‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 72 sur 84 · ACTE TROISIÈME I 4 I · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME I 4 I

rences, allures et habitudes. De plus, il ne parlera pas de son âge.

Article six. Il sera borné dans ses propos, taciturne, évitera toute malice, et ne se distinguera, sous ce rapport, comme sous aucun autre, du commun des habitants du village.

Spécialement, il ne parlera ni de politique, ni de théologie, ni de philosophie, ni de morale, ni de mythologie, ni de physique, ni de chimie, ou d'alchimie, ni d'histoire naturelle, ou surnaturelle, ni d'astronomie, astrologie ou météorologie. Il évitera soigneusement de mêler à ses propos tous symboles, apologues, contes de nourrices, enfantillages, sornettes, ou littérature en général. Il n'approuvera ou ne désapprouvera rien, et gardera entre toutes les opinions passées, présentes et futures la plus stricte neutralité.

Article sept. Il ne dansera, ni ne chantera, ni ne jouera de la flûte de Pan, ni de tout autre instrument généralement quelconque.

Article huit. Il exercera la profession de gardien du bouc communal, sans être autorisé, en quelque circonstance que ce soit, à parler de la dite profession, même avec décence.

Article neuf. Une fera point métier d'expliquer les rêves, de prédire l'avenir, de dire la pluie ou le

beau temps, ni n'imposera les mains, ne donnera de bénédictions ou de malédictions, ne jettera des sorts ou des sortilèges; bref, s'abstiendra de toute sorcellerie, de tout artifice et de tout art.

Article dix. Une guérira ni les aveugles, ni les sourds, ni les lépreux, ni les paralytiques ; ne rendra pas la vie aux morts, bref, ne fera aucun usage illégal de la médecine, ni, généralement parlant, aucun miracle, aucun exercice de sa prétendue profession de dieu. Il s'abstiendra, en un mot, d'agir d'une façon miraculeuse, géniale, ou simplement extraordinaire, pouvant jeter l'étonnement ou la stupeur dans l'esprit de ses concitoyens, et faire scandale.

Article onze. Il n'inspirera à personne, hommes, femmes, enfants ou animaux, soit par cri, parole, geste, mouvement brusque, attitude ou regard, de terreur dite panique, ni même aucun effroi ou saisissement quelconque.

Article douze. En revanche, il aura la faculté, mais sous la surveillance de la police, et à condition de n'en pas abuser, d'aller et de venir librement sur le territoire de la commune, à l'exception des champs, prés, routes, domaines appartenant à l'Eglise.

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