cûmque fé- ce- rit vo-lun-ta-

gg^S^E^Sg^

tem Pâ- tris mé- i

ipse me-

us frâ-ter, et sô- ror.

Ant.

Fâctus est adjûtor mé-us Dé- us mé- us.

£g^^^g=fe5g

Fâctus est ad- ju- tor mé- us Dé- us mé- us.

Ant. «

Tu pû-er Prophéta Altfssimi vo-

câberis : Prae-i'bis ante Dôminum

parare vi-as e-jus.

Jl-JUl

izfznï

Tu pu- er Pro- phé- ta Altis-si- mi

=#=HpH,-f— P=3

tj=t>=tr-=t»=^ti=

vo- câ-be- ris : prae- î-bis ante D6mi-num

ËÉS^ÉS=ïè3

pa-ra-re vi- as e- jus.

Rép.

Quem dicunt

ISl

. . Tu es Chn'stus Fi'-li-us Dé- i

43v rr1~r~a~Vi~~*~iv ■ a. ■

vi- vi. Et ego dico tîbi. . .

ÉBggËg^axjaijrJâ

...Tu es Chn'stus Fi- li- us Dé- i vi-

Et é- go di-co ti-bi.

Responsoriale.

bi

' \ ■ f**-rf

in terris quis apparu- it?

-&— L J-Us:

in terris quis ap-pâ-ru- it ?

Responsoriale .

Hôdi-e... in Jordâne... baptizâ-

> *nJ

to D6mi- no FMi-usmé-us

diléctus :

ig^^ji^

H6- di- e ... in Jordâne... bap-ti- zâ-

Jn^j!y^^^=s^±^.

to D6mi- no... Fi- H- us mé- us

J~J J' JIO^

di- léctus :

kfc

.. éte-nim Pâscha n6strum

epulémur...

iV PÊ

.. dfcit Dômi- nus: Estôte ergo

e ■ ■ % iv

sffe

prudentes sicut. ..

ri

tF ■ ■

■ p^lpi*. .

Isti sunt

viri

sâncti quos

elé-

git Dôminus

... nec terrénae dignitâtis...

et

super

plébem mé-am,

pn'n-

ci-pem.

j1J;T3J' jjn^nS^nju

ét-e- nim Pâscha n6strum

Lh li'j

e-pu- lémur

j) JUSSJEJf^lN--^

.. di'cit Démi-

nus : Esté- te er- go

Ë^g^gBTfTtrT

prudentes

si- eut..

àxjijfl j^bs^

Is- ti sunt vi- ri sâneti

quos

^=at=J

e-lé-git Domi- nus

J^iÉlœ^

nec ter- ré-nae digni- ta- tis.

|^3^fa^^d

... et sû-per plé-bem mé- am,

prm-

ci- pem.

LE RYTHME ET LE MOT LATIN

P-98 jf

Com.

Dômi- ne Dé-us mé-us...

Dômi- ne Dé- us mé- us.

Responsoriale .

Ecce Dé-us nôster

|Pt5^J-J-^p^

Ecce Dé- us nôster...

^=XH

Chrfstum nâtum, qui be-âtum

ET

hôdi-e coronâvit Stéphanum

Chn'stum nâ-tum,

qui be- â-

Hifeg^l^!Ii

tum hô- di- e co-ro- nâ-vit Stéphanum.

Liber Gradualis.

— fir

♦zhbzz:

■ ifîv~v

in vâsis sû-is cum lampâdi- bus

^j^Jr^^ J JkSSBP

in va- sis su- is cum lampâ-di-

bus.

Mémento vérbi tu- i sérvo tû-o

-J»»-rt-

Dômi- ne.

j^S^S^^faTJ-T^

Memén- to vér-bi tu- i sérvo tu- o, Dô-

mi-

ne.

-Ë-ftr

Crux fidélis... Nûlla si'lva tâlem

prô-fert Fronde, flô-re, gérmine.

Dûlce h'gnum dûlces clâvos, dûl h

-fa-

ce pondus sûstinet.

SSS33Ï=3

Crux fidélis... Nûl-la sflva ta- lem prô-

fert Fronde, flo- re, gérmi-ne.

Dûl-

ce h'gnum dûl-ces clâ- vos,

é é~ dûlce

pôn-dus sûsti-net.

Il faut attirer l'attention du lecteur sur le mouvement ternaire

que nous avons rencontré si souvent dans les exemples ci-dessus. Ce mouvement est un des rythmes favoris des anciens qui en font usage dans tous les genres de mélodie. La note unaire est toujours au levé de ce mouvement; mais elle peut être forte ou faible selon les cas.

Dans l'exemple Mémento, les cinq notes unaires correspondent à cinq syllabes accentuées, fortes par conséquent :

Si l'on voulait alourdir le mouvement gracieux de ces rythmes il n'y aurait qu'à frapper chacun de ces accents.

SXïl/3

Mémento vérbi tu- i

servo

tu- o Dômi- ... &c.

Dans l'exemple « in vasis suis »(page précédente), nous trouvons quatre notes unaires, dont trois appartiennent à des syllabes accentuées; une seule, à une syllabe atone cum.

Voici un autre exemple où il y a deux syllabes accentuées et deux atones :

Non surré-xit mâ-jor Jo- ân-ne Ba-pti'-sta.

3P3ggp£=É

«3^É2EÏ

En mettant, dans tous ces cas, l'accent régulièrement au frappé, c'est détruire le mouvement iambique voulu par le compositeur.

Non seulement Yaccent tonique, avec sa note unique, se révèle à nous bref et léger, dans les exemples précédents ; mais mieux encore, l'accent secondaire lui-même n'est pas traité autrement ; il ne porte qu'une seule note, et la syllabe suivante est chargée d'un groupe.

Les exemples abondent; nous en donnerons un assez grand nombre à cause de l'importance capitale de ce fait.

LE RYTHME ET LE MOT LATIN

Accents secondaires et toniques unaires.

Intr.

Victricem

... lauda-vérunt

feËË

fc

... lauda- vé-runt

Intr.

Ego autem

in tua mise-ricôrdi-a

j^^=Qg£feS^

in tua mi-se-ri- côrdi- a

Intr. t

De necessitatibus ~

fr .9-

Intr.

Dominus illuminatio

vide humi-li- tâtem

infirmâ-ti sunt

fi) 'Jj é JTy J fj-*~

vide hu- mi- li- tâ-tem

in-fir-mâ-ti sunt

Intr.

Ne timeas

exaudfta est

ps^rciTtgr^

exau- di- ta est

Intr.

Dominus

illuminatio

illuminâti- o

il-lumi- nâ-ti- o

Intr.

Intr.

Cum

sanctificabo

clama-vérunt

— r^-ftg-

... congregâbo

jg^ï

clama- vé- runt

pEîz^t^m

... congre- gâ-bo

Intr.

Redime me

fc-HHS-

benedi'cam

fe=^ËS

be-ne- di'-cam.

Intr.

Lex Domini

TT^-irr

sapi- énti-am

tS±m

sa-pi- énti- am

Intr.

Protexisti me

] ' M»>— fte-

operân-ti- um

|XîIXg£S^

ope- rânti- um

Intr.

Benedicta sit

confi- tébi- mur

^gg^F^P

con-fi- té-bi-

mur

Intr. Vultum

ttCX

adducéntur tf-bi

fesa

addu- céntur ti- bi

Intr.

Reminiscere

domi-néntur nôbis

JN^ffl"ffi

do-mi- néntur né- bis

Intr.

In voluntate

conti- néntur

É^SJgjij^i

conti- néntur

Intr.

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