L'ascie.nne Jérusalem
La ville de Jérusalem est située à 31" 47' lat. jN. et 33" long. E. au point !e plus élevé des montagnes de la Judée, sur les anciennes limites des cantons de Benjamin et de Juda. La montajine qui sert d'assiette à la ville, descendant en pente vers le nord , est entourée a l'est, au midi et à l'ouest, de profondes ravines, au delà desquelles se trouvent des montagnes plus élevées, de sorte que la ville ne peut être vue de loin. On y distinguait autrefois trois collines, l'une au sudouest, la plus étendue et en même temps la plus élevée : c'est le mont Sion , le fort des anciens Jébusites, qui ne fut conquis que sous le règne de David. En face du Sion, au N. E., se trouvait une colline moins élevée, en forme de croissant , dont les Hébreux avaient probablement pris possession dès les premiers temps de la conquête, et où la ville s'agrandissait de plus en plus depuis le temps de David =>. Un poète sacré a dit (Ps. 48, V. 3) : // s'élève magnifiquement, délice de toute la terre, le mont Sion; du côté du nord est la ville du grand roi. La seconde colline ne porte pas
' L. 2, ch. 159; 1 3, ch. 5.
» C'est peut-être cette partie de la ville , qui daus la Bible est désignée sous le nom de ~2'C7a Sfcunda. yo\. 11 Rois, 22, 14; II rfirou. 34,22; Sophonia, 1, 10-
de nom parlindier dans Lt Bible; plus tard la citailelle qu'y avait éle« \ée Antiocbus É|)iphane lui (it donner le nom d'Aera (à/.pa). Sion fut appelée la haute rillc , Acra la basse ville; elles étaient séparées l'une de l'autre par un vallon qui , courant du nord-ouest au sud est vers la fontaine de Siloé , aboutissait dans la vallée de Kidrôn (Cédron), et s'appelait, selon Josèphe, le vallon des fromagers ( tmv rjpoTroKov tpapa-^^ ), Au sud-est d'Acra était une troisième colline, appelée Moria • , sur laquelle était assis le temple. Elle était d'abord séparée delacoUined'Acra par une large vallée ; mais le prince maccabéen Simon, tjiii rasa la citadelle d'Antiocbus, fit aplanir l'Acra et combler la vallée , de sorte que les deux bauteurs de IMoria et d'Acra n'en formèrent plusqu'uneseule». A l'ouest, ou plutôt au S. O du temple, il y avait, sur la vallée de Tyropœon ou des fromagers , un pont qui conauisait a l'angle N. E. du Sion, où se trouvait une plate-forme, appelée A'ystus^.
' Selon la tradition , c'est ce môme mont Moria, sur lequel Abraham voulut offrir en sacrilice son lils Isaac.
» Ainsi les trois collines de Jérusalem n'en formaient que deux: Duos colles, immeiisum éditas, claudehant mûri. Tacit. Hist., V, II.
3 II parait que Moria, à l'occident, regardait Acra et la partie N. E. du mont Sion. Selon d'Anville ( Dissertation sur l'étendae de l'ancienne Jérusalem et de son temple), le côté occidental du Moria regardait .4cra, et le pont qui conduisait au xystus du mont Sion se trouvait du côté du midi. Mais cette opinion est réfutée par deux passages que nous trouvons dans les ouvrages de Josèphe. Dans les Antiquités ( 1. 20 , ch. 8, § II) Josèphe raconte que les prêtres firent élever un mur à l'occident du temple, pour empôpher le roi Agrippa II d'observer les cérémonies sacrées du haut de son palais qu'il avait fait construire près du xystus. Le même auteur racontejdans la Guerre des Juifs (1. 6, ch. 6, § 2) que, après la conquête de la basse ville et du temple, les Juifs retranchés sur le Sion demandèrent un entrelien à Titus , et que celui-ci se présenta du côté occidental du temple ( v.a.'zà. tô upôç Sûffiv \Liçtoç,) ; car, ajoute-t-il, il y avait là sur le xystus dea portes et un pont qui joignait la haute ville avec le temple.
Ces passages de Josèphe peuvent aussi servir de réfutation à l'opinion émise par
Les trois collines que nous venons de nommer formèrent depuis David et Salomon remplacement de la ville de Jérusalem. Quant au mont Moria, il n'avait été d'abord qu'une colline irrégulière , dont la surface n'aurait pas sui'li pour toutes les constructions dépendantes du temple. Salomon fit élever un mur du fond de la vallée de l'est et remplir de terre tout l'espace intérieur, pour augmenter ainsi l'aire de la colline. Le mur était d'une hauteur de 400 coudées (v. Jos. Antiq. 1 . 1 8, ch.3,§9). Dans la suite des temps, des constructions immenses furent encore entreprises pour agrandir la colline et en soutenir les côtés (v. Guerre des Juifs, 1. 5, cli.5, § 1). La surface ainsi encadrée formait un carré d'un stade en long et eu large.
Au nord du Moria il y avait une quatrième colline, qui, sous Agrippa I*% futjointe à la ville par un agrandissement de son enceinte, et qui s'appelait Ikzet/ia ' ; le quartier qui l'entourait fut appelé la Villeneuve. De ce côté la ville était beaucoup moins fortiliée par la nature; aussi de tout
Clarke, et adoptée par Ritter (Erdkttnde, II, 406 ft suiv. ), selon laquelle le Tyropœon de Josèplie serait la vallée de Hinnorn de la Bible. Ce qu'on appelle maintenant le mont Sion ne serait alors qu'une partie de l'Acra, et le véritable Sion serait une autre montagne au midi de la vallée de Hinnorn. Celte opinion , qui changerait toute la topographie de l'ancienne Jérusalem , est d'ailleurs en opposition avec deux passages de Josué (ch. 15, V. 8, etch. 18, V. 16; desquels il résulte que la vallée de Hinnorn était au midi de la ville des Jébusites, c'est-à-dire de Sion.
» Selon un passage de Josèphe { Guerre des Juifs , l. 6 , ch. 4 , § 2 ) le nom de Bezelha signifierait liZ/e-neui-e (xaiviî TtoXi; ) ; mais il n'existe aucun mot hébreu ou chaldaique, ressemblant a Bezetha, qui ait ce sens-la. Dans d'autres endroits Josèphe écrit Belhzitho {^rfiX,ri^û)) , village près de Jérusalem <A.nliq., l. 12, ch. 10, S 2, et ch. Il, § 1.) Les mots kcth-zètha, par abréviation Bezétha, ne peuvent signilier autre chose que plantation on j(trdin d'oliviers. Ainsi, ((ans la version syriaque du Nouveau Testament (Act.des Ap. 1 , 12, lemot£Àa'.à)v,o/i);e/«m, est rendu par Bilh-zéthv. Je ne doute pas que le passage ou Johèphe parait rendre ces mots par ville neuve, ne soit tronqué; cet auteur, dans le 2' tt\rt' de la Guerre des Juifs (ch. 19, § 4), distingue lui-même Bezetha de la ville neuve.
temps les sièges de Jérusafem se faisaient-ils du côté du nord. Des trois autres côtés les profondes ravines la rendaient inexpugnable. Celle de l'est s'appelait la vallée de Kidron, du nom du torrent qui la parcourt, ou la vallée deJosaphat{So't\, ch. 4, v. 2 et 12), nom qu'elle porte encore aujourd'hui; elle a environ 2000 pas de longueur et elle sépare Jérusalem de la montagne des oliviers, qui est à l'est. La ravine du midi s'appelait vallée de Hinnorn, ou dufils de Hinnorn (Gué Ben-Hiunôm); à l'uue des e.xtrémités de cette vallée se trouve la source de Siloé, ou deGuihon, au pied du Moria et au S. E. du Sion. La ravine moins profonde de l'ouest s'appelait vallée de Guihon.
Les différents quartiers de Jérusalem furent, à différentes époques, entourés de murailles. Josèphe en distingue trois: la première, appelée la plus ancienne, environnait Sion et une partie du Moria ; la partie du nord commençait au nord-ouest de la tour nommée' Hippicos (du nom d'un ami du roi Hérodes, tombé dans un coiiibat contre les Parthes)', s'étendait de là au xystus et aboutissait au portique occidental du temj)Ie; elle séparait ainsi la haute r/Z/e d'avec la basse. A l'ouest, partant de la tour Hippicos, la muraille passait par un endroit appelé Bethso , jusqu'à la porte dite des Esséniens;de la elle tournait au S. E.
et environnait totit le midi de Sion jusque vers la source de Siloé; puis elle tournait au nord, et auK. E., traversait la place appelée Ophia», et venait aboutir au portique oriental du temple, de sorte qu'elle enfermait, outre le Sion, tout le côté méridional du Moria.
La deuxième muraille commençait
' La tour Hippicos se trouvait à peu près à l'endroit, ou est maintenant la tour de David.
» Ophln ou Ophel est le nom d'une plate de Jérusalem et non pas d'une colline, comme l'ont cru plusieurs auteurs. Le mot hébreu Op/iel parait signifier lieu élevé , fortifié par l'art, tour. La place Ophla était située au midi du temple. Voy. Reland, Palaest., p. 855; d'AnvilA;, Dissert., g 2.
L'UNIVERS
à la |)orte de Genatk ou des jardins , «jui se trouvait dans la [iictiiière muraille à l'est delà tour Ilippicos. S'avaiioaiit delà vers la partie septentrionale de la ville, elle tournait ensuite vers l'f'st et venait aboutir au château Antoiiia, qui llancjuait l'angle N. O.
du ternpie.
La troisième rmiraîlle, coininençant à la tour Hippieos, s'étendait en droiture vers le nord jusqu'à la tour Psephina. Se tournant ensuite vers l'est, elle passait devant le tombeau d'Hélène • qu'elle laissait au nord , traversait \^s grottes royales, et se repliant enfin vers le midi, elle venait se joindre à l'ancienne muraille daus la vallée de Ridron. Cette troisième muraille ne fut commencée que sous le roi Agrippa F""; elle avait 25 coudées de hauteur et 10 coudées d'épaisseur.
Les murailles étaient construites obliquement ou en zigzag *, et garnies d'un parapet crénelé. De distance en distance elles étaient flanquées de tours : dans les Psaumes (48,13) on parle des tours de Sion;le roiOuziaen lit élever à plusieurs portes de Jérusalem (2. Chron. 26, 9). Dans les temps anciens une des plus importantes était, sans doute, la tour de Hancmpl, mentionnée par Jérémie (31, 38),Zacharie (14, 10)etNehemias(3, l,et 12,39); ce dernier nomme aussi la lour Méah et celle des fours (3, 11; 12, 38).
Dans les derniers temps les trois nmrailles avaient 164 tours, dont 90 se trouvaient dans la muraille extérieure, éloignées de 200 coudées les unes des autres; dans la deuxième muraille on en comptait 14, et dans l'ancienne 60.
Elles avaient pour la plupart vingt coudées de largeur, et elles étaient élevées d'autant de coudées au-dessus de la muraille. Josèphe nomme, comme tours principales, Hippicos,
' Hélène était mère d'Isates, roi d'Adiabène , qui embrassa le judaïsme , ainsi que l'avait tait sa mère. Celle-ci rendit de grands services aux Juifs dans la famine qui eut lieu sous le règne de l'empereur Claude. Voy. la partie historique de cet ouvrage.
* Selon Tacite : per artem obliqui , aut introrsns sinuati , ut latera oppiignantium ad ictus paiesccrent. Hist. , V , II.
Phasaël, Mariamne et Pséphinos »; les trois premières se trouvaient dans la partie septentrionale de l'ancienne muraille, en allant de l'ouest à l'est; la dernière, comme on l'a vu , était dans la troisième muraille, à l'extrémité N. O. de la ville. KUe était octangulaireetd'une hauteur de70coudées; du haut de cette tour on pouvait voir l'Arabie à l'est et la Méditerranée à l'ouest.
Les portes de l'ancienne Jérusalem sont nommées dans différents passages (le la Bible, surtout dans le livre de Nehemias; mais il est impossible de bien fixer leur position respective.
Ce que plusieurs savants, d'ailleurs peu d'accord entre eux , ont dit à ce sujet, repose sur des hypothèses bien vagues; l'illustre lleland lui-même n'a cru pouvoir rien dire de positif, et il s'est contenté d'une simple nomenclature. Nous énumérons ici les portes de Jérusalem dans l'ordre qui est, sinon certain, du moins le plus probable, en partant du nord-est, et en allant de là à l'ouest, au midi et à l'est , pour faire le tour de la muraille.
1. La porte dite ancienne ou Première, au IV. E.; 2. la porte d'Éphraim ou de Benjamin au nord, conduisant dans les cantons de ces deux tribus; 3. la porte de l'Angle », au N. O., à unedistance de quatre cents coudées de la précédente; 4. la p. de la Vallée, à l'ouest , conduisant probablement à la vallée de Guihon et à la source du Dragon (IVehem. 2, 13); 5. la p. des Ordures au S. O., à mille coudées de la précédente (ib. 3 , 13) : il paraît que c'est la mênje qui plus tard fut appelée la porte des Esséniens; 6. la p. de la Source, au S. K. ainsi nommée de la source de Siloé (?). Peut-être est-ce la même que Jérémie (19, 2) appelle Harslth (p. de la Po-
' Phasaël était le nom du frère d'Hérode, tombé à la prise de Jérusalem par Pacorus, général des Parthes. Mariamne était le nom de la reine. On peut voir la description de ces différentes tours , dans Josèphe, Guerre des Juifs, 1. 5, ch. 4, S 3.
* La porte de l'an f/ le n'est pas mentionnée par Nehemias ; niais on en parle 2 Rois , 14, 13, et dans quelques autres passages.
terie) et qui conduisait à la vallée de Hinnôm. Au midi, où le mont Sion était inaccessible, il n'y avait probablement [las de portes. Il nous reste encore cinq portes , qui devaient se trouver à l'orient, ou au S. E. du temple en allant du midi au nord ; ce sont : 7. la porte de l'Eau; 8. la p. des Chevaux; 9. la p. de la Revue ou du Recensement (Vulg. porta Judicialis, Nehem. 3,31); 10. la porte des Brebis; 11. la p. des Poissons'. — La porte de la Geôle (Nehem. 12, 38) était, à ce qu'il paraît, une des portes du temple.
La mesure de l'enceinte de l'ancienne Jérusalem, après la construction de la troisième muraille, était, selon Josèphe, de trente-trois stades, qui, selon le calcul établi par d'Anville, font 2,493 toises 2 pieds. On pourrait donc s'étonner de lire dans Josèphe, que , pendant le siège de .Térusalem par Titus , onze cent mille hommes y perdirent la vie. Hécatée d'Abdère cité par Josèphe {contre Apion, 1. 1, ch. 22) fixe le nombre des habitants de Jérusalem , au temps d'Alexandre le Grand , à environ 120,000. Cenombre variait sansdoute aux différentes époques, mais on ne trouve nulle part des données positives à cet égard.
Quant aux rues de Jérusalem, la Bible n'en nomme qu'une seule, c'est la rue des Boulangers {Jerem. 37 , 21). Dans le Talmud on non-juie quelques marchés ou bazars, tels que le îuarché des Engraisseurs (où l'on vendait des animaux engraissés), le marché des Lainiers^ et le marché Supérieur, qui, selon quelques talmudistes , était habité par des foulons païens ^. Devant les portes il y avait, comme dans toutes les villes de eran-
' Selon la paraphrase chaldaïque, au 2' livre des Chroniques, ch. .33, v. u, c'était une porte ou se tenaient les marchands de poisson.
' Mixchna, ou texte du Talmud, traité Broubin, ch. 10, § 9.
■s Voy. ibid. traité Schekalim, ch. S, § I, et les commentaires de Maimonides et de Bartcnora.
des places qui servaient aux assemblées populaires '.
Les principaux édifices de l'ancienne Jérusalem étaient : 1" le Temple, fondé par Salomon sur le mont Moria, rebâti sous Zorobabel et magnifiquement restauré par llérode :
nous donnerons dans l'histoire de Salomon et d'Hérode la description des deux temples et des édifices qui en dépendaient; 2° \q fort de Sion, conquis sur les Jébusites par Joab, général de David , et appelé depuis la ville de David : il était protégé au nord par un rempart appelé Millo; 3" le palais de Salomon, surnommé 1?
Maison de la forêt du Liban % à cause de la grande quantité de bois de cèdre dont on s'était servi pour sa construction. Ce palais devait être situé dans la partie méridionale du Sion , la plus élevée de la ville; caria reine, logée d'abord dans la citadelle de David, monte (\& là dans sa maison, qui faisait partie du palais 3. Nous reviendrons sur cet édifice dans l'histoire de Salomon.
Dans la conquête de Jérusalem par les Babyloniens tous les grands édifices devinrent la proie des fiammes (2 Rois, 2.5, 9; Jérémie, 52, 13).
Sous Zorobabel le temple fut rétahli avec beaucoup moins de magnificence.
Plus tard les princes maccabéens firent bâtir au N. 0. du temple un château appelé Baris^\ Hérode le for-
' Voy. Nehemias,8, I; 2 Chron. 32, 6.
^ VoV. I Rois, ch. 7, V. I et 2. La plupart des commentateurs , ayant mal compris ces deux versets , ont cru qu'il s'agissait de deux palais différents, et ils ont pris la maison du Liban pour un palais d'été. Mais toute la description, v. 2 — il , ne peut s'adapter qu'au palais ou résidait Salomon. C'est dans ce sens aussi que Josèphe a compris ce passade; cet auteur ne parle que d'un seul palais, auquel il rapporte la description du ch. 7, sans mentionner la via/son de ta forêt du Liban, y o\. Antiquités, I. 8, ch. 5, § I et 2.
' Vov. I Rois, ch. 7, T. s; ch. 9, v. 2i; e( II Chron. ch. 8, v. il.
* Voy. Josèphe, Antiquit., 1. 15, ch. Il, §4. LemolRâpi;, ou, comme prononçaient les Juifs, Birati, signifie en général, château fort, citadetle. Le mot hél)reuiîjr«/i fut sans doute emprunté par les Juifs aux Perses; on ne le trouve que dans les livres postérieurs à l'eiil de Bahj lone.
L'UNIVERS
tifia et lui donna le nom (Y fnfnnia, en rhonneur de Marc-Antoine, son ami et son protecteur. Le château formait un carre dont cluuiue côté était d un demi-stade; à l'intérieur se trouvait un palais entouré d'un mur qiiadrano-ulaire qui était naiiqué de quatre tours Trois de ces tours avaient une hauteur de 50 coudées, la quatrième de 70 ; cette dernière était celle du S. E. , la plus rapprochée du temple.
Du haut de cette tour la garde romaine observait ce qui se passait dans les cours du temple. Depuis le temps d'Hérode on élevait dans Jérusalem beaucoup de beaux édifices dans le eoùt "rec. Outre le temple, restaure et agrandi par Hérode, nous remarquons le palais royal, bati en marbre blanc. Entouré d'un mur de 30 coudées de hauteur, il occupait avec ses plates-formes et ses jardins, ornés de bassins et d'aqueducs, le N. E. et l'est du Sion. Josèphe dit que la magnificence de ce palais était au delà de toute description (TravTÔ; Xo- •ycu jcpeîadtov) ' ; Agrippa II y ajouta un nouveau bâtiment.
Au milieu de la basse ville se trouvait le palais d'Hélène d'Adiabene.
Josèphe, qui mentionne ce palais (Guerre d. J. VI, 6, 3), parle, au même endroit , de deux édifices publics incendiés par les Romains avant la conquête du Sion et qui , par conséquent , se trouvaient dans la basse ville : il les appelle àpy.sTcv {palais des magistrats ou archives) et PouXeutyipiov {palais du conseil du Synedrium).
Nous savons, par plusieurs passages du Talmud, que le Synedrium , qui avait toujours tenu ses séances dans l'une des dépendances du temple, fut transféré , quarante ans avant la destruction de Jérusalem, dans un endroit du Moria appelé Hanouyôtli (les boutiques) et de là dans un autre local de la ville ^ . . j
Avant de passer à la description de la moderne Jérusalem, nous rappellerons brièvement les principaux événements dont cette ville fut le théâtre,
' Guerre des Juifs , V , 4 , 4.
î Voy. Seldeii,deS!/7Jcrfn'«. P- ">»•
Les détails de son histoire se trouveront dans l'histoire générale de la Palestine.
La Bible ne nous fait pas connaître l'époque de la fondation de Jérusalem. Josèphe, les rabbins, tous les anciens Pères de l'Église, à l'exception de St. Jérôme, s'accordent a retrouver Jérusalem dans la ville de Salem, où régnait, du temps d'Abraham, le roi Melchisédrk ( roi de la justice). Du temps de Josué nous y trouvons le roi Jdonisédek (maître de la justice), qui trouva la mort en tombant entre les mains des Hébreux, avec quatre autres rois cananéens, près de Guibeôii (Jos. ch. 10). Quelque temps après , la basse ville fut conquise p?»r les Hébreux; les Jebusites y restèrent établis à côté des enfants de Juda et de Benjamin. La haute ville ne pat être arrachée aux Jebusites que dans la huitième année du règne de David, qui en fit sa résidence. Par le temple de Salomon, Jérusalem devint le centre du culte hébreu.iAprès le schisme elle resta la capitale du royaume de Juda. Dans la cinquième année de Rehabeam(Roboam) , elle fut prise et pillée par Sésac, roi d'Egypte. Sous le règne de Joram, des hordes de Philistins et d'Arabes pénétrèrent dans la ville, pillèrent le palais du roi et emmenèrent captifs ses fils et ses femmes (2 Chr. 21 , 17). Sous le roi Amasia, la ville fut saccagée par Joas , roi d'Israël. Sous Èzéchias, elle fut vainement assiégée par les Assyriens ; mais environ 130 ans après, les Chaldeens, sous Nabuchodonosor, la détruisirent de fond en comble. Rebâtie, ainsi que le temple, par suite de la permission accordée par Cyrus, la chute de l'empire des Perses lui amena de nouveaux malheurs. Jérusalem se rendit à Alexandre, qui la traita avec beaucoup de bienveillance. Apres la mort d'Alexandre elle fut prise par le roi d'Egypte Ptolémée, fils de Lagus. Antioclius É[)iphane, roi de Syrie, la saccagea (170 ans avant 1ère chrétienne) et profana le temple en y plaçant la statue de Jupiter Olympien.
Après quelque temps de paix , sous
les princes maccabéens, Pompée entra victorieux dans Jérusalem, l'an G3 avant J.C. et quelque temps après, le temple fut pillé par Crassus. Ilérode embellit Jérusalem par de magni(i(jues édifices. Mais bientôt la Judée devint province romaine : une révolte des Juifs amena cette guerre qui se termina par la terrible catastrophe de Jérusalem ; conquise par Titus, fan 71 défère chrétienne, elle fut entièrement détruite. Quelques tours et un petit nombre de maisons que Titus avait épargnées furent rasées par l'empereur ^Elius Adrien , par suite d'une nouvelle révolte des Juifs (136). Adrien voulut détruire jusqu'au nom de Jérusalem; il fit bâtir à sa place une nouvelle ville qu'il nomma y£"//a CapitoUna, en l'bonneur de Jupiter Capifo/inus , et dont l'entrée fut défendue aux Juifs, sous peine de mort. Lorsque lecbristianisme monta sur le trône des Césars , Jérusalem vit s'élever, au lieu des temples païens , un grand nombre de monuments chrétiens, dans les endroits que la tradition avait désignés comme le théâtre de la vie et de la mort de Jésus. En 61.5, la ville fut conquise par Cosroës , roi de Perse. L'empereur Héraclius la reprit en 627; mais peu de temps après , en 636 , elle tomba entre les mains des liordes arabes conduites par le khalife Omar. Elle tomba ensuite successivement au pouvoir des sultans persans, des Fatimites d'Egypte, des Seidjoukides. En 1099 elle fût prise par les croisés sous Godefroi de Bouillon, et elle devint le siège des rois chrétiens. En 1 1 S" , le sultan Saladin la conquit et mit fin au royaume de Jérusalem. Le sultan MàlecEI-Camellacéda, en 1229, à l'empereur Frédéric II , mais elle fut reprise parles musulmans en 1244. Elle resta ensuite sous les sultans d'Egypte etdeSyriededifférentesdynasties'jusqu'àceque, en 1517 , ellefut conquise parles Turcs sous Sélim V. Ibrahim- Pacha s'en empara en 1832; mais, par suite des derniers événements de la Syrie, elle vient de rentrer de noui' Livraison (Palestine.)
veau sous la domination immédiate de la Porte.
•i. LA MODERNE JÉRUSALEM.
Le terrain de Jérusalem n'a pu traverser tant de bouleversements, sans se modifier sensiblement; c'est pourquoi il est si difficile, souvent même impossible, de reconnaître les anciennes localités dans la ville moderne.
Les hauteurs sont abaissées dans plusieurs endroits ; la vallée de Tyropœon est comblée, et il en reste à peine quelque légère trace près de la fontaine de Siloé. La ville n'occupe plus toute l'ancienne enceinte, car le mont Sion en est exclu en grande partie, et nous savons qu'il l'était déjà à l'époque où Adrien fit bâtir y-Elia '. Il paraît que depuis ce temps Jérusalem a conservé à peu près la même étendue. Les descriptions qui nous restent du moyen âge, par Guillaume de Tyr, Jacob de Vitriaco, Brochard et autres, s'accordent, sur tous les points essentiels, avec celles des voyageurs modernes. Mais alors Jérusalem n'offrait pas encore cet aspect de misère et de désolation qui frappe maintenant les regards du voyageur. Le géographe arabe Kazwini cite un auteur natil de Jérusalem, qui vante les belle?
constructions de cette ville ^ JNou« donnons ici un extrait de la description d'Edrisi, auteur arabe du Xir siècle^ :
« Beït-el-Mokaddas est une ville illustre, ancienne et pleine d'antiques monuments. Elle porta le nomd'///a.
Située sur une montagne d'un accès facile de tous les côtés •*, elle s'étend
' Vov. sur JElia : Dissertations pour ser vir àrhistoire des Juifs, par M. de Boissi. T. I, p. 312 et suiv.
* Vov. l'ouvrage de Kazwini, intitulé adjntb al-bolddn (les merveilles des pays), manuscrit de la bibl. roy. — troisième climat, l'article Beît-al-makdas.
^ Géographie d'Edrisi, traduite de l'arabe en français, par P. Amédée Jaubert. T. I, p. 341 et suiv. Edrisi acheva son ouvrage en janvier 1154.
< Ceci est inexact , mais l'erreur n aPP?/: tient qu'au traducteur ; le texte arabe dit ■ Elle est située sur une montagne, et de toitiles côtés on y arrive en montant.
L'UNIVERS
de l'oupst à l'est. A roœident est la porto dite d'el-MilirAb-, nii-dcssous est la coupole de David (sur qui soit le salut!); à l'orient, la porte dite de la Miséricorde, laquelle est ordinairement fermée et ne s'ouvre que lors de la fête des rameaux; au midi, la porte de Sellioun (Sion); au nord, la porte dite d' A moud el-Glioràb. ILn parlant de la porte occidentale ou d'el-Milinlb, on se dirige vers l'est par une large rue et l'on parvient à la grande église dite de la Résurrection et que les Musulmans appellent Komamé....
« A l'orient de cette église, en descendant par une pente douce, on parvient à la prison où le seigneur Messie fut détenu et au lieu où il fut
crucifié Si vous sortez de l'église
principale en vous dirigeant vers l'orient, vous rencontrerez la sainte demeure qui fut bâtie par Salomon , fils de David, et qui fut un lieu de pèlerinage du temps de la puissance des
Juifs C'est aujourd'hui la grande
mosquée connue par les Musulmans sous le nom de Mesdjid el-Aksa. »
Benjamin deTudèle, qui écrivit environ vingt ans après Edrisi, donne aussi quatre portes à la ville de Jérusalem' ; il les appelle : porte d'Abraham ^ , porte de David , porte de Sion , porte de Josaphat. Sans doute ces noms étaient plus usités parmi les Juifs.
La muraille qui maintenant environne la ville de Jérusalem fut bâtie en 1534 , par ordre du sultan Soliman.
Elle a une hauteur de 40 pieds , sa largeur est de trois pieds, et elle est flanquée de tours de 120 pieds de hauteur. On y trouve sept portes, dont deux sont condamnées.
Dans le mur septentrional il y a deux portes : vers l'occident, \a porte de Damas, appelée par les Arabes
' Itinerarium Benjaminis, éd. l'Empereur, p. 42.
^ Je ne cloute pas qu'il ne se soit glisse une faute dans le texte de Benjamin; au lieu de D^at^ ^hrdm il faut lire, sans doute, D'^iSi* Éphmïm. La porte d'Éphraïm est celle (lu'Edrisi appelle Â.inoud el-Gliorab; a porte de David est celle d'El-MHiràb, et la porte de Josaphat celle de la Miséricorde.
Bâb el-Amou(l (porte delà Colonne)^ qui mène à INabious, à Nazareth, et Saint-Jean d'Acre et à Damas; vers l'orient la purfe dni'iodf. ou d'Ephraïm, en arabe Bàb el-Zaheri ' ; elle est fermée.
A l'orient il y a aussi deux portes : vers le nord, la porte Saint- Etienne * ; c'est là, dit-on, que saint Etienne futlapidé; les Arabes l'appellent Bâb Sitti-Mariam (porte de Notre-Dame Marie), parce qu'elle conduit au tombeau de Marie. Par cette porte on va à Jéricho, en passant par la montagne des Oliviers. Vers le sud est la jwrte Dorée qui donne sur le parvis du temple; elle est murée.
Au midi, on trouve, vers l'orient, la j)orte des Ordures, qui mène à la fontaine de Siloé; en arabe elle s'appelle Bab el-Mogharebé (porte des Barbaresques). Vers l'occident, sur le Sion, que le mur traverse, est la porte de Sion ou Bab el-Nabi Daoud (porte du prophète David.) En dehors de cette porte, sur le sommet du Sion, on montre la maison de Caïphe, maintenant une église arménienne; non loin de là est une mosquée, bâtie, dit-on^ sur le tombeau de David. A l'ouest se trouve un édifice, qui autrefois était un couvent franciscain, et qui maintenant estun hôpital turc. On y montre deux salles : dans l'une, dit-on, Jésus célébra la dernière pâque; dans l'autre le Saint-Esprit descendit sur les apôtres. Sur le Sion se trouvent aussi les cimetières chrétiens.
A l'occident on ne trouve que la porte de Bethléhem, qui mène à Bethléhem et à Hébron. A droite est le chemin de Yafa. Les Arabes appellent cette porte Bàb el-Khalil (porte de l'ji7ii de Dieu, c'est-à-dire d'Abraham), probablement parce qu'elle
' M de Chateaubriand traduit Porte de r Aurore ou du Cerceau; le mot Zahen n'a pas ce sens , c'est probablement un nom
'^'^^''près de cette porte, à l'intérieur, on trouva une piscine desséchée et a demi comblée; elle est longue de 150 pieds et large de 50. On croit que c'est la même qui, dans l'Evangile de Jean est appelée Bettiesda.
inène à nébron, surnommée el-Kha- On trouve ensuite sept autres peti-
lîl, comme ville d'Abraham. Près de tes rues :
cette porte se trouve le château des Ilarat el-Moslemin , la rue des Mu-
Pisans, monument gothique du temps sulmans.
des croisades; la tour de David, qui Ilarotel-Naçàra , la rue des Cliré-
en fait partie, existait cependant avant tiens : elle va du saint sépulcre au
cette époque. couvent latin.
Plusieurs voyageurs ont fait le tour Haral el-Arman , la rue des Armé-
de la muraille et ont compté le nombre niens , au levant du château,
des pas. Voici les mesures indiquées Harat et-Yahoud, la rue des Juifs :
par Maundrell, qui sortit parla porte les boucheries de la ville sont dans
de Bethléhem : cette rue ( elle est située entre le Sion
, , et le Moria , là où était autrefois la
De cette porte a I angle N. O. de la mu- vallée de Ti/ropœon).
De7à à la poVt-e de Danias". '. l \ ïll ''''' ^ ^^«''«^ Mb-IIotta , la rue près du
àla porte d'Hérode 380 lempie. , ,
à la prison de Jérémie. ... 160 //ara^6'/-Za/mm. « Mon drogman,
— à l'angle N. E. 225 dit M. de Chateaubriand, metraduisait
— à la porte de Saint-Étienne. . 385 ces mots par sirada Comparita. Je ne
— à la porte Dorée. ...... 240 sais trop ce que cela veut dire. Il m'as-
— à l'angle S. E. du Moria. . . 380 surait encore que les rebelles et les Zàhffeïesïï"";.-;: eo' -ff""'" ^"" demeuraient dans -à l'angle S. O 215 cette rue. » , , , ,
— à la porte de Bethléhem. . . 500 Harat el-Mogharebe , la rue des
Total 4630 pas.' Maugrabins ou des Earbaresques.
Ces rues sont étroites et irregulie-
Ces mesures nous font très-bien res, elles ne sont pavées qu'en partie,
connaître les proportions delà ville; Les maisons présentent des masses
nous avons au nord 1435 pas, au midi lourdes de terre argileuse ou de
1290 pas, à l'est 1005 pas, à l'ouest pierre; elles sont très-basses, et elles
900 pas. On voit qu'elle forme une ont, pour la plupart, des toits plats
espèce de trapèze, dont les côtés les ou des coupoles,
plus longs sont au nord et au midi ; On ne voit de fenêtres que dans la
c'est pourquoi Edrisi dit qu'elle s'é- partie supérieure; elles sont petites
tend de l'ouest à l'est'. Voici mainte- et grillées '.
nant les noms des rues de Jérusalem, Les relations des voyageurs diffèd'après l'Itinéraire de M. de Château- rent beaucoup entre elles sur le briand : Les trois principales se nom- nombre des habitants de Jérusalem, ment : 1° Harat bàb el-Amoud, la Elles balancent entre quinze et vingt rue de la Porte de la Colonne: elle mille; dans ce nombre les Juifs paraistraverse la ville du nord au midi ; 2° sent entrer pour un tiers. 5'o«Ae/-A"e6/r, la rue du Grand-Bazar : Nous indiquerons encore rapideelle court du couchant au levant; 3° ment les principaux édifices de la mo- Harat el-Alam, la Voie douloureuse : derne Jérusalem : l' l'église du Saintelle commence à la porte de la Vierge, Sépulcre \er% le N. O. de la ville; elle passe au prétoire de Pilate, et va finir fut incendiée dans la nuit du 11 au 12 au Calvaire. octobre 1808 , mais elle a été rebâtie
plus tard. 2" Le courent San-Salva-
drPii^';^ m-"^^.iTif A '^Lf ^o P'"' ''' ^^'"i"; ^^or, entre les portes de Damas et de
ureii a iOod toises 4 pieds 2 pouces, et il t, ^i i i „„'t • • i .,„*
montre que ceUe mesure s'accorde assez Bethléhem. 3" Le principal couvent
exartement avec le plan de Deslwves (voy. des Grecs près de l'éiilise du Saint-
n!v,î.'m''«".?"<'i'^'''"c'"K ^^ ''''^"C'enne Je- Sépulcre. 4^ i: église des Arméniens,
rusaiem, .i!| 3>. Seion Sieber, voyaaeur aile- v j 7
mand, le plus grand diamètre de Jérusalem • Voy. Tf'aJlfahrten im morgenlande, pat
est de 1500 pas. Otto dé Richte'r, p. 43.
L'UNIVF.RS.
au pied du Sion, hAlie, dit-on, à l'endroit où était la maison d'Aiino le pontife. 5" Lu grande, mosquée d'Omar avec ses dépendances. Elle est bâtie sur le Moria, où des voyageurs modernes ont encore découvert des traces des anciens murs '.
Dans riiistoire moderne de la Palestine nous donnerons sur quelquesuns de ces édifices des détails topoj;raplii(|ues. Mais nous devons, pour compléter la topographie de Jérusalem, ajouter quelques mots sur les lieux qu'on appelle le Calvaire et le saint sépulcre.
Golgotha ou le lieu du crâne (calvariae locus) était situé , selon Kusèbe et St. Jérôme, au nord du Sion. C'est là tout ce que nous savons sur cette place destinée aux exécutions; il n'est dit nulle part que ce fdt une colline. Près de cet endroit , dans un jardin , se trouvait, selon l'Évangile de Jean , le tombeau où Jésus fut déposé. Le Calvaire ainsi que le tombeau étaient hors de la ville; maintenant on les montre en dedans, presque au milieu de la ville. Cette circonstance n'a en elle-même rien d'étonnant; cependant l'inspection des lieux a fait naître dans l'esprit de plusieurs voyageurs des doutes fort graves sur l'authenticité du Calvaire et du saint sépulcre; et la plupart des savants modernes qui ont écrit sur cette matière , refusent d'admettre que ces lieux aient pu exister là où on les montre maintenant ». iM. de Chateaubriand, après avoir tâché de corroborer la tradition par le témoignage de plusieurs auteurs anciens , envie le sort des premiers voyageurs , qui n'étaient point obligés
< Voy. Clarke, Travels , vol. IV, p. 38G, et la relation du voyage de MM. Robiiiscn et Smith, missionnaires américains (1838), insérée dans le recaeii allemand Zcitschrift fur die Kunde des Moryenlandes , t. H , p. 346 , 347. Ces deux voyageurs ont découvert près du mur les débris d'une arche faisant partie du pont qui conduisait au Xysliis.
2 Voy. surtout le savant ouvrage allemand : Vcbcr Golgaiho und Chrisli Gr<j6, par Plessing. Halle. 1789., — Jahn, Arch. bibl. 1. 111, p. 252. — Ritter, Erdkunde, 1. 11, p. 417. La question a été définitivement résolue, dans le même iens, par MM. Robiiison et Smith, 1. c, p. 349.
d'entrer dans toutes cescritiuues, parce que, dit-il, ils trouvaient clans leurs lecteurs la religion qui ne dispute jamais avec la vérité. Cependant dès le quatorzième .siècle il s'était élevé des doutes sur le saint sépulcre, et il y a plus de deux siècles que Quaresmius se plaignit amèrement de ces misérables hérétiques d'Occident qui nient que le saint sépulcre soit celui où le corps de Jésus fut déposé '. Il y a environ cent ans , Korte , voyageur alleniand , malgré l'exaltation religieuse qui se manifeste dans son ouvrage , se prononça avec beaucoup de vivacité contre la tradition reçue; il s'était aperçu au premier regard que ce qu'on aj)pelle maintenant le Calcaire ne pouvait nullement être le véritable Golgutha, ce qu'il prouve avec beaucoup de détails ^. Il se pourrait bien, à la vérité , que le Golgotha ait été situé dans le quartier de Bezetha , qui lors de la mort de Jésus était encore exclu de la ville; car la troisième muraille n'existait pas encore. Mais il paraît être bien difficile d'exclure le Calvaire actuel même de la deuxième enceinte de l'ancienne Jérusalem; d'Anville, malgré la précision et la rigoureuse exactitude qui caractérisent ses recherches , s'exprime à ce sujet d'une manière si vague , que , loin de dissiper les doutes, il leur donne une nouvelle force. Après avoir dit que, avant l'accroissement de Bezetha, l'enceinte de la ville ne s'étendait pas au delà du côté du nord de la tour Antonia, il ajoute : « Il faut même « rabaisser un peu vers le sud , à une « assez petite distance de la face occi- « dentale du temple, pour exclure « de la ville le Golgotha ou Calvaire, « qui , étant destiné au supplice des « criminels, n'était point compris « dans l'enceinte de la ville. » — Sans
' Judivi vonnullos nebulones occidentales hœreticos, detrahenles lis, qiiœ dicuntur de juin memoralo sncralissimo Doniiiii nostri sepulchro, et u u II itis moine nli raUuncuUs, venantes ilhid vere esse in qiio positum fuit corpus Jesu. Elucidatio Terrae sanct» "hislorica, vol. Il, p- 515.
2 Reise nai h dem weiland gelobten Lande, Altona, 1741 , p. 210 et suiv.
PALESTIJNE.
vouloir rien décider à cet égard , nous observerons seulement que la tradition primitive de la découverte du saint sépulcre ne se présente pas avec assez de garanties pour ne pas donner prise à la critique. Voici comment celtetradition est rapportée par iM. de Chateaubriand lui-même : « Constun- « tin , ayant fait monter la religion a sur le trône, écrivit à Macaire, évè- « que de Jérusalem. Il lui ordonna de « décorer le tombeau du Sauveur d'une B superbe basilique. Hélène, mère de n l'empereur, se transporta en Palestt tine, et fit elle-même chercher le <e saint sépulcre. Il avait été caché « sous la fondation des édifices d'A- (> drien. Un juif, apparemment chré- « tien, qui, selon Sozomène, avait a gardé des mémoires de ses pères, « indiqua la place où devait se trouver « le tombeau. Hélène eut la gloire de « rendre à la religion le monument « sacré '. » Quelque faible que soit l'autorité de cette tradition , elle a encore trouvé des défenseurs parmi les modernes '.