ACTE TROISIÈME
sur-le-champ, et devant tout le peuple, lui donner lecture du présent Concordat.
LE SECRÉTAIRE
J'y vais, monsieur le Bourgmestre.
L'ABBÉ
Je prie M . le Secrétaire de lui faire bien observer que ce sont là des conditions sine qua non, et indiscutables, faute de quoi il aura à quitter la commune dans le plus bref délai, sous peine de se voir déférer à la justice comme sacrilège, fauteur de désordres, anarchiste et proxénète. Et d'ajouter que si nous ne l'avons fait déjà, c'est que notre mère la Sainte Eglise est tolérante et ne veut la mort de personne : Abhorret a sanguine.
LE CURÉ, au Secrétaire.
Allez, mon fils, et que le bon Dieu vous bénisse.
LE CAPUCIN
Amen.
Le Secrétaire sort, en laissant la porte ouverte.
LE SUISSE, pensif.
Je crains que nous n'ayons oublié bien des choses. On a agi avec un peu de précipitation.
LE BOURGMESTRE
Le temps nous a fait défaut.
LE CAPUCIN, se frappant le front.
Précisément, monsieur le bourgmestre. Nous avons oublié un point capital. Faut-il rappeler le Secrétaire ?
LE BOURGMESTRE
Quel point ?
LE CAPUCIN
La queue qu'il a dans le dos.
LE SUISSE
En effet.
Est-ce réellement vrai qu'il a une queue dans le dos?
PIERRE
Oh ! monsieur le Curé, une toute petite, comme celle d'un jeune écureuil.