‹ Panégyrique du révérend Edouard Crevier, V.G. [microforme]Chapitre 12 sur 16 · FUNÉRAILLES DE M. CREVIER, V. G · texte numérisé non relu

FUNÉRAILLES DE M. CREVIER, V. G

Les funérailles du Très-Révérend Ed. Crevier, V. G., du diocèse de Saint-Hyacinthe, ex-curé de Sainte-Marie de Monnoir, fondateur du petit séminaire du lieu, des hôpitaux de Saint-Hyacinthe et de Sainte-Marie et du couvent de la Présentation, ont eu lieu jeudi, le 27 Janvier 1881, dans l’église de cette paroisse, au milieu d’un immense concours de fidèles, venus de toutes parts, pour répandre un dernier tribut de prières et de larmes sur la tombe de cet homme dévoué et du saint prètre que la main de la mort vient de réclamer.

Les appareils de deuil, la voix plantive de l’orgue, les lugubres intonations des chantres, les soupirs de la foule, les inscriptions mortuaires jetées ça et Ià sur de sombres teintures, le catafalque élevé ou semb'ait reposer le vieux et fidèle serviteur, formaient un indescriptible «à ‘e de tristesse et de consolation tout à la fois. Chacun sentait qu enait de perdre un père, mais la lumineuse espérance, cette dernière vertu qui meure dans le cœur des chrétiens, semblait trempérer encore la désolante réalité de la mort.

La foule avait littéralement envahi le temple saint comme en ces jours de fêtes solennelles, où la grande éloquence du regretté défunt l'attirait pour lui parler de Dieu, pour lui enseigner la vertu et lui prescrire ses devoirs.

Par le décès du Rev. M. Crevier, le diocèse de St-Hyacinthe perd le plus ancien de ses prêtres ; Sainte-Marie, le meilleur des pères ; les institutions de charité, un de leurs plus fermes soutiens ; les pauvres, un de leurs plus généreux protecteurs.

Les funérailles grandioses, l'affluence de prêtres et de peuple qui lui servaient d’escorde funèbre, la tristesse répandue partout, témoignaient bien haut des regrets universels que sa mort à causés. C’était tout un peuple qui pleurait un chef, toute une ville qui pleurait un citoyen, toute une famille qui pleurait un père.

y Sur une sombre tenture recouvrant le maïître-autel se lisait, en lettres de feu, la consolante devise suivante : “ Je vous quitte pour un peu de temps : au ciel nous nous reverrons.” Puis au-dessus planaient trois colombes tenant enlacée une couronne d’immortelles, emblême de celle qui orne a jamais, dans les splendeurs de la gloire, le front si noble, si intelligent et si pur du Rev. M. Crevier. Au-dessus de la nef, de chaque côté de la galerie, on lisait ces paroles :

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Au-desparoles :

Fecit enim mirabilia in vita sua. Nec speravit in pecuni® et Thesaur15.” % Beati misericordes.” “Il était l'ami des pauvres.”

Sa Grandeur Mgr Moreau, de Saint-Hyacinte, avait bien voulu chanter le service, en témoignage de la vénération qu'il portait à son prêtre fidèle. MM. Nadeau et d'Auray, élèves de Sainte-Marie, officiaient comme diacre et sous-diacre. L’oraison funèbre a été prononcé par Sa Grandeur Mgr Laflèche, évêque des Trois-Rivières, qui pour texte ces paroles rassurantes de l’Ecriture : “ Bearr qui in domino moriuntur Mgr s’éleva, en cette circonstance, à la véritable, à la grande éloquence sacrée et à la plus sublime de toutes : celle du cœur.

Nous regrettons que l’espace ne nous permette d’en rapporter qu’une faible analyse, telle que reproduite par le Courrier de St.Hyactnthe, du 29 Janvier 188r.

L'éloquent Évêque raconta en style simple et touchant la vie de M. Crevier. Il remarqua que dans un moment aussi solennel, il était convenable de parler des vertus de ce prêtre distingué et des œuvres de bien qu'il avait faites. Si c’est une douleur pour un fils de perdre son père, il est consolant de parler du bien qu'il a opéré. C'est Notre-Seigneur lui-même qui a donné l’exemple de consoler les parents et les amis, et ceux que la mort vient nous ravir, demeurent

attachés à nous par les liens de la charité et de l'espérance qui eux ne sont jamais rompus.

Le prédicateur parlant de l'enfance de M. Crevier, remarqua que de bonne heure, il eut l'intention de se consacrer au Seigneur, et lorsqu'il revêtit l’habit ecclésiastique, il comprit tous les devoirs qui lui imcombaient comme les sacrifices auxquels il se soumettait, Il embrassa la carrière sacerdotale avec le plus grand dévouement, la plus grande abnégation de lui-même et Dieu sut proportionner ses grâces aux dispositions de celui qui se dévouait à son service. Aussi M. Crevier ent une régularité de conduite remarquable.

Qui ne connait la lampe du sanctuaire suspendue entre la nef et le chœur ? C’est bien là l’emblême du prêtre qui s’interpose entre Dieu et le peuple, qui se constitue le député du peuple pour intercéder pour lui auprès du Seigneur et répéter sans cesse : Parce Domine, parce populo tuo.

Le prêtre est en rapport avec Dieu qui lui dit: Vas vers mon peuple pour éclairer son esprit et fortifier son cœur.

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