‹ Palma, ou La nuit du vendredi saint, drame en cinq actesChapitre 67 sur 70 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

GERTRUDE

Ah ! votre haine, cette fois, vous a mené trop loin ! Si Dieu a permi cette rencontre entre nous deux , c'est que Theure de la justice est venue pour cet enfant innocent. C'est moi qui vais délier tes lèvres, si fidèles au devoir, mon Johann ! Ne crains plus rien.

CHRISTIAN

Madame, taisez-vous !

PALMA

Parlez, ma mère.

Christian, avec force.

Gertrude, prenez garde à vos paroles.

GERTRUDE

Que m'importe! Il me méprisera... mais il ne mourra pas!... Viens, mon Johann , viens que je t'embrasse... C'est peut-être la dernière fois que tu souffres un baiser de ta mère. (Elle l'embrasse.)

CHRISTIAN

Malheur !

GERTRUDE

Oh ! vous ne me faites plus peur!.. En m'accablant d'une misère qui ne peut plus être surpassée... vous avez perdu sur moi tout empire... Ecoute, Johann... cet homme n'est pas Ion père !

Que dites-vous ?

GERTRUDE

Je t'ai trompé; car ton respect, mon enfant, était Je seul bien qui me restât au monde , et je ne voulais pas le perdre... Oui, je t'ai trompé, pardonne-moi! cet homme n'est pas ton père! Il est un étranger pour toi ï je te le jure sur mon salut éternel !... Tu vois qu'il ne me contredit pas !

palma, avec force.

Dieu tout-puissant!... il n'est pas mon père!... Depuis tant d'années j'ai supporté tous les outrages!... toutes les misères... Et j'allais souffrir une mort hon-

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teuse... pour lui,., pour lui... Et il n'est pas mon père ! Ah ! Hermann ! donne-moi ton épéeî...

Il saisit l'épée d'Hermann, et se met en garde.

GERTRUDE

Malheureuse, qu'ai-je fait!...

Elle se trouve près d'Hermann et lui arrête le bras. Franz de son côté arrête son père, dont 1 epée croise celle d'Hermann.

Christian, à Franz.

Laissiez, laissez, Franz!

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