‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 66 sur 84 · acte tuoisikme · texte numérisé non relu

acte tuoisikme

L'ABBÉ, se levant, et d'un ton sec.

Si ces accommodements louches sont dans l'esprit de votre ordre, ils ne le sont pas dans le mien. Je préfère la lutte loyale et franche, l'intransigeance absolue. Moi, et tous ceux qui pensent comme moi, nous ne transigerons jamais. Entre l'esprit moderne, appelez-le si vous voulez le progrès, la démocratie, la science,, entre le démon, en un mot, et nous, c'est la guerre à mort, et malheur aux vaincus ! (77 se rassied.)

LE BOURGMESTRE

Gomme il vous plaira. Mais nous, nous n'en sommes pas moins d'avis qu'il y a lieu de composer avec Pan, c'est-à-dire de conclure un concordat.

Oui ! Oui

VOIX DIVERSES

LE BOURGMESTRE

Finissons-en. Je pose d'abord en principe que la situation des deux conjoints devra être nettement établie et régularisée au point de vue de l'état civil. S'ils refusent de se marier devant M. le Curé, comme c'est à craindre, ils se marieront civilement, devant nous, en présence de quatre témoins.

Rien de plus juste.

LE BOURGMESTRE

Monsieur le Secrétaire, prenez acte de ce premier point. Quant aux enfants qui naîtront de cette union...

LE CURÉ

Je désire que ce soient des enfants naturels.

LE BOURGMESTRE

Monsieur le curé veut-il me permettre? Lorsque deux conjoints ont été unis, régulièrement, par la loi civile seule...

LE CURÉ

Les enfants n'en seront pas moins naturels.

LE BOURGMESTRE et LE SECRÉTAIRE, surpris.

Mais?...

LE CURÉ

Je veux dire conformés selon les lois de la nature, n'ayant ni cornes, ni pieds de bouc.

LE BOURGMESTRE

Ah ! parfaitement.

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