AUX AMES DEVOTES
Que les sauterelles , la grêle , les chenilles , le cbarençon ne nous pillent pas tous les ans , au lieu que lesdits courtisans des hautes classes s'abattent sur nous chaque année , au temps du budget, enlèvent du produit de nos champs le plus.clair, le plus net, le meilleur et le plus beau, dont bien fôche audit seigneur roi, qui n'y peut apporter remède (i) ;
Que tous ces impôts , qu'on lèvesur nous en tant de façons, vont dans leur poche et non pas dans celle du roi (2) ; étant par eux seuls inventés, accrus, multipliés chaque jour à leur profit comme au dommage 4u roi non moins que des sujets (3);
Que lesdits courtisons veulent manger Chambord et le royaume et nous , et le peuple et le roi devant lequel ils se prosternent, se disant dévoués à sa personne (4) ;
Que les princes sont bons , charitables , humains, secourables à tous «t bien intentionnés (5), mais qu'ils vivent entour(§s d'une mauvaise valetaille (6) qui les sépare de nous , et travaille sans cesse à corrompre eux et nous ;
Que c'est là un grand mal, et que , pour y remédier, il serai( bon d'élever les princes au collège , loin desdits courtisans (7), comme on voit à Paris le;
(i) Yoyes page i58.
(2) ' Même page.
(3) Même page.
(4) Même page.
(5) Voyes page i6a.
(6) Voyes pages 164 et sujv.
(7) Voye» page i56.