‹ Palestine: Description géographique, historique, et archéologiqueChapitre 31 sur 106 · PALES · texte numérisé non relu

PALES

bien à l'enfant, que l'on ne don pas s'étonner de retrouver les sacrilices chez tous les peuples dès leur origine. Mais cette manifestation enfantine et innocente devait dégénérer lors(]ue la société humaine, sortie de l'état d'enfance, n'avait pourtant pas l'esprit assez élevé pour abandonner ce qu'un long usage avait consacré et se créer un cuite "plus noble. Au lieu d'ai)andonner ces matérielles démonstrations de respect et d'attachement, convenables à des enfants, l'esprit humain tâcha de consolider les anciens usages, en leur prêtant un autre sens que celui qu'ils avaient eu d'abord ; et , en les réduisant en système, on arriva à des résultats monstrueux. Du principe de privation on en vint aux sacrifices humains; car, pour plaire aux dieux et pour apaiser leur colère, il fallait se priver de ce qu'on possédait de plus cher, et les mères donnaient à Moloch leurs tendres nourrissons. D'un autre côté, les sacrilices, considérés comme moyen de s'approcher de la Divinité, furent symbolisés ; on les envisageait comme un lien mystérieux entre les dieux et les hommes, et on arriva ainsi à la superstition systématique, ou au mysticisme. Dans les plus anciens livres des Indous nous voyons déjà les sacrifices considérés sous ce point de vue mystique", et il en était sans doute de même chez les Égyptiens.

Moïse obligé , pour le moment , de laisser subsister les sacrifices, tacha cependant d'obvier aux abus. Il décréta la peine de mort contre ceux qui feraient des sacrifices humains ou

• Dans un antique poëme philosophique on lit le passage suivant : » C'est par la « nourriture que subsistent les êtres vivants; « celle-ci provient de la pluie. C'est le sacri- « fice qui fait venir la pluie , le sacrifice nait « de Cieuvre. Sache que l'œuvre vient de « l'Etre divin ( Brahman ) , et que celui-ci est « né de l'impérissable. Ainsi l'être divin qui « pénètre tout est toujours présent dans le «sacnlice. » Voy. Bhnf/nvtid-GuUa, éd.

de Sclilegel, troisième leçon, S liet 15. Selon les lois de Manou (liv.'v, §39 et 10), les animaux n'ont été créés que pour le sacrilice; l'animal, et même la plante qui aura servi d'offrande, renaîtra dans un ran" plus élevé, ° ^

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qui imiteraient les autres cérémonies idolâtres contraires à la morale et à la pudeur; il restreignit l'usage des sacrifices , en défendant avec une ég;ile sévérité de les offrir ailleurs que dans l'unique sanctuaire national, et il ne les recommanda jamais comme une chose agréable à la Divinité, ou comme un moyen de s'en approcher. Le prophète Jérémie(7, 22) fait dire à Dieu : « Je n'ai pas parlé à vos ancêtres et ne leur ai rien ordonné, le jour où je les fis sortir d'Egypte, au sujet d'holocaustes et de victimes. » St. Éphrem, qui s'étend beaucoup sur ce passage, dit entre autres : « Le prophète les « avertit que ce n'est pas dans les « sacrifices , mais dans les lois divi- « nés, qu'ils trouveront le véritable « moyen de salut; car cette loi Dieu « lui-même l'a écrite de son doigt sur « les tables et l'a remise aux enfants « d'Israël. Mais les autres préceptes , « tels que les rites des prêtres et des « sacrifices, ont peu de valeur « aux yeux du Seigneur. Aussi ne les « a-t-il pas placés à la tête de sa loi,

« dans l'Exode Plus tard Moïse,

« par ordre de Dieu, prescrivit ces ob- « servances aux Hébreux à cause de « leur faiblesse et de l'endurcissement « de leurs cœurs; de peur qu'ils ne « méprisassent une religion nue ( sans « culte extérieur) et ne s'attachassent « aux faux dieux , dont ils voyaient « le culte embelli par de belles et pom- « penses cérémonies'. »

En effet , tous les prophètes comprenaient ainsi l'intention de Moïse et ils prêchaient constamment contre les sacrifices^. Ainsi les préceptes que Moïse donne sur les sacrifices sont de simples règlements, dans lesquels le législateur emploie le langage techni que des prêtres de ces temps , comme, par exemple, cette formule si souvent repétée : Odeur agréable au Seigneur, qu'il ne faut pas prendre à la lettre. Partout dans l'antiquité on croyait apaiser la colère des dieux et leur être

' Ephrœmi Syri Opéra Suriaca, t. II, p.

^ Voy. I Samuel, 15.22. Ps. 50, 8-lo; 5i, 18 et 19. Isaie, i , u.

L'UNIVERS

agréable en faisant monter en vapeur l'crlain.'s parlies des victimes, et lorsque la llamme ne montait pas, c'était un mauvais augure.

Nous allons maintenant jeter un coup (l'œil sur les ditïereutes espèces de sacrifices dont parle la loi de Moïse. Les sacrilices se divisent, sous le rapport des objets offerts à la Divinité, en deux parties, ceux du règne animal, ou sacrifices sanf/lants, et ceux du règne végétal, ou offrandes et libations.

a. Sacrifices sanglants.

Les sacrifices sanglants ne pouvaient être choisis que dans quatre espèces d'animaux domestiques , savoir, le mouton, l'espèce bovine, la chèvre et la colombe. Il parait que le législateur a voulu choisir les animaux qu:

l'on pouvait se procurer avec facilité.

Peut-être aussi a-t-il voulu destiner à l'autel de Jéhova les animaux auxquels les Égyptiens rendaient un culte. Les victimes devaient être exemptes de tout défaut, et on brûlait sur l'autel quelques-unes des meilleures parties de la victime, savoir, la graisse qui couvre les entrailles, les deux rognons avec la graisse qui est dessus , le grand lobe de foie et la queue grasse des béliers'. Celui qui voulait offrir une victime la présentait à l'entrée du sanctuaire , en posant sa main sur la tête de l'animal. Il pouvait lui-même égorger la victime ou la faire égorger par les prêtres»; mais ceux-ci recevaient le sang et en aspergeaient l'autel. Après avoir dépecé l'animal, on brûlait les parties que nous venons d'indiquer, et on disposait du reste suivant la destination de la victime; car il y avait dans le culte mosaïque quatre espèces de sacrifices sanglants : l'holocauste, les sacrifices de péché et de délit, et le sacrifice pacifique.

l^ holocauste (Olah) occupe le premier rang; si c'était un quadrupède, on ne pouvait y employer que

' Voy. ci-dessus, page 30. Sur les rites analogues des cultes paîeus, voy. Réflexions p. Si , 32.

' Voy. Lév. 1,5; II Chron. 29, v. 22-24.

des animaux mâles. Les cérémonies qu'on observait pour l'holocauste et la manière dont on le brûlait sont rapportées au premier chapitre du Lévitique.Aprèsl'avoir coupé en morceaux, on brûlait tout sur l'autel , excepté la peau, qui appartenai aux prêtres (Lév. 7,8). L'holocauste était tantôt du culte public , comme , par exemple , le sacrifice quotidien du matin et du soir, ou bien les sacrifices additionnels des jours de têtes; tantôt une offrande privée , comm(/ l'une des victimes que le naziréen ( Nombres, ch. 6, v. 11 et 14 ) , le lépreux , la femme en couche et autres personnes impures ( Lév. ch.

14 et 15 ) offraient au jour de leur purification. — On pourrait, du reste, offrir volontairement un holocauste , et les étrangers mêmes étaient admis à en préseuter à l'autel de Jéhova ( Nombres, 15, 14)'.

Les deux sacrifices de péché et de délit (Hattath et Ascham)» ont beaucoup de rapport entre eux, et il est même difficile d'indiquer avec précision les légères nuances qui les distinguent l'un de l'autre ^. Les formalités étaient les mêmes pour les deux ; on en brtilait fes parties grasses destinées a l'autel , et tout le reste appartenait ; ux prêtres ^. Ils n'étaient pas accompagnes, comme les autres sacrilices, d'o'ffrandes et de libations^ , et ils nu pouvaient être offerts que dans des cas déterminés par la loi. Voici, selon les rabbins, les différences les plus notables entre ces deux espèces de sacrifices. Le sacrifice de péché pouvait être pris dans les quatre espèces d'animaux que nous avons indiquées plus haut , le sacrifice de dé-

" Le second temple reçut les sacrifices de Ptolémée Évergète et ceux de l'empereur Auguste. Voy. Josèphe, Contre A pion , liv. II, cil. 5; Philon, De légat, ad Caium.

» La Vulgate appelle l'un pro peccato ei l'autre pro delicto.

3 Voy. Lév. ch. 6 , v. 17-23 ; ch. 7, V. 1-8.

* Dans certains cas les restes du sacrifice de péché , et même la peau , devaient être brûlés hors du camp. Voy. Lév. ch. 4, V. 12 et 21; ch. 6-, v. 23; ch. 16, v. 27.

* Voy. Maimonide, Commentaire de It Mischnah, préface au traité Menahoth ( At's Oblations ), dans la Porta Mosis de Pococke, Oxoniae, 1655, p. 424.

Ut ne pouvait être qu'un bélier ou un agneau ; le premier faisait souvent partie du culte puhlic, le dernier n'était offert que par les individus pour expier certaines fautes personnelles, spécifiées par la loi; celui-là s'offrait dans certains cas par un individu convaincu d'un péché involontaire , celuici servait à expier un péché douteux et à tranquilliser la conscience de celui qui ne savait pas lui-même s'il avait péché ou non'.

Le sacrifice pacifique (zébach SCHELAMÎM ) était offert par suite d'un vœu ou volontairement ; quelquefois par reconnaissance d'un bienfait reçu de la Divinité. Dans ce dernier cas' il est accompagné d'une offrande et on l'appelle sacrifice de reconnaissance ( Lév. 7, 12). Dans quelques cas il est orJonné par la loi, comme, par exemple, le bélier du naziréen (Nombres, 6, 14) et les deux agneaux de la fête des prémices (Lév. 23, 19). Ces derniers offrent le seul exemple d'un sacrifice pacifique faisant partie du culte public; les

ftrêtres seuls pouvaient en manger a chair, tandis qu'ils n'obtenaient du sacrifice pacifique des individus que certaines parties dont ils pouvaient faire part à leurs familles. Ces parties étaient la poitrine et l'épaule droite qui avaient servi à la cérémonie de l'agitation et de l'é/évation (Lév.

7 , 29-34)'. Tout le reste, excepté les pièces destinées à l'autel , était employé à un repas. Les sacrifices pacifiques ne sont que des repas solennels comme nous en trouvons chez les autres peuples de l'antiquité. Dans les poésies d'Homère il est souvent question de ces repas sacrés où l'on donnait sa part à la Divinité. ^

En outre de ces quatre classes de sacrifices sanglants, nous devons men-

' On peut voir les détails dans mes Réflexions, etc., page -ib.

' Celle cérémonie consistait à agiter le sacrifice vers les quatre vents et de haut en bas, pour le vouer a celui qui dirige les venls et qui a créé le ciel et la terre. Thalmud de Bubylone, Menaholh , fol. 62 recto.

^ Voy. Iliade, I, v. 457 et suiv. Le Pentaleuque lui-mérae mentionne ces repas solennels des païens ( Nombres , 25 , 2 ). H' Livraison. (Pai ESTiNE.i

tionner deux espèces de victimes qu'on immolait dans certaines occasions en dehors du temple et qui ne peuvent être comptées au nombre des sacrifices proprement dits.

Trouvait-on une personne assassinée dans les champs sans qu'on sût qui l'avait frappée , on mesurait la distance des villes à l'entour; les anciens de la ville qui était la plus proche de l'endroit où l'on avait trouvé le cadavre prenaient une jeune vache qui n'avait encore servi a aucun travail , et allaient lui casser la nuque dans un ravin rocailleux , impropre à la culture. Après avoir ainsi immolé la jeune vache , les anciens, en présence des prêtres, se lavaient les mains sur la victime en prononçant ces mots : « Nos mains n'ont pas répandu ce sang, et nos yeux ne l'ont pas vu répandre. Pardonne, ô Jéhova, à ton peuple Israël que tu as délivré, et ne lui impute pas l'effusion du sang innocent'. « Tout cet acte n'était autre chose qu'un jugement symbolique, et, pour ainsi dire, uneexécution eneffigie; la jeune vache représentait l'assassin et n'était pas un sacrifice expiatoire ».

Une autre espèce de victime immolée hors du camp , ou de la ville sainte , était celle de la vache rousse ( Nombres, ch. 19). De temps à autre un prêtre ^ immolait une vache rousse sans défaut , qui n'avait jamais porté le joug; il trempait son doigt dans le sang de la victime et en faisait sept aspersions dans la direction du Saint des Saints. Ensuite on brûlait la vache tout entière , et le prêtre jetait dans la flamme du bois de cèdre , de l'ézob ^ et de la laine teinte en cramoisi. La cendre mêlée dans do l'eau de fontaine servait à purifier les personnes et les choses qui avaient été en contact avec un cadavre, et

• Vov. Deutéronome, ch. 21, t. 1-8.

' Vov. B.elir, S'jmholi/,; t. II, p. 447-459.

3 Selon Josephe (Anli]. IV, 4, 6). c'était le grand-prétre; selon les rabbins, c'était son vicaire , car Moïse donne cette fonction à Éiéazar, lils d'Abron, quoique ce dernier vécut encore.

4 Voy. ci-dessus , page 19.

iC2

L'UNI VKRS.

«;ui restaient iiiipiires pendant sept jours. On les aspepf^eait, le troisième et le se[)tien)e Jour, avec un bouquet d'ézoh trempe dans cette eau lustrale.

Cette singulière cérémonie (pie, selon les r;ibl)ins , le saj^e roi Salomon luimême ne savait expliquer, peut s'éclairciren partie par les usages de plusieurs peuples de lOrient, et notamment des Égyptiens. Les Indous professent un grand respect pour la vache; elle est le symbole de la terre et delà déesse /.a/i.vcA/ya qui répand les bénédictions du sol et qui n'est autre chose que la terre personnifiée ' . La fiente et l'urine de la vache est , chez les Indous, comme chez les Perses, un moyen très-efficace de puri- Ocation. La vénération de la vache n'était pas moins grande chez les Égyptiens, qui voyaient dans cet animal l'image d'Isis. Les Égyptiens , dit Hérodote (II, 41), sacrifiaient le bœuf, mais il ne leur était pas permis d'inniioler la vache , consacrée à Isis ». Spencer pense, avec raison, que Moïse a voulu détruire la vénération superstitieuse de la vache^. — Moïse veut que la vache qui sert à préparer l'eau lustrale soit rouge, et, selon le Thalmud, elle est rejetée, si elle a seulement deux poils noirs.

Cette circonstance s'explique encore par les usages égyptiens : selon Hérodote (II , 38) on examinait le bœuf avant de l'immoler, et s'il avait un seul poil noir, il était impur. Mais Diodore de Sicile dit expressément

3ue les bœufs destinés aux sacrifices evaient avoir la couleur rousse qui

' Voy. Boliilen, Das aile Indien, t. I, p. 247 et suivantes.

' Porpliyrius ( «e abslinciilid, II, II) dit qu'ils aimeraient mieux se nourrir de chair humaine que de celle d'une vache.

^ Cum itiique eo demenliœ et impielalis prolapsi essent y£gyptii, quibusciim conjunctissimè vixissent Israetilœ, ut vaccam tanto cul tu studioque honorarent; Deus vaccam multâ cum cereinonià niacUiri voluit, et lixivium ex illius cineribus ad populi immunditias expur</andas coii/ici , ut ^£gijptivauitalem surjijiÙaret, etperhanc disciplinam, cum .-Egypli more sensuqne pufinantem^Israelitœ ad cullûs illius vaccini conieinptum atque odium sensim perducerentur. De U-g. rit. Hebr., 1. II, c. 15, sect. 2.

était celle deTyjthon, et Plutarque, qui rapporte la même chose , ajoute que le bœuf est soumis à un examen tres-minutieux, et que, si on découvre sur lui un seul poil noir ou blanc, il est rejeté comme non propre au sacrifice '. Il serait donc possible que Moïse eiU voulu rendre encore plus éclatante la profanation de la vache sacrée, en lui donnant la couleur abhorréede Typhon, le représentant du mal. Il résulte avec évidence d'un passage d'Isaïe (1,18) que chez les Hébreux , comme chez les Égyptiens , la couleur rouge était le symbole du péché et du mal. Dans les véritables sacrifices destinés à l'autel de Jéhova , il n'est jamais question du rouge, ni d'aucune autre couleur, contrairement aux usages des Égyptiens polythéistes, qui attachaient une grande importance au sens symbolique des couleurs, et qui offraient aux différentes divinités, selon le goût et la nature qu'on leur supposait , des animaux rouges , noirs ou blancs*.

b. OJfrandes et Libations.

L'usage des offrandes et des libations , comme celui des sacrifices , se trouve chez tous les peuples de l'an tiquité. Chez les païens comme chez les Hébreux, tantôt elles se présentent seules , tantôt elles accompagnent les sacrifices sanglants.

Chez les Hébreux, l'offrande (min- HA) se composait ordinairement de fleur de farine de froment ^ et d'huile d'olive. Tantôt on offrait la pure farine, on y versait de l'huile et on y mettaitderencens;tantôton en faisaitune espèce detourteaux pétris avecdel'huile, ou des flans oints d'huile (Lév. 2,4- 7). Il fallait toujours y mettre du sel , comme signe de l'alliance avec Dieu ^ ;

' Diodore, Histor. I, 88; Plutarque, De Iside et Osiride , p. 363. Diodore dit aussi que, dans les temps anciens, les rois d'Éçypte sacriliaienl à Typhon les hommes qui étaient comme lui de couleur rousse.

^ Voy, Spencer, 1 . c. éd. Canlabr. fol. 379.

3 L'offrande de la femme accusée d'inlidélité était de farine d'orge.

< Voy. Lév. 2, l4;lNombres, 18, 19. Chez les Orientaux , en général , le sel est le symbole d'une alliance durable, qui s'appelle

mais il n'était pas permis d'y mettre du levain ou du miel. Les Indous offrent également à leurs dieux des gâteaux sans levain'. L'usage du sel était très-commun dans les sacrifices des Grecs et des Romains ». Quant au miel, il était défendu probablement à cause de la fermentation qu'il produit, comme le levain; mais les peuples païens, et notamment les Sabéens , en faisaient un grand usage dans leurs sacriûces^.

Les libations ( nésech ) se faisaient avec du vin. On versait le vin autour de l'autel, comme ledit Josèpbe, ou dans un conduit qui se trouvait à l'autel, comme le disent les rabbins 4. Chez les païens , on versait généralement le vin entre les cornes de la victime ; mais il y avait aussi chez eux des libations indépendantes des sacrifices , qui se versaient par terre.

Les offrandes et les libations des Uébreux accompagnaient toujours les holocaustes et les sacrifices pacifiques, mais Jamais les sacrifices dépêché et de délit, à l'exception de celui du lépreux (Lév. 14, 21). La quantité de la farine, de l'huile et du vin, était en raison de l'importance de la victime : la colombe n'était accompagnée d'aucune offrande ( Nombres , 15,1-12).

L'offrande proprement dite et indépendante du sacrifice sanglant était , commeceIui-ci,publiqueou privée. Les offrandes publiques, présentées au nom de tout le peuple, étaient au nombre de trois : 1° Le Orner, ou les prémices de la moisson des orges, offertes pendant la Pâque(Lév. 23 , 1 0 et sui v.); 2Mes deux pains offerts le jour de la

alliance du sel. Voy. Il Chron. 13, 5. Celte expression est encore usitée chez les Arabes Voy. Schulz, Leituti'jen des Hachslen, t. V, p. 249.

■ Voy. Réflexions, p. 59, note 7.

' Pline dit, en parlant du se[ : Hfaximè autem in sacris intelligitur ejus auctoriias , qu-ando iiulla conficiiintur sine motd salsd. Hist. nat. 1. 31 , c. 41. Voy. aussi Eustath. ad. Iliad. I, 449.

' Voy. Màimonidis More Nebouchim, III, 45; Plutarch. Sympos. iv, 5.

' loiiephe , Antiqu. 111,9,4; Misclinah, Succali, ch. 4, g 9.

fête des semaines (ib. v. 17); 3° ks douze pains de proposition, que l'on renouvelait chaque jour de sabbat ».

— Les offrandes privées étaient de quatre espèces : 1° Offrande du pécheur; elle était présentée par le pauvre qui avait à expier un péché, mais qui ne possédait même pas les moyens d'acheter des colombes (Lév. 5, 11).

2" Offrande de jalousie, ou celle de la femme soupçonnée d'adultère; elle était de farine'd'orge (Nombres, 5, 15).

A ces deux espèces on ne mettait ni huile ni encens. 3° Offrande du prêtre : le prêtre admis pour la première fois à exercer ses fonctions offrait un dixième d'Épha de fleur de farine, moitié le matin et moitié le soir, avec le sacrifice quotidien (Lév. 6, 13). Selon les rabbins , le grand prêtre répétait cette offrande tous les jours, pendant tout le temps de ses fonctions; la même chose est affirmée par Josèphe ». 4° Offrande volontaire, ou par suite d'un vœu.

De ses offrandes on consumait une poignée sur l'autel , le reste appartenait aux prêtres; mais l'offrande du jor^^re appartenait tout entière à l'autel.

Une autre espèce d'offrandes consistait en fumigations qui avaient lieu chaque jour dans le temple, sur l'autel particulièrement destiné à cet usage. Le parfum dont on se servait était d'une composition particulière, indiquée dans l'E.xode (30, 34). De semblables fumigations étaient aussi en usage chez les peuples païens ; selon Hérodote (I, 183), on brûlait dans le temple de Bélus, sur un autel particulier, mille talents d'encens par an.

On peut encore compter au nombre des sacrifices et des offrandes certains impôts sacrés , tels que les prémices et les dîmes de tous les produits du pays, qu'on présentait devant le sanctuaire et qui appartenaient au prêtres et aux lévites ^. Nous y revien-

' Voy. ci-dessus, page I57.

» Voy. Thalraud, Meiiahoth,îoï.22; Josèpbe, anfiqii. III, 10,7.

^ Sur les usages analogues des autres peuples, voy. Spencer, lil). 111, disserl. I,c. ».

tirons plus loin en pnrlant des revenus (le la caste sacerdotale.

Tout mâle preuiier-né de sa mère était ('•fialciiK.'nt consacré à Jéiiovali, et devait être présenté devant le sanctuaire. Le premier-né mâle de lafcniine était présenté un mois après la naissance, et on payait, pour le raclielcr, un prix fixé par le prêtre, mais qm ne pouvait dépasser cinq sékeh; le premier-né d'un animal impur devait être racheté, ou tué ou vendu au profit du sanctuaire; celui d'un animal pur devait être employé à un sacrifice pacifique dont la chair appartenait aux prêtres; cependant s'il avait un défaut qui le rendait impropre au sacrifice, le propriétaire pouvait le manger en le rachetant '.

Moïse rattache cette loi à l'événement miraculeux arrivé avant la sortie d'ÉgV[)te, lorsque la mort enleva subitement tous les premiers-nés des Égyptiens, en épargnant ceux des Hébreux ». Cependant la Genèse (4 , 4) fait remonter jusqu'aux premiers hommes l'usage de sacrifier les premiers-nés des animaux.

Enfin toute chose pouvait être consacrée à Dieu volontairement parsuite d'un vœu. L'usage de faire des vœux aux dieux était très-répandu cliez tous les peuples de l'antiquité. Moïse le laissa subsister, sans trop le recommander (Deut. 23, 23) , et il y porta certaines restrictions (Nombres . ch.

30). Toute chose vouée à la Divinité pouvait être rachetée. A l'égard des personnes et des animaux consacrés par un vœu, on observait à peu près les règles prescrites pour les premiersnés ^.

B. pr;ltiques personnelles.

Les pratiques personnelles sont celles où les individus paient de leurs propres personnes, en se soumettant

I Voy. Exode, ch. I3, v. 2, I2, 13; Lévitique, ch. 27, v. 26, 27; Nombres, ch. 18, V. lâ-18; Deulér. ch. 15, v. I9--21 , et les commentaires rabbiiiique* de ces dilïerents passa;;es.

* Voy. Exode, ch. 13, t. 15; Nombres, ch. a,v. 13.

â Voy. les détails, Lér. ch. 27.

à certains actes et à certaines privations. Tels sont le jedne et les prières, les observances concernant lu pureté du corps et la nourriture, l'abstinence volontaire par suite d'un vœu.

a. Jeûne et Prières.

De même que les vœux , les pratiques ascétiques étaient peu recommandées dans la loi de Moïse, qui n'offre aucune trace des pratiques superstitieuses de pénitence prescrites dans les codes religieux des autres peuples de l'Orient'. Le législateur des Hébreux n'ordonna qu'un seul jeûne public daus toute l'année, celui du jour des expiations, célébré le dixième jour du septième mois et dont nous parlerons plus loin, rous affligerez vos personnes, dit le législateur (Lév.

16, 29; 23, 27). Plusieurs passages bibliques et l'usage suivi par les Juifs à toutes les époques prouvent avec évidence que cette affliction n'est autre chose que le ^eii/ie >.

Quant à la prière, Moïse l'abandonne au sentiment individuel et à l'inspiration du moment. Dans certaines circonstances il prescrit la confession des péchés devant Dieu, sans en fixer les termes (Lév. 5, 5; 16, 21). Le Pentateuque ne renferme que trois formules de prière : la bénédiction que les prêtres prononçaient sur le peuple (Nombres, 6 , 24-26), les actions de grâce que chaque Hébreu devait réciter en offrant les prémices (Deut. 26, 5-10), et la prière qu'il devait prononcer en présentant la seconde dîme (ib. v. 13-15). La loi ordonne aussi de seprosterner devant Dieu (ib. v. 10).

h. Pureté et hygiène.

Les lois de pureté prescrites par

' Vov. sur les Indous, Réflexions, p. 62.

» Nous lisons dans un passade du livre d'Iiaie (ch. 58, v. 3) : Pourquoi avons-nom jeûné , et tu ne l'a» pas vu P ^ons avons afjU(/é notre personne, et tu ne le sais pas? El plus loin (V. 10) : Quand tu verseras ton àme à celui gui a faim , et que lu rassasieras la personne affligée. Le parallélisme, dans ces deux passases , ne permet pas de douter que l'affliction de la personne ne »oil la privation de Qourriture.

IGi

Moïse peuvent être consiilérées , jusqu'à un certain point, comme des règlements de police médicale émanés de certaines idées de pureté et d'hygiène communes à tous les peuples de l'Orient, et qui ont partout un caractère religieux. En comparant, sous ce rapport, les lois des Hébreux avec celles des Indous et des Égyptiens ',on trouvera que Moïse a beaucoup simplifié les pratiques de pureté, en abolissant tout ce qui n'était fondé que sur des superstitions et en ne laissant subsister que ce qui pouvait être utile à l'hygiène publique et aux mœurs. Mais la pureté corporelle avait encore un autre but plus élevé; elle était le symbole delà pureté intérieure et elle est mise par le législateur dans un intime rapport avec le culte de Jéhova et avec la sainteté qu'exigeait ce culte ».

L'impureté pouvait provenir du corps lui-même, ou bien lui être coni; muiiiquée par le contact d'une personne ou d'une chose impure. Certains animaux étaient réputés impurs et ne pouvaient servir de nourriture à l'Hébreu; il en était de même de certaines parties des animaux purs.

Le corps humain en lui-même pouvait être pollué, surtout par certaines fonctions naturelles des parties génitales telles, que les menstrues, etc., ou par des affections maladives de ces mêmes parties. Pour ce dernier cas le législateur ordonna, outre les ablutions, un sacrifice expiatoire; de même pour la femme en couches ^.

Pour les autres cas , l'impureté disparaissait par la simple ablution. Mais aucune impureté du corps n'était réputée plus grande que celle causée par la maladie contagieuse de la lèpre. Le législateur donne des prescriptions très-minutieuses pour empêcher la

' Voy. sur les Indous, les lois de Manou , ' K^'^ 1* suiv.— fle/Z<.x;'07!«, p. 65 et suiv. :

••ur les Egyptiens, Hérodote, 11, 37. Vov.

aussi Spencer, I. c. lib. 111, dissert. 111. » Voy Lévitique, ch. 1 1 , v. 44, 45; ch.

la. V. 31; ch. 20, v. 26; cl). 22, v. 2 et 3. J -Nous renvoyons, pour les détails, au

en. 15 du Lévitique, et au cli. 12, v. i-S.

Voy. aussi Réflexions, p. 66 , 07, notes

propagation de cette maladie si terrible en Orient ', et il recommande aux prêtres de l'observer arec beaucoup de soin dans toutes les phases de son développement. Quand le prêtre avait positivement reconnu la lèpre, le malade était déclaré impur et tout commerce avec les personnes saines lui était sévèrement interdit. Exclu de la société , il demeurait hors du camp ou de la ville ». Il lui était permis de sortir; mais, pour éloigner de lui les passants, il devait se faire connaître par son costume de deuil : les vêtementsqu'il portaitétaient déchirés, ses cheveux en désordre ; et enveloppé jusqu'au menton , il criait sans cesse :

impur! impur l — Toutes ces précautions prouvent que les Hébreux redoutaient beaucoup cette terrible maladie indigène en Egypte , où ils avaient séjourné pendant plusieurs siècles.

Elle était considérée par les peuples de rOrient comme une suite de graves péchés , notamment d'atteintes portées aux personnes et aux choses sacrées ^.

Aussi la purification qui suivait la guérison de la lèpre exigeait elle un cérémonial très-compliqué. Quand le malade se croyait guéri, un prêtre allait le visiter dans sa retraite, et, après avoir constaté la guérison , il faisait chercher deux oiseaux vivants , d'une espèce pure, ainsi que du boîs de cèdre, de l'ézob,et de la laine teinte en cramoisi. On égorgeait l'un des oiseaux , et son sang était reçu

' Voy. les curieux détails donnés par Michaeiis, .Vosaïschcs Rechl, t. IV, )^ 208 et suiv. — Jahn , Archœoloyie , t. 1,2° partie, p. 355 et suiv.

* Nous trouvons les mêmes usages chez les Perses; le lépreux ne pouvait communiquer avec personne et il ne lui était pas permis d'entrer dans la ville; on expulsait les étrangers qui souffraient de cette maladie. Voy. Hérodote, I, 138.

^ Ainsi Miriam est frappée de la lèpre pour avoir médit de Moïse ( Nombres, 12, lO); le roi Ouzia , pour s'être arrogé des fonctions sacerdotales (H Chron. 26, 19). Les Perses croyaient que la lèpre dérivait de péchés commis envers le soleil (Herod. I. c ). Selon la croyance des Indous , l'éléphantiasis est le châtiment des plus grands pèches, ef ils l'appellent P.\P\Ror.\ ( maladie du péchr). Vov. (/)is de Manou, 111, U2, 159; V, C4, IX,7<J,

dans un rase de terre où il y avait de l'eau fraîche. Rnsuite le prêtre trempait dans le vase l'oiseau vivant et tous les objets que nous venons d'indi(|uer, et, après en avoir aspergé le malade guéri, il laissait s'envoler l'oiseau vivant, qui emportait, d'une manière symbolique, le péché dont le lépreux venait de se purifier '.

Celui-ci lavait ses vêtements, rasait tous ses cheveux et se baignait; c'est ainsi que se terminait le premier acte de sa lustration. Devenu pur, il

fiouvait rentrer dans le camp ou dans a ville; mais il devait encore se soumettre à une espèce de quarantaine de sept jours hors de sa maison. Le septième jour il se rasait de nouveau la tête, la barbe et jusqu'aux sourcils; il lavait encore ses vêlements et se baignait; dès lors il était définitivement purifié. Le huitième jour était employé à un sacrifice expiatoire, composé d'un agneau pou?' délit, d'un second agneau holocauste et d'une brebis sacrifice de péché; le pauvre pouvait remplacer les deux dernières pièces par deux tourterelles ou deux jeunes pigeons. Le tout était accompagné d'une offrande de fleur de farine pétrie d'huile et d'une mesure {/og) d'huile; des cérémonies toutes particulières étaient observées pour ce sacrifice, ainsi qu'on peut le voir dans le Lévitique (14, 10-31 ).

Au nombre des usages ayant pour but la pureté corporelle on pourrait encore compter, sous un certain rapport , celui de la circoncision , que les Égyptiens pratiquaient , selon Hérodote (II, 37 ) , à cause de la propreté (jtoflxpioTfiT&c £Îv£)Ccv) : elle a cependant chez les Hébreux une importance beaucoup trop grande pour être considérée comme une simple mesure de police sanitaire. C'est par cette pratique que l'Hébreu devient citoyen de la théocratie, nous devons donc la mettre au nombre des lois constitutives de la société hébraïque.

' Un rite analogue était observé pour ce q'ie la loi de Moïse appelle la lèpre des maisom; il en sera question plus loin, ainsi qiie de la lèpre des étoffes.

L'impureté communiquée par le contact de personnes ou de choses impures était plus ou moins grave, selon la gravi té de l'impureté primitive. Les Hébreux devaient surtout éviter le contact d'un animal mort et même des animaux purs qui n'avaient pas été tués selon les rites. Toute impureté de contact s'effaçait par de simples ablutions , excepte celle qui provenait du contact d'un cadavre humain; elledurait sept jours, et, pourenêtre purifié, il fallait les aspersions faites avec l'eau lustrale de la vache rousse dont nous avons déjà parlé.

Ln loi de Moïse renferme aussi un certain nombre de prescriptions concernant la nourriture. A la vérité, ces prescriptions reposent probablement en partie sur des motifs d'hygiène et sur certaines répugnances communes à presque tous les peuples de l'Orient ; mais il y en a d'autres qui ne sauraient être expliquées par ces seuls motifs, et qui sont particulières au législateur des Hébreux. D'ailleurs, si Moïse n'avait eu qu'un but d'hygiène, il aurait également donné des préceptes sur l'usage des plantes, tandis qu'il lie s'occupe que du règne animal. Il faut donc qu'il ait été guidé par certaines idées de pureté, inapplicables aux plantes '. Ce sont, comme il le dit lui-même, des préceptes de pureté et de sainteté ( Lév. 1 1 , 44 ). De tout temps les Hébreux, comme les Juifs de nos jours , leur ont attribué un ca ractère religieux, et souvent ils ont subi les privations et même le martyre plutôt que de se souiller par une nourriture défendue dans les lois de Moïse '. L'historien doit donc placer ces préceptes au nombre des observances religieuses des Hébreux , mais en même temps il doit chercher à se ren-

' La superstition des Indous et des Égyptiens proscrivait même l'usage de certaines plantes; vov. ci-dessus, p. 18. La loi de Moïse qui défend le mélange de semences hétérogènes (Lèv. 19, 19; Deut. 22, 9), et celle qui interdit l'usage des fruits d'un jeune arbre pendant les trois premières années (Lév. 19, 23), ne sont probablement que des lois d'économie rurale.

2 Voy. Daniel , ch. I , v. 8 et suiv. ; 2' livre des Maccabées , ch. 6 et 7.

iGr

dre compte historiquement de leur origine. Là il trouvera encore des analogies frappantes dans les usa^ies (les peuples païens et notamment des Indous et des Égyptiens.

La loi de Moïse divise les animau.x en purs et impurs, et la Genèse (eh. 7 , V. 2 et 8) fait remonter cette division jusqu'au déluge. ISoé déjà choisit pour ses sacritices des animaux purs (ib. ch. 8, v. 20). l\Ioïse, qui probablement a suivi les théories des prêtres égyptiens , établit pour les animaux certaines conditions d'organisation qui seules en faisaient des créatures parfaites et pures; quant aux animaux qui ne remplissaient pas ces conditions, il était permis de s'en servir pour le travail et pour d'autres usages , mais leur chair était impure et ne pouvait servir de nourriture.

Selon Moïse ' , les quadrupèdes ne sont purs que lorsqu'ils ont le sabot divise et qu'ils ruminent ; ceux qui ne remplissent que l'une de ces deux conditions, tels que le chameau, le schaphàn » , le lièvre, le porc , sont impurs. Tout ce qui vit dans l'eau est impur, excepté ceux d'entre les poissons qui ont en même temps des nageoires etdes écailles. Pour les oiseaux. Moïse n'indique pas de condition générale de pureté; il se contente de nommer un certain nombre d'oiseaux impurs, et la plupart des noms qu'il donne ne sauraient être expliqués avec certitude. On y remarque l'aigle , l'autour, le corbeau, l'autruche. Nous avons déjà dit plus haut ( page 29) que les noms donnés par Moïse désignent, en général, les oiseaux carnivores. Les reptiles sont impurs ; Moïse défend particulièrement les différentes espèces de la famille des lézards. Les insectes sont également impurs, excepté ceux qui, outre les ailes et les (jualre pattes, ont des pieds pour sauter, tels que les différentes espèces de sauterelles ^.

iSous trouvons chez les Égyptiens

' Voy. Léyitique, ch. ii; Deutér. ch. i4.

' Probableinent iejerboa ou dipusjaculus d.' Linné ( Munvnal. IV, glires).

* Voy. ci-dessuà , page 27.

des usages analogues; chez eux aussi les lois de diète ont une tendance religieuse '. Les animaux impurs , les plantes nuisibles appartenaient au règne de Typhon, de même que tout ce qui vivait dans la mer. Les prêtres s'abstenaient de toute espèce de poissons (Hérod. I, 37); mais il paraît qu'ils permettaient au peuple \espoissons a écailles ^ Ils s'abstenaient également des quadrupèdes qui n'avaient pas le sabot divisé ou qui l'avaient fendu plusieurs fois , ou qui n'étaient pas cornus, ainsi que de tous les oiseaux carnivores ^. Quant au porc, les Égyptiens en évitaient même le contact, et si quelqu'un par hasard avait touché un porc, il se baignait dans la rivière avec ses vêtements ■*.

Dans les livres de Zoroastre on trouve également la division des animaux en purs et impurs , et la condition principale de pureté est le sabot divisé \ Mais ce sont les usages des Indous qui offrent, sous ce rapport, le plus d'analogie avec ceux des Hébreux. Les lois de Manou (V, 11, etc.) proscrivent les quadrupèdes qui n'ont pas le sabot divisé, et particulièrement le porc; les ruminants paraissent être préférés^; mais, commedansia loi de Moïse, le chameau fait exception. Les poissons sont défendus , excepté ceux qui ont des écailles 7 , et parmi les oiseaux impurs, nous remarquons en première ligne les oiseaux carnivores. D'un autre côté, plusieurs animaux défendus par Moïse sont permis dans

' Voy. Plularque, De Is. et Osir. c.6et suiv.

^ Voy. Recherches philosophiques sur les Égyptiens et les Chinois (par M. de Paw), t. I, p. 154.

5 ClKEremon ap. Porphvr. De abstinentia,l\,l.

4 Hérodote ,11,47. Les Arabes aussi , même avant Mahomet , s'abstenaient de mander le porc. St. Jérôme dit, en parlant des Arabes [in Jovinian. 1. 2, c. 6) : Hi nefasarbitrantur porcorum vesci carnibus. Voy. Millii Disserl. de Mohammedistno aille Mohammedem, g

* Voy. Zend-.4vesta par .A.nqiielil du Perron, Boun Dehesch, ch. 14.

s Voy. mes notes au cinfiuiùaie livre ik'* lois de Manou , g 18, Rcjlexioiis, page 62.

' Voy. ibid. g 16.

L'UNIVERS

les lois de Manou , comme , par exemple , le lièvre, i;i lorlin', une certaine espèce de lézards on ailii^ators, etc.

Il paraîtrait donc (jne les lois d'aljstineiice reposent sur un principe généralement admis parles différents peuples (pie nous venons de nommer, mais ijue , pour les détails, il y a variation dans l'application du principe. Moïse trouvant à ce sujet des usages établis, profite de ceux qui pouvaient avoir quelque utilité réelle.

Tantôt il se laisse iiuider par un principe d'hygiène, comme, par exemple, en défendant la chair de porc, très-nuisible dans les contrées exposées à la lèpre. Tantôt il défend de se nourrir de certains animaux dont les peuples voisins affectionnaient la chair, pour établir une sép:iration entre ces peuples et les Hébreux ; ainsi le chameau et le lièvre, permis aux Arabes, sont interdits aux Hébreux, Enfin , si en défendant les insectes, il excepte les sauterelles, c'est peut-être pour procurer au pauvre une nourriture aux époques même où les sauterelles venaient ravager les campagnes et amenaient la famine '.

Les animaux purs eux-mêmes ne potivaient servir d'aliment que lorsqu'ils avaient été tués selon les rites : s'ils étaient morts par un accident quelconque ou déchirés par une bête féroce, ils ne pouvaient être mangés par les Hébreux. Celui qui s'était souillé par une pareille nourriture, restait impur jusqu'au soir et était obligé de se baigner et de laver ses vêtements '.

Un châtiment sévère est réservé à celui qui aura mangé les parties de graisse qui, dans les sacrifices , étaient destinées à l'autel, ou bien le sang d'un quadrupède ou d'un oiseau ^.

Moïse défend aussi , à plusieurs reprises, de faire cuire le cheoreau dans le lait de sa mère ^. Cette d.'tfense se rapporte problablement à

' Voy. Michaêlis, Mosaîsches Recnt, T.

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