‹ Pamphlets politiques et littérairesChapitre 24 sur 79 · DX PAUL- LOUIS. 1S · texte numérisé non relu

DX PAUL- LOUIS. 1S

qa'oD ne veuille dire peut*<être que , commençant sa vie où l'autre a fini la sienne , il finira par ou Maurice a commencé^ par nous débarrasser des puissances étrangères. Je le souhaite et Tespère da sang de ce Henri qui chassa TEspagne de France ; mais le payer déjà, je crois que c'est folie, et n*ap* prouve aucunement qu'il ait seé invalides avant de sortir du maillot. Récompenser l'enfant d'être venu an monde comme le capitaine qui gagna des batailles et, par d'heureux exploits, acquit à ce pays et la paix et la gloire» c'est ce qu'on n'a point vu , c'est là l'idée nouvelle, qui ne nous fût pas venue sans l'avis officiel. Pour inventer cela , et mettre à la place des hukns du comte de Saxe les dames du berceau, il faut avoir non pas l'esprit, mais le génie de l'adulation , qui ne se trouve que là où ce genre d'industrie est puissamment encouragé ; ce trait sort des bassesses communes , et met son auteur, quel qu'il soit, hors du gros des flatteurs de cour. Il se moque fort apparemment de ses camarades qui , marchant dans la route battue des vieilles flagorneries usées» ne savent rien imaginer; on va l'imiter maintenant jusqu'à ce qu'un autre aille au-delà.

Quand le gouverneur d'un roi enfant dit à son élève jadis : Maître, tout est à vous; ce peuple vous appartient , corps et biens » bétes et gens; fiiites-en ce que vous voudrez; cela fut remarqué. La cham* bre, l'antichambre et la galerie répétèrent : Maître, tout est à vous , qui, dans la langue des courtisans , voulait dire tout est pour nous, car la cour donne tout aux princes y comme les prêtres tout à Dieu; I. 14 •

i58 SIMPLE Discbuss

et ces domaines , ces apanages , ces listes civiles , ces budgets ne sont guère autrement pour le roi que le revenu des^abbayes n'est pour Jésus-Christ. Achetez, donnez Chambord, c'est la cour qui le mangera ; le prinoe n'en sera ni pis ni mieux. Aussi ces belles idées de nous faire contribuer en tant de façons y viennent toujours de gens de cour, qui -savent très-* bien ce qu'ils font en offrant au prince notre argent. L'offrande n'est jamais pour le saint , ni nos épar* gnes pour les rois , mais pour cet essaim dévorant qui sans cesse bourdonne autour d'eux , depuis leur berceau jusqu'à Saint* Denis.

Car^ après la leçon du sage gouveràeur, an temps ^ dont je vous parle, bon temps , comme voos'save^ , les princes ayant appris une fois et compris que tout était à eux, On leur enseignait à donner; un précepteur, abbé de cour, eb lisant avec eux l'histoire, leur faisait admirer cet empereor Titus , qui, di^-oa, donnait à toutes mains, croyant perdu le jour quHl n'avait rien donné, qu'ott n' alla jamais vmrsani fiepénir Iteureux , avec une pension , quelque gratification on des coupons de rente ;' prince adoré de tout ce qui avait les grandes entrées on qui montait dans les carrosses. La cour l'idolâtrait; mais le peuple? le peuple? Il n'y en avait pas : Thistoire n'en dit mot. Il n'y- avait alors que les honnêtes gens, e'est-.à-'dire les gens présentés : é'était là le mofide, tout te monde, et le monde était héui^ui.'FaUes ainsf , mon maître, vous serez adoré comme ce bon empereur; la cour vous bénira , les poètes vous loueront , ef la postérité en croira* les poètes. Voiii les élémens

DE PAUI.-U>UIS. l59

d'bîsloîre qu'on enseignuît alors aux princes. Peu de mention d^ailleura de ces. rois tels que Louis XII etHenri IV, on leurs iemps mautiits de la oonr pour n'avoic su donner codnaie d'autres faisaient si^géné*reoaementf.si niagnifiqi«eilientv aveo chois néan^ nioios. . Donner au ricbe^ «ider le. fort; c'ost la maxime du bon temps^'^e.ce bon t^ps qui va re« v^ir tout à l'heure , .sapa aut^uo doute ^ à moins que ** jeunesse ne gr^pdîsse ^ Yieilles$e.ncf périsse* . ^^

Mais la jeifiiesse .croil^cb^z. nous, et voit croître ï avec eUe set>|)rincesj;, je dis ^vec «lie» eilje m'en*^^. tends. Nos epf^os r phis beuueux 'que nous , vont connaître leurs princes. éievé9 ayee eux , et en seront connus. Déjà vpilà.le fi(s aine du duc d'Orléans, yd u sais cela de bonne part , $t vous lé garantis pkis sûr que si les galettes le disaient » voilà le duc de Char<-« très au ooUège * à Paris. Chose assez simple , direz»voBs» s'il est en 4ge d'étudier ; simple sans doute , nmis aoilveUe pOiir* les personnes; de ce rang. Ou n'a point encpce.vu de^ prinee.au collège; celui-ci, do- 't, puis qu'i( y. a de$ qoUègesciet dea princes, est le, pre.- .'^ n^epr qu'on ait élejré de la sorte» et qui profite du^ bienfait çle.riitstrueliioo publique et commune ; et de tant de nouveautés éçlo^es.de nos jours , ce n'est pas la moins Ëiite>poiir surprendre. Un prince étudier, aller en classe I un» pvinoe avoir des camarades! Les pnqçes jua^u'ici 017 1 eu des serviteurs,: et jamais d'autre éoole quoicelle de l'adversité ^ dont les cudes ie^pns .étaient perdota «ouvenl., Isolés » tout âge», loin de toute vérilé» ignorant, les choses et les honupes r Â^ naissaient » ib i^tonraient dass les liras

l6p SIMPLE DISCOURS

de rélîquette et du cérémonial , n'ayant vu que le fard et les fausses couleurs étalées devant eau ; ils marchaient sur nos têtes, et ne nous apercevaient que quand par hasard ils tombaient. Aujourd'hui , connaissant Terreur qui les séparait des nations , comme si la clef d'une voûte, pour user de cette comparaison , pouvait en être hors et ne tenir à rien» ils veulent voii* des hommes, savoir ce que l'on sait , et n'avoir plus besoin des malheurs pour s'instruire; tardive résolution, qui, plus tôt prise, leur eût épargné combien de fautes , et à nous combien de maux? Le duc de Chartres au collège, élevé chrétiennement et monarchiquement, mais , je pense , aussi un peu constitutionnellement, aura bientôt appris ce qu'à notre grand dommage ignoraient ses aïeux , et ce n'est pas le latin que je veux dire, maïs oes simples notions de vérités communes que la cour tait aux princes, et qui les garderaient de faillir à nos dépens. Jamais de Dragonnades ni de Saint-> Barthélémy, quand les rois, élevés au milieu -de leurs peuples , parleront la même langue, s'entendront-avec eux sans truchement ni intermédiaire; de Jacquerie non plus, de Lignes, de Barricades. L'exemple ainsi donné par le jeune duc de Chartres aux héritiers des trônes, Hs en profiteront sans doute. Exemple heureux autant qu'il est nouveau ! que de changemens il a fiillu , de bouleversemeos 4lans le monde pour amener là cet enfant I Et que dirait le grand roi , le roi des honnêtes gens , Louis* IcrSuperbe, qui ne put soufifKr confondus avec la noblesse du royaume , ses bâtards même , ses bft-

SB VkVL'UaVIM, l6l

tards! tant II redèttitakâ*!a9ilir la moiadre parcelle de -s<Mi sang 1 Que dirait ce parangon de l'orgueil nonarobique, s'il voyait aux écoles, avec tons les enÊMU de la race sujette » ua de ses arrière^neveux , sans pages ni jésuites » suivre des exercices et dis* puter des prix; tantôt vainqueur, tantôt vaincu'; jamais, dit-on, favorisé ni flatté en aucune sorte, chose admirable au collège même ( car où n'entre pas cette peste de l'éducation? ), croyable pourtant si Ton pense que la publicité des cours rend l'injastice difficile, qu*.entre eux les écoliers usent peu de Gomplaiaaace, peu volontiers, cèdent l'bonneur, non encore exercés aux, feintes qu'ailleurs on nomme déférences^,, égards, ménagemeas, et qu'a produits l'horreur du vrai. Jbà, au contraire, tout se dît, toutes choses ont leur vrai nom et le même nom pour tous; là, toiU est ^^atîère d'instruction ^ et les aaeilleures leçons ne sont pas celles des maîtres. XV>inld*abbé Dubois, point de Menins : personne quâ dis^ au jeune prince : tout :est à vous, vous pouvex tout ; il est l'heure que vous voulez. En un aM>t , c'est le bruit commun qu'on élève là le duc de Chartres comme tous les enfans de son âge^ nulle UistinctiMi, nulle différenee , et les filtf de banquiers, de jogea, de oégocians ^ n'ont aucun avantage sur lui I mais il en aura lui beaucoup , sortf de là , sur tous ceux qui n'auront pas reçu cette éducation. Il n'est, vous le savez, meilleupe éducation que celle des écoles, publiques , ni pire que ceUe de la cour. Ab) si aa lieu de Gbambord pour le duc de Bordeaux , on nous parlait de payer sa pension au çd-

l6a SIMPLS DISCOURS

lège ( et plût à Dieu qu'il fàt en à^» qoe je fy pvmé Ivoir de mes^eux), s'il était questioa deoala, de bÔQ cœur j'y ceusentirais et votecab ce qu'on towdrait^, dût-il m'en coûter, ma meilleiive coope.de saîofoîo : il ne nouft faudrait pas plaindre cette dé^ pense; il y va de tout pour noms» Un vqi ainsi élefi§ ne nous regarderait pas comme sa prcipriété, jamais ne j^nseraitnous tenir à cheptel de Dieu nid'au» cane puissance.

Mais à Ghambord qù'apprendra-tnil ? ce que peu^vent enseigner et Ghambord et laponn Là,, tout est plein de ses aïeux. Pour cela précisément je ne l!y trouve pas bien, et j'aimerais mieux qu'il vécût avec nous qu'avec ses ancêtres. Là^ .il verra, partout les chiffra d'une Di^ne, d'une Châteaubriant , doutiles noms souillent' encore' ces parois infectés >jadfa dfe leur présence. Les- interprètes, pour expliquer dp pareils emblèmes, ne ^i manqueront pas> on peut le ciY>ire ; et quelles instrucMons pmkr un ad^lescetift destiné a régner ! Iciv Louis , lemodète des r^\ vivait ( c'eM le root à la eoor ) avecla'ftMrnie Mônitespan, avec la fAiet Lavallière, avec toutes Ica femmes et les filks que son* bon plaisir fut dîèlier à leues maris, à leurs parens. <rétait'le tem()8«loét des moturs , de la i^ligion ; et il ocmmuiiiaît toua les jours. Par eettp' porte entrait aa maitresaeie soir, et le matin .son •oonfesaeur^ Là^t Heuri faisait «péniv tence entre ses mignoas.ct Bea moines; mœurs et i(eligion du bon temps ! Yoki l'endroit où vint une fille éplorée demander la vie de son. père, jet Tobtînt <à quel prix!) de François qui là "mourut de ses

PS 9kVh'M.0VU, l63

booaed inœui*s. £» ^t(e cbfteibt^» ua autre LoaU....;

«o cell^-çi, Philippe...*, sa fille...., oh mœurs ! oh re»^

lîgÎQi) ! per^u^S) depuis que ohacttn travaille et vît

avec aeaeDfansH.Cbevaleffiek^eagoterie, qu^êtes-vous

d^veniaes? Que>fWs.ouyekiirs ^ cpnaerver dam ce mq¥

iuiliii|BQt.). où tout r^ p^e.riiEiBoceii:ce d0s temps mo*-

nurchiques 1 et qiiei' dpounage créait été d'abandon*

oeràrifidosUie ceileiDple.des vieilles mœurs, de la

vieillie galaolerie ( autre mot de cour, qui ne ae ^eut

hoDBéieioeilt Araduire); de Uisser s'établir des

fiiaiillesilflbùfieusea et.d^iguobleaSioéna^eë sous ce^

lambris,- témoins de taat d'augustes débauche^!

Voilà €6 que dira Cbàmbdrd au jeune prince , logé

là d'ailleurs» domme Vêtait le" roi François l*', et

eomnteattcnn de ooas tie voUdrsuit l'être. Dieu pré^

serve août Jumnétf^ bomme:de jamais habiter une

maison) bâtie par 4e Primatticoio. Les demeures de

nos pères ne boqs conviennent mm plus aujourd'hui

i|iie leurs lois ^ ^ t, comme nous valons ibieux qu'eux,

àtouségfirdsy sans notis vanter trbp,qe me semble,

et à n'en juger seulc^^nt que. par la conduite des

pinces, ifiti n^étaientpas, je crois, pires que leurs

sujets ; vivant mieuiL de toute manière /nous voulçms

étre;^t sommes eu effet mieux logés.

Que si l'acquisition de Ghambord ne vaut rien peur «elui à qui ou le donne , je vous laisse à penser pDurUotts-qui le payens. J'y vois plus d'un mal, dont le moindre n'est pas le voisinage de la cour. La cour, à six' lieues de nou$ j tie me platt point. Rendons aux grands ce qui leur* est dû ; mais tenons** 0ous-en loin le plus que nous pourrons, et, ne nou«

l64 SiaPLB DISCOURS

approchant jamais d*&ax , tâchons qu'ils ne s?appirocbenc point de nous, parce qu'ils peuvent nous faire du mal , et ne nous sauraient faire de bien. A la cour tout est grand, jusqu'aux marmitons. Ce ne sont là que grands officiers , grands seigneurs , grands propriétaires. Ces gens qui ne peuvent souffrir qu'on dise mon champ, ma maison; qui veulent que tout soit terre, parc, château» et tout le monde seigneurs où laquais ou mendians ; ces gens ne sont pas tous à la cour. Nous en avons ici , et même c'est de ceux* là qu'on fait nos députés; à la cour il n'y en a point d'autres. Vous savez de quel air ils nous traitent » et le bon voisinage que c'est. Jeunes , tia chassent à travers nos blés avec leurs chiens et leurs chevaux, ouvrent nos haies, gâtent nos fosaés , nous font mille maux, mille sottises; et plaignezfvous un peu, adressez-vous , au maire , ayez recours , pour voir , aux jug^i au préfet , puis vous m'en direz des nouvelles quand vous serez sortis de prison, Vipux , c'est encore pis; ils nous plaident, nous d^MMiillent, nous ruipent juridiquement, par arrêt de meâsieun qui dînent avec eux , honnêtes gens comme eux, io» capables de nyanger viande le vendredi ou de manquer la messe le dimanche; qui, leur adjugeant votre bien„ pensenl; faire œuvre mériloire et recomposer l'ancien régime. Or , dites, si un seul près de vous de ces honnêtes éligibles suffit pour vous laire enrager et souvent quitter le pays, que sera-ce d'une Qonr à CShambqrd , lorsque vous aurez là tous les grands réunis autour d'un plus grand qu'eux? Çfoyez-moi, mes amis, quelque part que vous alliez,

DB PAVL-LOinBv l65

quelque afBihre que vous ayez, ne passeï point pur Hi ; détournez-Tous plutôt , prenez un autre chemin; car, en marchant, s'il vous arrive d'éveiller un lièvre^ je Yous plains. Voila les gardes qui accourent. Ghes les princes tout est gardé : auteur d'eux, an loin et au large , rien ne dort qu'au bruit des tambours et à Fombre des baïonnettes ; Tédeltes , sentinelles , ob* servent, font le guet; infanterie, cavalerie, artillerie en àiataille, rondes ,^patromlles, jour et nuit; armée terrible à tout ce qui n'est pas étranger. Le voilà : qui vive? WelKngton; ou bien lainea-vous prendre et mener en prison. Heureux si ou ne trouve dans vos poches un pétard! Ce sont là, mes amis, quel* ques inconvéniens du voisinage des grands. Y pass^ est filcbeux, y demeurer est impossible, à qui du moins ne reut être ni valet ni mendiant.

Yous seriez bientôt l'un et l'antre. Habitant prèsd*eux, vous feriez comme tous ceux qui les entou* rent. XJi, tout le monde sert ou vent servir. L'un présente la serviette , l'autre le vase à boire. Chacun reçoit ou demande salaire, tend la unio , se reoooH mande, supplie. Mendier n'est pas honte à la cour : c'est toute la vie ducourtiaan. Dès l'enfance , appris à cela , voué à cet état par honneur, il s^en acquitte bien autrement que ceux qui mendient par pasesse ou nécessité. Il j apporte u« soin , un art , une pa* tîence, une persévérance, et aussi des avances, une mise de fonds ; c'est tout, en tout genre d'industrie. Gueux à la besace, que peut-on fiiire? Le courtisan mendie en carrosse à six chevaux , et attrape plus tôt un million que l'autre un morceau de pain noir.

i6ê ' siBm.v Discx)UBs

Actif, infatigable, il. ne s'endort jamais; il vejtleia nuit et ie jpor^ guette le temps de demander comme vou» celui de semer, el mieux. Aucun refus, .aucua mauvais -succès ne lui fak perdre courage^ .Si, nous mettions dans nos (travaux lat moitié de Miette constance, nos greniers, chaque! année rompraient. U nfe8t«frront, dédiHii, outrage ni .mépris .qui' le puis*» sent rebuter; Écondiiit^ ftla'liai9ts>; refionssé ,il tient hon; qu'on.te^diassey'il. revient; ^u'ion Je batte, il se eonehfe à terr& Vnqip^^timi.éeiHÊfe eft donne* Du reste, prêià.t^ot, Oa est encore à inventer un im^ vice assez vily une aiedon-assez. làchie» pour qae rbfnnme. de cour,, je. ne dis pas s*y refnsé, chose înouie, impossible, mais^tn'en fasse poiot gloire et preuve de dévouement* XiC dévouement. ^% grand à la personne ti'un maître. Cestià la. personne .qu*oD se dévoue, au corps, au cotittenu du pourpoint, et même quelquefois À certaines parties de la «personne^ ce qui a Heu surtout quand les préAcBs sont jeunesi :La vertu< semble avoir des bornes.. Celte grandç hauteur^ qu'ont atlèintie certaine» âmes, parait en quelque sorte mesurée, Gaâcinet.WaabipgtQnBion«> trent où peut s'élever le pins beau , le plus noble de tous les sentimeua , c'eat L'aimottr du.pays et de. la liberté* Aui-dessus on. ûe .voit. rieii« Mais 'le'deRniat degré . de bassesse., o'estr pas coi^nu : et ne me citas peint ceux qui proposent .d*acheter. de& ohâteavt pour les. princes, d'ajouter^ à leur ;giirde une noa* velie gacde $'Car onira plus^ , eteux«mêraes demain v4»Qt trouver d'autres hiventioos qui feeoait #»btier ceUes<4à.

Vous» quand vcmsasiirez. vu led ridiei deiAîiocIcr, chacun recevoir èes aumoue^proj^rtidDoées à «à fortune, tous les boonélM gens abtorrér le tcavail el ne fuir rien tatft qued'éttfie soupçoonés de la moindre relation avèe qtfttMiqaé a jamais pu faire quelque chose en sa'vie, vous pougirsx de la charrue» vous renieret Itf terre votre mère, et l'ahlmdonnensz» ou vos fîb vous abanclonneront,' a'en irpat valets de valets à la cour , et tos^tles , fMiur avoir seulement ouf parler éece qui s'y passe ^ n'en vaudront guère mieux au iogis.'

Car y imagines ce que c'esti La oour,..* il n'y a ici ni femmes ni enfans» Écoutez; La cour esl un Heu honnête, si Ton veut , cependant bi«n étrange, De celle d'anjourd'hui , j'ed sais péuMdé nouvelles; mais je connais, etqUi ne coUnaftééllédu grand Louis XIV, le modèle detoutesf, la cour par cx«étlenee , dont il nous reste tant de Mémoire^) ^u^â présent on n*i* gnore rien de ce qui s'y fit jour par jour. Cest quel' que chose de merveilleux ; par èxenf pie , leur fa^n de vivre avec les femmes.... Je ne sais trop comment voiis dire. On se pretiaît , on se quittait , ou , se convenant, on s'arrangeait. Lès femmes n'élaîefit'pas toutes communes à tous ; fls ne vivaient pas péks» mêle. Chacun avait là sienne , ' et liiéme ils se ma" riaient. Cela est hors de doute. Ainsi je trouve qu'un jour, dans le salon d'une princesse; dem^mmés au jeu é-étkm jpiiquées , comnië il ili'rive, Tune dit & l'autre : Bon Dieu, que d'argent -vous jouet! com<* bien donc vous donnent vos amans? Autant, repartit celle-ci sans s^émonvoir, autant que vous donnez

l68 8IMP1.I Di8<x>um

aux Titres. Et la chronique igoute : les maris étaient là. Elles étaient mariées; ce qui s'explique peut* être , en disant que chacune était la femme d'un homme , et la maîtresse de tous. Il y a de pareils traits une foule. Ce roi eut un ministre , entre autres, qui » aimant fort les femmes, les voulut ayoir toutes; j'entends celles de la cour qui en valaient la peine : il paya et les eut. Il lui en coûta. ^Quelquesunes se mirent à haut prix» connaissa/nt sa manie. Mais enfin il les eut toutes comme il voulut. Tant que, voulant avoir aussi celle du rot ^ c'est-àdire , sa maîtresse d'alors, il la fit marchander, dont le roi se fâcha et le mit en prison. S'il fit bien, c'est un point que je laisse à juger ; mais on en murmura* Les courtisans se plaignirent» Le rot veut, disaientils, entretenir nos femmes ^ c*.... avec nos sœurs, et nous interdire ses». 4 je ne vous dis pas le mot; mais ceci est historique, et, si j'avais med livres, je voua lé ferais lire. Voilà ce qui fut dit, et prouve qu'il y avait du moins quelque espèce de communauté ^ nonobstant les mariages et autres arrangemens.

Une telle vie , mes amis , vous parait impassible à croire. Vous n'imaginez pas que, dans de pareils désordres, une famille, une maison subsistent, encore moins qu'il y eût jamais un lieu où tout le monde se conduisit de la sorte. Mais quoi? ce sont d^ faits , et m'est avis aussi que vous raisonnes mal. Vos maisons périraient, dites-vous, si les choses s'y passaient ainsi. Je le crois. Chez vous, on vit de travail, d'économie; mais à la cour on vit de fsveur, Chea vous, l'industrie du mari amène tous leslûens

~* OB PAtJL-i.otjn* 169

à la maison 9 où la femine disposé , ordonne, règle chaque chose. Dans, le ménage de conr, au contraire, la femme an-dehors s'évertue. C'est elle qui fait les bonnes aifaires. Il lui faut des liaisons, des rapports» des amis , beaucoup d*amis. Sachez qu'il n*y a pas en France une seule famille noble, mais je dis noble de race et d'antique origine, qui ne doive sa fortune aux femmes; vous m'entendezTXes femmes ont lait les grandes maisons ; ce n'est pas, comme vous eroyea bien , en cousant les chemises de leurs époux, ni en allaitant leurs enfans. Ce que nous appelons, nous autres, hoonéte femme, mère de famille » à quoi nous attachons tant de prix, trésor pour nous, se* rait la ruine du courtisan» Que voodriec-vous qu'il fît d*unedame HoMesta^ sans amans, sansjntrigues, qui, sous prétexte de vertu, claquemurée dans son ménage , s'attacherait à son .mari ? Le pauvre homme verrait pleuvoir des grâces autour de lui , et n*at« traperait jamais rrân. De la fortune des fiâmilles nobles il en parait bien d'autres causes, telles que le pillage, les concussions , l'assassinat, les proscriptions, et surtout les eonfiscations. Mais qu'on y regarde, et on verra qu'aucun de ces moyens n'eût pu être mis en œuvre sans la faveur d'un grand , obtenue par quelque femme* Car , pour piller , il faut avoir commandemens, gouvernemens , qui ne s'obtiennent que par les femmes; et, ce n'était pas tout d'assassiner Jacques Cœur ouïe maréchal d'Ancre, il allait, pour avoir leurs biens, le bon plaisir, l'agrément du roi, c'est-à'^ire, des femmes qui gouvernaient alors le roi ou son ministre. Les dépouilles I. i5

970 SIMFLX DISGOUHS "*

des'hugoeDOtB', des frondeurs y des traîtans, autres faveurs , bienfaits qui coulaient, se répandaiei^t par les tnémes cauatix aussi purs que la source. Bref, comme il n'est y ne fut , ni ne sera jamais, pour nous antres vilains , qu'un moyen de* fortune, c'est le tra** vail; pour la noblesse non pins iln'y «n a qu'un, et c'e8t.«..k. c'est la prostitution , puisqu'il £sut, mcis amis', Rappeler par so«>nom. Le ytlain s'en aide par-* fois, quand il se fait- homme de coiur, mais non avec tant de sueeèâ.

C'en est assez sup cette matière , et trop peut-être. Ne dîtes mot de -tout cela dans vos fam^illes; ce ne sont pais des contes à iaîreà la veillée, devant vos enfans. Histoires de Cour et des courtitans, mauvais récits pour la jeunesse , qui ne doit ^ pas de nous apprendre jusqu'à quel pornton peut mal vivre, m même soupçonner au monde de pareilles mœurs. Voilà pourquoi je redoute une cour à Ckambord. Qu'une fois ils entendent parler de cette honnête vie et d'uh ifeu , non loin d'ici , où Ton gsigne gros à se divertir et à ne rien faire, où,' pour être riche à jamais , il ne faut que pUiire un moment , chose que chacun croit facile , en n'épargnant iMicon moyen ; à ces nouvelles, je vous demtinâe qui les pourra tenir qu'ils it'jiillent d'abord voir ce que c'est; et, l'ayant vu , adieu parens , adieu k champ qui pale si mal un labeur sans fin , rendaiit qudiqueë gerbes au bout de l'an pour tant de fatigues, de sueurs. On veut chaque mois toucher' des gages , et non s'at* tendre à des moissons , on veut servir^ non travailler. De là, mes amis, loul ce qu'engendre l'oisiveté,

plus féeoBde.eticoiie qinmd elle est cpmpagne de servitude, La cour, centre de cqrruptioDy étend partout sonin^bence i ii n'est nul qui ne s'en resr aenle » selon U .diAt»nce où il^ se troovei Les plus gâtés isont Jes piuis proches ; et- nous , cfuela bonté du ciel fit oiatire à oeot lieues dé^qette. fange , noas irions payer pour Savoir' à notre porte! A .Dieu ne plaise l ' .

CTest ce que me disait un faonhoBune du. pays de Chan^bord même 9 que jit vis dernièrement à Bloi»} car, comme je loi dkmendai oe qu'on pensait ohet lui de eejtte affairev elb.qwKt déstraîenl les habitant t Noos voudrions bien^ me ditrîU avoir Je i^rince^ mais non la cour. Les pJrinoes^.en général, sont faons, e|, n*étaitr cei qui les eiktoure, il y aurait plaisir à demeurer près d'eux ; ce saraientles voisins du monde les. meilleur» - charitables, hiùnains, .se<# courables à tous, exempts des. vices et d^s passions que produit Tetivie de :paBvenir, comine ils. n'ont point .de fortune à faire. J'entends Les princes qui sont nés princes 1 quant aux ^ultea, sans eux,.eùtoH jamais deviné jusqu'où peûl.alleir l'inaolence ? îfoos en potivons. parier, l^bilaos de Cbambord» Mais co» princes enfin, qneIsqu'ils,eoient, d'ancienne ou de nouvelle date, pw la grâce de Dieu ou de qoclqu'un^ affables ou brutaux f nous ne les voyons guèare^.nous voyons leurs valets, gentilshommes on vilains, les uns pires que les autres; leurs carrosses qui nous écrasent, et leur gibier qui. nous dévore. De tout temps le gibier nous fit la guerre, U9é .seule fois il fut Taineu, en mil sept cent <|ueti;e^viogtHaenr:

171 SIMPLB 018C0VBS

nous le maogeftmes à tiotire toHr. Maîtres alors de

nos héritages, nous commencioos à semcfr pooï*

nous , qUand le héros parut, et fit venir d'Allemagne

des parens on alliés de nos ennemis morts dans ta

campagne de quatre-vingt-neuP Vingt couples de

cerfii arrivèrent , destinés à repeupler les bois , et

ravager les ehamps pour le plaisir d'un homme, et

la guerre ainsi rallumée continue. Depuis lors,

nous sommes sur le qui vive, menacés chaque jour

d'une nouvelle invasion de bétes fauves , ayant à

leur tôte Marcelhns ou Marcassfis. IParIs en saura des

nouvelles, et devrait y penser an moins autant que

nous. Paris fut bloqué huit cents ans par les bétôs

fiiuves, et sa banlieue, si riche, si féconde aujour-

d'hni, ne produisait pas de quoi nourrir les gardes-

de-cbasse.^our mol , je vous l'avoue , en de pareilles

circonstances, songeant à toat cela, considérant

mûrement, rappelant à ma mémoire ce que j'ai vu

dans mon jeune âge, et qu'on parle de rétablir, je

fais des voeux pour la bande noire qui, selon moi,

vaut bien la bande blanche, servant mieux l'État et

le roi. Je prie Dieu qu'elle achète Chambord.

En effet , qu'elle l'achète six millions; c'est le moins à cinq cents francs l'arpent : tel arpent de la lîitaie vant dix fois pins;- que le tout soît revendu à huit millions, à trois ou quatre mille familles ; comme nous avons vu- dépecer tant de terres ici et ailleurs. Jev trouve à cela beaucoup et de grands avantages pour le public et pour un nombre infini de (larticuliers. Premièrement , acheteurs et vendeurs s'enrichissent, travaillent, cultivent au profit de

DU PAUi.-LOOIS, 173

tous et d« chaçtiD. L'État» l« trésor ou le roi , ou enfin qui vous voudrez, reçoit » taot en impôts que droits de mutation , la valeur du fonds en vingt ans : huit millions , c*est par an quatre-cent mille francs qu'on diminuera du li^udget , quand le budget se pourra ^diminuer ; nous,, voisins, de Chambord , nous y, lignerons sur tou». l^lus de gibier qui dé* truise nos blés, plus de gardes qui nous tourmentent, pUis de valetaille près de nous, fainéante, corrompue, eorruptrice, insolente; au lieu de tput cela, une colonie heureuse, active > laborieuse, dont l'exemple autant que: les travaux nous profiteront pour bii^Q vivre; colonie qui ne coûte rien, ni transport, ni expédition, ni flotte, ni garnison; point de frais d'élat-major ni de gouvernement; point de permission ni de protection à obtenir de l'Angleterre; c'est autre chose que le Sénégal. £t de iait, remarquez 4 me dit-il, que l'on envoie ici des missionnaires chea^nous, et en Afrique des gens qui ont besoin.de iierre; double erreur : en Afrique, il fifiut des missionnaires ; en France , des colonies. La doivent aller ces bons Pères, où ils auront à conver* tir palqis, musulmans , idolâtres; ici doivent rester les colons , où il y a tant à défricher, et où les domaines de la couronne sont encore tels que tes trouva le roi Pharamood.

Cette pensée me plut ; mais les gens de Ghambord, comme vous voyez , ont peu d'eûvie de faire partie d'un apanage, croyant peut-être qu'il vaut mieux être à soi qu'au meilleur des princes, à part Tinté» . rét que oliacun peut y avoir personnellement; car

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îl n'enr est pas un , je croîs , qui n'achetât plus volontiers pour lui^inême un moiHîeau tle Cbambord que le tout pour les courtisans ; ils aiment mieux d'ailleurs pour voisins de bons paysans comme eux^ laboureurs , petits propriétaires , qu'un grand , un protecteur, un prince ; et en tant qu'il nou^ touche , je suis de cet avi». Je prie Dieu pour la bande noire, qui d'elle-même doit a^oir Dieu favorable , car elle aide à l'accomplissement de sa parole. Dieu dit: Croissez , nmliipliez , remplissez la terre , c'est-à-dire , cultivez-la b^n ; car, sans cela , comment peupler? et la partagez; sans cela, comment cultiver? Or, c'est à faire ce partage d'accord , amiablement-, sans noise , que s'emploie la bande noire , bonne œuvre et sainte , s'il en est.

Mais il y a des gens qui l^ntendent autrement. La terre, selon eux, 'n'est pas pour tous , et surtout elle n'est pas pour les cultivateurs ^ appartenant de droit divin à ceux qui ne la voient jamais et demeurent a la cour. Ne vous y trompez pas : le monde fut &it pour les nobles. La part qu'on nous en laisse est pure concession ,> émanée de lieu haut, et par-» tant révoçable^La petite propriété, octroyéie seulement, comme telle, peut être suspeindue et le sera bientôt ; car noua en abusons «ainsi (|uede la Charte* D'ailleurs, et c'est le point , la ^;rande propriété. est la sealç qui produise. On ne recueHiera pi^ ^ on va mourir de faim, si la terre se partage, et que chacun en ait ce qu'il peut labourer. Au laboureur aussi, cultivant pour soi seul sans ferme ni censive, la terre ne rend rien. Il la paie bien cljier^ il achète

DB PAlTi:.«LOUIS. in S

l'arpeat bail ou dite fow plHB eber que \e gros éli*^ gible qui place à deux et demi ; c'est' qu'il n-en tiré rien. Si tant est qu'il iaboure, le petit -proptiélaire^ la bé^^ey l'igiioble béobe, diseot nos déptités-, déshonore le «ol , bonne tout au plos à nourrir une famille, et quelle famille! en blouse, en guêtres , eu sabots. Le pis , e'eflt'qtie la terre niorcelée , une fois daos les makis de la gent corvéeabie ,• n*en sort plus. Le pa^^san aobète du monsieur) cou oelui-d - dé l'autre, qui ayant payé ober, vendrait' plus cher encore. L'honnête homme , bloqué chez lui par fa petite propriété , ne peut acquérir aux environs , s*étendre, s'arrondir (il en coûterait trop), ni le château ravoir les champs qu'il a perdus. La grande propriété , une fois décomposée , ne se recompose plus. Un fief, une abbaye sont malaisés à refaire, et comme chaque jour les gens les mieux pensans , les plus mortels, ennemis de la petite propriété, vendent pourtant leurs terres, alléchés par le prix , à l'arpent , à la perche , et en font les morceaux les plus petits qu'ils peuvent, la bêche gagne du terrain, la rustique famille bâtit et s'établît sans aller pour cela en Amérique , aux Indes ; les grandes terres disparaissent, et le capitaliste j las d'espérer, de craindre ou la hausse ou la baisse , ne sait comment placer. Il y aurait moyen de se faire un domaine sans acheter en détail , ce serait de défricher. Mais , diantre, il ne faut pas, et les lois s'y opposent, a6n de conserver ; on en viendra Là cependant , si le morcellement continue : les landes , les bruyères périront. Quelle pitié! quel dommage! O vous,

Ty6 sittPLs DiacooBs ds PAU&-ix)ms.

législateurs noannés par. les pi^eCs , prénrene^i ^ ce malheur^ foites des' lois, empêchez que tout le moode ne vive ! Ote^ la terce acklaboureur^ et le travail à Ti^rtlsan, par de bons privilèges , de. bonnes corpprations; bâtez-vous, rindustrie, aux cham)» comme à la ville» envahit tout, chasse partout l'antique et noble barbarie; on vous le dit., on vous le ciie :. que ^lardez* vous encore? qui vous peut retenirr? peuple ,. patrie , honneur ? lorsque vous voyez. là emplois, argent, cordons , et le baron de Clrlmont.

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