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anciennes coutiinics et des anciens règlements, sauvegarde, à ses yeux, de l'ancienne foi. Pierluigi de Palestrina fut une dos premières victimes de cette stricte interprétation des tendances réformatrices de l'époque.
Les « Constitutions » de la chapelle pontilicale, promulguées sous l^aul IV, en 1545, avaient prescrit pour l'admission de chacjuf nouveau membre du chœur un examen et un vote de tout le collège des chanteurs. Jules 111, en i553, réduisant en principe à vingt-cjuatre le nombre des chanteurs, s'était réservé le droit d'enfreindre lui-même ses propres ordonnances et celles de ses prédécesseurs, et de pouvoir prononcer, de son propre mouvement, par un « motu proprio » signé de sa main, l'admission des musiciens de son choix : c'était ainsi, en effet, qu'il avait appelé Pierluigi à son service, et celui-ci, malgré les conditions exceptionnelles de son entrée, pouvait se croire protégé contre toutes les éventualités par les Constitutions, dont 1 article 5 réglait que les chanteurs étaient nommés « à vie' ». Un luotu proprio de Paul IV vint, le 3o juillet i555, annuler ce qu'avait établi l'acte semblable de Jules III. Soit que des intrigues se fussent nouées dans les diverses « na-
I. Cf. le tpxto de» « Constitutions » dans Ilaberl, Die riimitche Schoia Canloium, p. t^j et suiv.
lions ). de la chapelle, et que l'exclusion de quelques chanteurs eût été arrachée par des envieux ou des ennemis à la faiblesse du pape, soit ({ue ce pontife crût véritablement remédier à des abus « scandaleux » en bannissant de sa chapelle des musiciens laïques et mariés, toujours est-il qu'il prétexta leur mariage pour exclure du même coup trois musiciens, Léonard Barré, Domenico Ferrabosco, et Pierluigi de Palestrina.
Était-ce seulement Teffet du hasard, si tous trois étaient des madrigalistes, et ne faut-il pas voir, dans la décision de Paul lY, un reflet du mécontentement qu'il ressentait peut-être à entendre louer les œuvres mondaines d'artistes dont, à son gré, le talent devait appartenir tout entier au service de l'Eglise? C'était, selon Baini, justement en i555 que Pale!?trina avait publié à Rome, chez les frères Dorici, un Lihro primo de madrigali a quattro voci. Aucun exemplaire de cette édition n'a été retrouvé; mais la mention « nuovamente ristampato », que porle celle de i568, ne laisse pas de doute sur le fait d'une publication antérieure. On ignore à qui Palestrina en avait olïert l'hommage. Dans le courant du livre, il avait placé un morceau dont il avait écrit les paroles et la musique en l'hohneur de Francesco Rosselli : « Quai rime
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fit si c/iia/Cj disait-il, quelles rimes seraient assez belles, quels mots assez louanf]^eurs, pour rtre clignes de votre chant? C'est du ciel sans (loMlc, (juo vous avez rapports aux mortels la divine harmonie qui vous procurera une éternelle renommée*. » L'artiste auquel il adressait en (( misérables vers » de si chaleureux éloges, François Roussel, dit Rosselli, l'avait précédé de quelques années à la chapelle Julia. (juil avait quittée en i55o pour une destination inconnue. Ses madrigaux, fort recherchés des éditeurs, paraissaient depuis i546 dans les recueils; lui-même en fit imprimer à Rome, en i563 et i565, deux livres entiers. Un autre musicien d'origine française, Antoine Barré, composait à l;i niènie épo(jue en Italie des madrigaux dont on croit distinguer rinduonce dans les premiers morceaux similaires de Paleslrina.
Léonard Barré de Limoges, frère d'Antoine, et DomenicoFerrabosco, collègues de Pierluigiàla chapelle poiitificaleet (|ui furent frappés d'exclusion en même temps que lui, étaient, nous l'avons dit, des madrigalistes féconds : les amateurs de ce genre de composition étaient redevables à Ferrabosco d'une pièce fameuse, écrite sur des vers de Boccace, lo mi son gioviiictta, déjà huit