PASSEPORT
de garder les passeports et de les envoyer aux consulats respectifs, ce qui occasionne souvent des confusions ou une perte de temps regrettable. En tout cas, on devra se munir d'un passeport, visé avant le départ à l'ambassade ou au consulat turc de son pays; d'autres visas, en route, ne sont pas nécessaires. Ordinairement, un pourboire (bakhchich, v. p. 32) aplanit toute difficulté.
Douane. — Le pourboire est également d'un grand secours à la douane. D'habitude on ouvre les caisses et les malles; les cigares sont recherchés avec soin et taxés réglementairement à 750/q de la valeur déclarée (v. p. 39). Les armes à feu, surtout les cartouches, causent parfois des difficultés; on essaiera de les aplanir au moyen d'un pourboire de quelques francs discrètement remis. La douane est très sévère à Beyroût. On évitera d'offrir un pourboire en présence d'employés supérieurs. Les livres sont parfois examinés ; le Korân et les ouvrages de polémique religieuse sont l'objet d'une recherche spéciale.
Les articles d'exportation paient 1% de leur valeur. Dans la règle, tout est visité et inscrit; mais l'expédient dont nous avons parlé dispensera de cette onéreuse formalité. L'exportation d'antiquités est rigoureusement interdite en Syrie. Si l'on expédie d'avance ses bagages au delà des frontières, ce que nous ne saurions conseiller, à moins que ce ne soit à une maison de commerce connue, il faut y joindre la clef pour la douane. On peut aussi, après entente préalable, les adresser à un consulat ; dans ce cas, ils échappent à l'inspection.
D. Consulats.
Les consuls possèdent en Orient les privilèges d'exterritorialité dont jouissent chez nous les ambassadeurs. On distingue les consuls délégués (consules missi) et les consuls de commerce. Les premiers qui ne se trouvent qu'à Jérusalem et à Beyroût, sont revêtus du droit de juridiction qu'ils exercent à l'égard de tous les ressortissants de leur circonscription, de même qu'en faveur de ceux qui sont placés sous leur protectorat, en tant du moins qu'il s'agit de contestations entre français ou de plaintes portées contre eux par les protégés d'autres puissances étrangères. Les consuls de commerce dépendent des consuls délégués et n'agissent que sous le contrôle et la responsabilité de ces derniers. Ils sont, suivant leur titre, consuls, vice-consuls ou agents consulaires. Toute contestation entre sujets ottomans et étrangers est jugée par les tribunaux turcs, avec le concours du drogman de la puissance étrangère intéressée. — En cas de difficulté, les voyageurs feront bien de s'adresser immédiatement au consul de leur pays , qui les mettra en relation avec les autorités et leur fera rendre justice. Ce n'est donc pas seulement la politesse , mais l'intérêt personnel qui engagera le voyageur à se présenter au consulat dès son arrivée. Comme on est à peu près privé en Orient de toute occasion de passer
agréablement la soirée, il y aura tout avantage à se mettre en relation avec le consul. On n'oubliera pas de reconnaître les services des caouasses, soldats ou huissiers du consulat, quoique ces gens, très utiles aux étrangers, n'aient pas droit à aucune rétribution.
E. Paquebots.
Comme la plupart des voyageurs se rendent en Syrie et en reviennent "par mer , leur voyage dépend des courses des paquebots. Nous donnons ci -après des indications relatives aux trajets des bateaux à vapeur des différentes compagnies; mais ces services étant soumis à des changements , on fera bien de se renseigner partout dans les bureaux, sur les bateaux, etc. Avant de partir, on s'adressera par lettre affranchie 1^ à l'administration des services des Messageries Maritimes j 16 y rue Canr^ebièref Marseille (ou, Paris, 28, rue Notre-Dame-des- Victoires ; ou Bordeaux, 19, quai de Bacalan; ou Londres, 97, Gannon Street E. C), pour en obtenir son Livret des lignes de la Méditerranée et de la mer Noire f 2® au conseil d'administration de la compagnie du Lloyd austro-hongrois à Trieste (adresse: «an den Verwaltungsrath der Dampfschifffahrtsgesellschaft desŒsterreichisch-Ungarischen Lloyd, in Triest»), pour avoir de même son livret, qui parait en allemand et en anglais, sous le titre de «Informations for Passengers by the Austrian Lloyd's Steam Navigation Company. )> Avec les indications de ces deux livrets, on peut déjà se faire un plan de voyage assez exact. Il n'y a, ni de Marseille, ni de Trieste, des services directs pour les ports de Syrie ; il faut passer ou par Alexandrie ou par Smyrne. Le premier de ces trajets (le plus court), se recommande pour l'aller ; le second, pour le retour.
Les paquebots français, anglais, et autrichiens sont à peu près sur la même ligne pour la marche, la nourriture, la propreté et le service ; il y en a de grands et de moyens. A l'époque de Pâques ou de la fête mobile du Ramadan et du pèlerinage de la Mecque, les navires sont si encombrés de passagers, de 3^ classe surtout, que l'ordre et les soins habituels de propreté en souffrent nécessairement.
Les salons des premières sont élégamment meublés et les cabines commodes. Avec moins d'élégance, les secondes suffisent pourtant à des prétentions modestes ; on ne peut naturellement recommander aux dames que la première classe.
La NOURRITURE (saus la boisson), comprise dans le prix des billets de première et ordinairement de seconde classe, est toujours excellente et très suffisante. Les repas annoncés par un double coup de cloche sont: le matin, vers 8 ou 9 h., un déjeuner à la fourchette de 3 services ; à midi ou 1 h., un lunch ou tiffîu, terme Indou en usage sur les paquebots anglais ; enfin, vers ô ou 6 h., un dîner très abondant, auquel l'appétit des voyageurs excité par l'air de la mer^ ne mauq^ue pas de faire honneur. Le plus soaveuti ou
offre un th^ à 7 h. ou à 9 h., et le matin, on peut se faire servir, au lit si l'on veut, une tasse de eaf é à 7 h. ou à 8 h. Sur les navires français et autrichiens , la cuisine est mieux appropriée au climat que sur les navires anglais, où elle est trop substantielle. Si le mal de mer empêche le voyageur de manger, il n'a rien à payer pour les rafraîchissements qu'il peut prendre, tels que limonade et atitres.
Pourboires. A la fin da voyage, on donnera au sommelier un pourboire de 50 c. à un franc par jour et davantage à proportion des soins qu''il aura dû prendre du passager.
Un ÉTABLISSEMENT DE BAiKs so trouve sur tous les paquebots anglais et sur les grands navires des autres compagnies. On peut en user gratis moyennant un pourboire au garçon à la fin de la traversée. Pris le matin, ces bains sont très salutaires.
La LANGUE la plus usitée sur les paquebots autrichiens est Titalien ; sur les autres, c''est Tanglais et le français.
Billets. On prendra soi-même son billet à Ta^ence sans prêter Toreille aux offres dHndividus qui stationnent à proximité des bureaux. Le billet doit indiquer le nom du porteur, celui du navire et Theure du départ. Les billets circulaires pour Constantinople et la Syrie, ceux d'aller et retour et ceux de familles d'au moins 3 personnes, ont droit le plus souvent à une réduction qui toutefois ne s'étend pas à la nourriture.
Bagages (v. plus bas). Les premières ont droit au transport gratuit de 70-100 kilogr. ; et les secondes, à celui de 40-60 kil.
Embarquement. Il faut se rendre à bord une heure avant le départ. A Trieste et à Brindes, de même qu'à Marseille, les paquebots s'amarrent aux quais, tandis qu'a Venise et à Naples, il Çaut prendre un bateau pour aller à bord. Dans tous les ports d'Italie, on paie 1 franc, bagage compris^ la police maintient partout le bon ordre ^ une fois à bord, on ne s'acquittera que lorsque tous les effets seront sur le pont.
Un employé subalterne ou le sommelier reçoit les billets des passagers ; un autre assigne à chacun sa cabine ou le numéro de son lit. On peut prendre avec soi son sac de nuit, mais les malles et les gros colis sont placés dans la cale où l'on fera bien de jeter un coup d'œil, afin d'éviter toute erreur dans le collage de l'étiquette indiquant le lieu de destination.
A bord, le service se fait militairement; toute plainte doit être portée au capitaine. Quant aux questions, comme on y répond très laconiquement, on fera mieux de s'en abstenir.
La SITUATION DU NAVIRE (latitude et longitude), se détermine au moyen du sextant et du chronomètre. Le premier sert à «prendre la hauteur» (solaire) qui permet de calculer la latitude et la position géographique du lieu où se trouve le navire à un moment donné. Celle-ci, comparée avec les indications du chronomètre réglé d'après l'heure normale du lieu d'où l'on est parti, donne la différence entre l'heure de ce dernier et celle du lieu occupé par le navire, soit le degré de longitude auquel il est parvenu.
La VITESSE DE LA MARCHE sc calculc au inoycu du loch, planchette triangulaire attachée à une ficelle pourvue de noeuds, et appelée ligne du loch. La plancette jetée à la mer à l'arrière du navire, offre par son poids assez de résistance pour obliger la ligne à se dévider. Or comme le temps
Sendant lequel les noeuds comptés au moyen d'un sablier à mesure qu'ils lent, se divise en 15 secondes, c'est-à-dire en Vïm d'heure, et que les nœuds de la ligne du loch sont à des distances de 6,70 m. ou de V240 d.^ seconde (environ 25 pieds angl. ou 7m. 7). il en résulte que chaque noeud écoulé correspond à une distance de 1 mille marin par heure de marche, et que l'expression: «marcher avec une vitesse de 10 nœuds», signifie faire 10 milles à l'heure, soit 18,55 kilomètres.
PÀQtJÊBOTS.
Départ.
Vendredi à midi.
Dimanclie Lundi