‹ Panama et Darien:Chapitre 1 sur 26 · BOULEVARD SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

BOULEVARD SAINT-GERMAIN

DroiU de propriété et de IraducUon réMrvé*

De 1513 à 1875.

Le 25 septembre 1513, du haut d'un morne de la cordillère de Pirri, Vasco Nunez de Balboa, l'un des plus vaillants fils de la vaillante Espagne, contemplait enlin le Grand Océan, qu'il cherchait depuis vingt-cinq jours; car c'est le 1" du même mois qu'il avait quitté les plages marécageuses du bas Atrato, fleuve qui court à la mer Atlantique.

Il montrait ainsi que les deux mers sont très voisines l'une de l'autre dans ce pays, le Darien, qui marque, du côté du sud et tout près des grandes Cordillères, la limite de l'Amérique centrale ou Amérique isthmique, comme la dépression du Téhuantépec la marque du côté du nord, au bas du plateau de l'Anahuac ou Mexique. De cette dépression au rio San Juan de Colombie, il y a 2500 kilomètres environ de longueur.

Dans sa partie nord-ouest, du pied de TAnahuac au

lac de Nicaragua, sur environ 1000 kilomètres, r Amérique centrale ne présente que deux isthmes bien marqués: celui du Téhuantépec et celui du Honduras ou du golfe Dulce; mais dans sa partie sud-est, de Nicaragua au rio San Juan, sa largeur moyenne n'est que de 80 à 100 kilomètres, et même à Panama, à San Blas, au Darien, dans la cordillère de Baudo, on rencontre des étranglements beaucoup plus étroits : ainsi l'isthme de San Blas n'a que 48 kilomètres de côte à côte ; et au Napipi, il n'y a pas plus de 43 kilomètres du confluent de cette rivière et de TAtrato à la baie de Cupica.

Après avoir ainsi prouvé qu'il y a dans ces parages très peu de chemin d'une mer à l'autre, Balboa voulut chercher le détroit que tout le monde rêvait alors entre l'Europe et l'Inde, dans la masse compacte de l'Amérique : détroit que les Français du Canada crurent plus tard trouver dans le golfe du Saint-Laurent, pensant que ce large fleuve était la route de la Chine. En 1612, c'est-à-dire près de cent ans après Balboa, Lescarbot écrivait que : « la grande rivière de Canada a deux cours, l'un en Orient vers la France, l'autre en Occident vers la mer du Sud y>. « Champlain, dit-il ailleurs, nous promet de ne cesser jamais qu'il n'ait pénétré jusqu'à la mer Occidentale, ou celle du Nord, pour ouvrir le chemin de la Chine, en vain par tant de gens recherché. Quant à la mer Occidentale, je crois qu'au delà du grandissime lac qui est bien loin outre celui (l'Ontario) dont nous parlons en ce chapitre, il se trouvera quelque grande rivière, laquelle se déchargera dans icelui, ou en sortira (comme celle de Canada) pour

PANAMA ET DARIEN .v.; .3

aller se rendre en icelle mer. :» La même préoccupation se retrouve dans un de ses sonnets * :

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