‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 55 sur 84 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

LE CURÉ, naïvement, sans comprendre.

Il fallait lui montrer le chemin, puisque la tête lui tournait.

LE GARDE-CHAMPÊTRE, haussant les épaules. Ah ! oui.

LE BOURGMESTRE, se levant et ceignant son écharpe.

J'y vais moi-même. Nous verrons bien. Il faut que cela finisse.

L'ABBÉ

Requérez la gendarmerie à cheval.

^INSTITUTEUR

Nous sommes en pleine révolution.

LE SUISSE

Les moyens énergiques s'imposent.

Oui, mais ne brusquons rien. J'y vais moi-même.

Il sort.

LE CAPUCIN

Nous ferions peut-être mieux de prier.

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L'ABBE, violent.

Le temps de prier est passé; celui d'agir est venu. On aurait dû l'enfermer dès le commencement, comme je l'avais conseillé.

L'INSTITUTEUR

Mais pour quel crime ?

L'ABBÉ

Pour tous les crimes : parce qu'il a troublé l'ordre, parce qu'il a fait de faux miracles troublant l'ordre, parce qu'il insulte notre culte et ses ministres, parce qu'il tient des meetings publics, parce qu'il est Satan, en un mot. Autrefois, au bon temps, pour le moindre de ces crimes-là, on était roué et brûlé vif. (Avec dédain.) Aujourd'hui, on hésite. On dresse procès-verbal ! — Le monde n'est plus avec Dieu. Et qui n'est pas avec Dieu est contre lui!

L'INSTITUTEUR

Il est peut-être trop tard, à présent.

LE SUISSE

Il eût fallu arracher la mauvaise herbe tout de suite.

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